Venezuela

Lundi 8 septembre 2014 1 08 /09 /Sep /2014 22:14

protesta-en-fedecamaras_001_09032014.jpgAu Venezuela, les communistes prennent d'assaut le siège du patronat pour lutter contre son travail de sabotage de la Révolution



Communiqué du Parti communiste vénézuélien (PCV)



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Ce 3 septembre, le Parti communiste du Vénézuela (PCV) avait appelé – avec un ensemble d'organisations sociales acquises à la révolution – à occuper le siège du patronat national (Fedecamaras) pour protester contre son rôle dans le sabotage de la révolution bolivarienne.



« Les voilà, ceux qui foutent en l'air la nation ! », c'est un des mots d'ordres que plusieurs centaines de manifestants ont scandé dans la manifestation organisée ce 3 septembre au siège de la Fédération des Chambres et Associations de Commerce et de Production du Vénézuela (Fedecamaras), convoquées par le Bloc populaire révolutionnaire de Caracas (BPR), composé de plus de 40 organisations et sociales de la capitale.



Le BPR s'est prononcé aujourd'hui face à la situation économique critique que vit le pays, dénonçant les organisations patronales, regroupées dans la Fedecamaras, pour avoir augmenté artificiellement les prix des produits, contourné systématiquement les lois sur le prix juste par lesquelles l’État vénézuélien cherche à protéger le peuple pour qu'il puisse accéder à certains éléments basiques pour son alimentation.



« Il faut que le peuple ait en tête que Fedecamaras est notre ennemi de classe, elle représente la bourgeoisie, le patronat, les exploiteurs, les intérêts du grand capital, de l'impérialisme exploiteur, des peuples qui a décidé de détruire le processus de libération nationale », pouvait-on lire dans la convocation à la manifestation contre l'organisation patronale.



Pour toutes ces raisons, le BPR et les organisations qui la composent rejettent « catégoriquement la déstabilisation économique mise en place par la Fedecamaras et Consecomercio (NdT : organisatiion patronale pour le secteur tertiaire, notamment commercial) » et les accusent d'être des instruments du plan putschiste orchestré par l'impérialisme états-unien.



Dans la manifestation contre Fedecamaras, le BPR a appelé le peuple à exercer son droit de contrôle et de surveillance, en s'organisant dans des Comités d'usagers pour arrêter la spéculation qui s'exprime dans l'augmentation disproportionnée des prix.



Ils appellent le gouvernement à supplanter la bourgeoisie commerciale et importatrice, en créant une entité étatique qui centralise et contrôle toutes les importations dans le pays, luttant ainsi contre la fuite par millions de dollars à l'extérieur réalisée par le secteur privé du pays.



Le BPR rejette également que les Tables rondes économiques se transforment en un espace de négociation, où la bourgeoisie « apatride et parasitaire » réussirait à obtenir ce qu'elle n'a pas réussi à obtenir ni dans les processus électoraux qu'a vécu le pays ces 15 dernières années, ni « dans les émeutes violentes » (guarimbas) qu'elle a financé, elles qui ont coûté la vie à plus de 40 vénézuéliens, et a détruit les biens du peuple.



Finalement, le Bloc populaire révolutionnaire souligne et insiste sur le fait que : « La paix se conquiert en triomphant du fascisme et du capitalisme ! »

 

 

Vidéo de la manifestation : https://www.youtube.com/watch?v=PnG5Rtc3ATQ

 


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Dimanche 7 septembre 2014 7 07 /09 /Sep /2014 00:12

5 Septembre 2014

Caracas, 2 septembre (RHC-PL) Le président vénézuélien Nicolás Maduro, a lancé une mise en garde contre les tentatives de déstabilisation organisées par les puissances impérialistes en Libye, Syrie et Palestine et a mis en exergue les avertissements de Fidel Castro à ce sujet.

Au cours de son intervention lors du 1er Atelier pour la conception d'un système de formation du Parti Socialiste Unifié du Venezuela (PSUV), Nicolás Maduro a cité l'article intitulé « Les idées justes vaincront ou ce sera la catastrophe », du leader historique de la Révolution cubaine, Fidel Castro, publié hier par le quotidien Granma.

Au sujet de Fidel Castro, le président vénézuélien a déclaré : « C'est l'un des leaders mondiaux les plus importants des 60 dernières années et nous devons toujours être attentifs à ce qu'il dit ». Il a également souligné que Fidel Castro a critiqué dans son article, la politique étrangère de Washington, qui a provoqué des conflits dans de nombreux pays.

Le leader historique de la Révolution cubaine expliquait dans son article « qu'il serait préférable de donner des aliments, de construire des hôpitaux et des écoles pour les milliards d'êtres humains qui en ont désespérément besoin » et que personne n'a le droit de détruire des villes, d'assassiner des enfants, de pulvériser des immeubles d'habitation ou de semer la terreur, la faim et la mort.

EDITÉ PAR PEIO PONCE

 

source: http://www.radiohc.cu/fr/noticias/nacionales/32470-le-president-venezuelien-nicolas-maduro-apporte-son-soutien-aux-idees-de-fidel-castro


Le président vénézuélien Nicolás Maduro apporte son soutien aux idées de Fidel Castro
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Samedi 6 septembre 2014 6 06 /09 /Sep /2014 08:30

NICOLAS MADURO REFONDE L’ÉTAT "POUR DONNER PLUS DE POUVOIR AU PEUPLE"

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* Journaliste argentin. Correspondant à Caracas de Notas – Periodismo Popularhttp://notas.org.ar/  @FVicentePrieto

Par Fernando Vicente Prieto *, Caracas.

Comme il l’a annoncé il y a quelques semaines (1) et pour approfondir le programme (2) soumis aux électeurs des présidentielles d’avril 2013, Nicolas Maduro lance une “nouvelle étape historique de la révolution”: “refonder l’État pour donner plus de pouvoir au peuple”.

Cette restructuration s’inscrit dans un double contexte: le besoin de faire face à une guerre économique qui génère inflation et pénuries, et la critique en profondeur de mouvements sociaux mais aussi d’amples secteurs du chavisme face à l’évidente bureaucratisation de l’État qui, pour reprendre les mots de Maduro lui-même, “conserve les restes de l’État bourgeois”, avec son cortège de surdité et de corruption.

Le mardi 2 septembre, le président s’est adressé au pays pour retracer l’histoire des luttes populaires et souligner la nécessité de construire des mécanismes de participation citoyenne plus profonds : “Nous, hommes et les femmes qui sommes à la tête des institutions, des forces politiques et sociales, nous nous devons au peuple. Nous ne devons rien à aucun groupe des oligarchies nationale et transnationale. Nous nous devons au peuple, à notre histoire et au rêve de la grande Patrie latino-américaine que nous a laissé, déjà bien engagé, le président Chávez, avec des orientations très précises”.

Combien de pouvoir détient le peuple ?

Chacun des compagnons, compagnes qui va exercer des responsabilités dans cette nouvelle étape de la révolution devra les assumer avec une totale énergie transformatrice, il devra tout refaire, tout changer pour servir le peuple. Un élément qui permet de mesurer si nous avançons vraiment dans la direction correcte est la quantité de pouvoir que possède le peuple, de pouvoir réel” a-t-il insisté en exigeant de dépasser le modèle de l’État colonial, “cet État conçu pour piller les ressources du monde du travail, pour exproprier la rente pétrolière à tout le peuple du Venezuela”. Il a rappelé la période ouverte par le “Caracazo” de 1989. Ces révoltes de la faim contre les “mesures d’ajustement” du social-démocrate Carlos Andrés Pérez sur injonction du FMI, furent réprimées par l’armée, avec un bilan de plusieurs milliers de morts et de disparus. Pour Maduro “ce fut l’heure du réveil de notre peuple, lorsque furent jetées les bases d’un processus populaire constituant, qui poursuit sa marche”.

Nicolas Maduro dans l'État de Carabobo, le 5 septembre 2014.

Nicolas Maduro dans l’État de Carabobo, le 5 septembre 2014.

“Cinq grandes révolutions dans la Révolution”

Après avoir fait le bilan des avancées sociales des quinze dernières années, Maduro a appelé à créer les conditions pour construire une société “qui ne régresse pas vers le capitalisme”. En premier lieu la révolution économique, qui devra développer une économie diversifiée, capable de satisfaire les besoins matériels du pays et qui soit à la fois moins dépendante des devises et mois vulnérable à l’action des grands groupes privés importateurs – forme qu’a prise la bourgeoisie au Venezuela il y a près d’un siècle à partir de la matrice monoproductrice de pétrole. “Seule une économie diversifiée peut assurer la stabilité du pays dans les années futures” a-t-il précisé.

Liée à l’antérieure, la deuxième révolution de l’État est celle de l’articulation entre savoir, culture, science et  technologie, pour générer une connaissance libératrice, à partir des besoins de toute la Nation, et non plus pour assurer la domination de petits groupes.

En troisième lieu l’approfondissement de la révolution des missions sociales, pour lesquelles, il y a plusieurs mois, Maduro a rassemblé toutes les initiatives en unSystème National de Missions, avec pour objectif principal de garantir l’éducation, la santé, l’alimentation et le logement, gratuits ou subventionnés, à toute la population et en particulier de faire passer la pauvreté extrême de 6,5 a 0 %. Avant la fin de l’année, 3000 “bases de missions sociales” seront installées pour offrir ces services de manière directe aux habitants des derniers secteurs les plus pauvres, mais aussi à ceux des nouvelles cités de la Grande Mission Logement et de zones où réside la classe moyenne.

Le président a consacré la majeure partie de son exposé à la quatrième révolution, politique, celle de l’État. “L’objectif est de transformer toutes les structures et les restes de l’État bourgeois en un État démocratique, un État aux mains du peuple”. Un processus, a-t-il expliqué, qui s’appuie sur “la volonté et la vocation de pouvoir politique du peuple, du citoyen et de la citoyenne ordinaires”. Il est fondamental de garantir des changements en profondeur “parce que le peuple peut s’endormir et laisser peu à peu les bureaucrates prendre le pouvoir. Après quoi ces bureaucrates tombent sous l’emprise de groupes économiques et quand nous nous y attendons le moins, resurgissent les vieilles formes de gouverner, de dominer et de piller la patrie. C’est là où est la vraie contre-révolution, celle qui opère en silence, par le bas, gagnant des espaces, corrompant des fonctionnaires”.

Pour cela seront impulsées des instances spécifiques de participation populaire, ainsi qu’un système de simplification de l’administration, désormais réalisable via internet et sans besoin de courir d’un ministèreà l’autre, chacun d’eux étant connecté à la même base centrale de données. “Pour changer leur enfant d’un lycée à un autre on demande aux parents 28 pièces administratives !, a critiqué Maduro, cet excès de paperassie fait resurgir les “intermédiaires” qui en échange d’argent produisent des pièces en un temps record, ou revendent des droits, comme nous l’avons découvert dans le cas de la mission sociale “en amor mayor” où des mafieux extorquaient de l’argent aux bénéficiaires légaux.pour leur attribuer les allocations de retraite ! Nous les avons arrêtés, mais combien d’autres nous ont filé entre les doigts ? Ce contrôle serré va s’exercer partout”.

Le point le plus important est la création des conseils présidentiels populaires, instances d’articulation pour que les mouvements sociaux puissent communiquer directement à la présidence leurs critiques et propositions. Le 23 septembre sera inauguré le Conseil des mouvements de femmes, le 30 septembre celui des mouvements de jeunesse, le 7 octobre celui des organisations de travailleurs, le 12 octobre celui des peuples indigènes, le 14 octobre celui des coordinations de paysans et de pêcheurs et le 21 octobre celui des travailleurs de la culture. Il faut y ajouter le conseil présidence/commune (3), déjà créé en juillet, après avoir été annoncé lors d’une assemblée populaire à Caracas le 17 mai 2014.

Enfin, la cinquième transformation lancée par le président est la révolution dusocialisme territorial, qui partira des nouveaux espaces de vie “pour consolider le modèle communal et pour que nous assumions tous le modèle éco-socialiste”. Pour mener cette tâche à bien, Maduro a nommé un poids lourd de la direction politique de la révolution : Elías Jaua, qui laisse la chancellerie aux mains de Rafael Ramírez, jusqu’ici vice-président économique, ministredu pétrole et président de la compagnie PDVSA. Jaua devient donc vice-président du développement territorial et ministre des communes et des mouvements sociaux, en remplacement de Reinaldo Iturizza, nommé ministre de la culture.

Autres changements dans les vice-présidences et ministères

Parmi les changements les plus importants notons encore la création de la vice-présidence de la sécurité et de la souveraineté alimentaires, dont sera chargé le jeune Iván Gil, jusqu’ici ministre de l’agriculture.

La vice-présidence économique est attribuée à Rodolfo Marco Torres. Dans ce secteur prévaut la continuité avec José David Cabello comme ministre de l’Industrie, Andrés Izarra au Tourisme et deux visages nouveaux mais proches de Ramírez : Asdrúbal Chávez pour le pétrole et Eulogio Del Pino pour PDVSA.

On attend à présent le train de mesures concrètes qui vont accompagner cette refondation. Alors que certains secteurs critiques du chavisme craignent une conciliation avec la bourgeoisie, d’autres soulignent le renforcement de la commune et la volonté appuyée de surmonter la bureaucratie et la corruption, les deux ennemis principaux auxquels doit faire face, au stade actuel, la révolution bolivarienne.

Fernando Vicente Prieto, Caracas.

Source : http://notas.org.ar/2014/09/04/nicolas-maduro-refundar-estado-ministerios-comunas-venezuela/

Traduction : Thierry Deronne

Notes :

(1)       Lire “Le Venezuela accélère sa ¨transformation du pouvoir citoyen en gouvernement¨, http://venezuelainfos.wordpress.com/2014/07/24/le-venezuela-accelere-sa-%C2%A8transformation-du-pouvoir-citoyen-en-gouvernement%C2%A8/

(2)       Lire “Ce que va faire la révolution bolivarienne de 2013 à 2019”,http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/04/15/ce-que-va-faire-la-revolution-bolivarienne-de-2013-a-2019/

(3)        Ibidem.

imagesPhotos : C’est au coeur des quartiers populaires que Nicolas Maduro a décidé d’inaugurer les nouvelles vice-présidences et de nommer les nouveaux ministres. Le jeudi 4 septembre il a commencé par la Vice-présidence du Développement Social et des Missions – dirigée par Hector Rodriguez – à l’occasion de la construction d’une des 3000 “bases de missions sociales” dans le secteur pauvre de Güerito, municipalité Mariño, État d’Aragua. Pour Maduro, "les bases de missions doivent être l’épicentre des cinq révolutions. La conscience et l’organisation du peuple permettront d’éliminer ce qui reste de pauvreté extrême".

maduro0509-OR630Le lendemain, vendredi 5 septembre, c’est dans le secteur d’El Valle (Caracas) que le président a lancé la Viceprésidence de Développement du Socialisme Territorial – qui vise à construire l’État comunal –  à l’occasion de la remise aux habitants des 760 premiers appartements du nouveau complexe de Ciudad Tiuna, construit par laGrande Mission Logement à travers un accord signé avec la Chine. “De nouveaux logements mais surtout un nouveau mode de vie” a insisté Maduro. Pour le nouveau vice-président Elias Jaua, “ce socialisme ne part pas d’un individu abstrait mais du fait qu’il habite un territoire, un espace de vie où le socialisme va se construire pas à pas”. Trait particulier de ce nouveau secteur de l’État : la fusion du ministère de la construction avec celui de l’éco-socialisme, sous la houlette du ministre Ricardo Molina.

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Mercredi 3 septembre 2014 3 03 /09 /Sep /2014 11:36

2 Septembre 2014

Ria Novosti

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a exigé que les dirigeants occidentaux cessent de proférer des accusations à l'encontre de la Russie sur fond de crise ukrainienne.

"Le Venezuela, qui a sa propre voix indépendante, exige que ceux qui accusent la Russie cessent leurs invectives et cessent de chercher des prétextes pour une guerre avec elle", a déclaré M.Maduro cité par le quotidien El Universal.

"Les puissances occidentales menacent la Russie, et lorsqu'elle se défend, elles l'accusent de mener une politique agressive à l'encontre de l'Occident", a indiqué le numéro un vénézuélien.

Les pays occidentaux accusent Moscou d'attiser la crise en Ukraine, dont les régions sud-est restent depuis plusieurs mois en proie à des combats intenses entre forces gouvernementales et brigades indépendantistes qui ne reconnaissent pas les nouvelles autorités de Kiev arrivées au pouvoir fin février suite au renversement du régime de Viktor Ianoukovitch. La Russie est également régulièrement accusée d'être directement impliquée dans les hostilités en Ukraine.

La semaine dernière, un porte-parole de l'Otan a déclaré aux journalistes que plus de 1.000 militaires russes combattaient en Ukraine. Par ailleurs, l'Alliance a publié des photos satellite montrant la prétendue présence de canons automoteurs russes à la frontière et sur le territoire ukrainien.

 

Ukraine: Maduro exige que l'Occident cesse d'accuser Moscou
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Mardi 2 septembre 2014 2 02 /09 /Sep /2014 09:52
 

Hugo Chavez, du rêve à la réalité

Bernard TORNARE

Alors que l’Europe s’enfonce de plus en plus dans la crise, l’Amérique latine, à l’exception des pays encore soumis à la domination des Etats-Unis, a joui d’une croissance nettement supérieure à celle des pays du Nord, au cours de ces dix dernières années.

On constate dans ces pays d’Amérique latine une forte croissance, une prospérité générale, une plus grande coopération et une importante réduction de la pauvreté.

Il est impossible d’analyser l’état actuel de ce processus latino-américain sans mentionner Hugo Chavez, car il a imaginé un continent uni selon le rêve de Simon Bolivar. Pour lui, unir les anciennes colonies espagnoles pour constituer une grande nation américaine aurait constitué un facteur d’équilibre dans les relations internationales.

Tout le monde reconnaît aujourd’hui le rôle joué par le Commandant Chavez dans ce processus qui est devenu irréversible.

Le 5 mars passé, le président uruguayen José Mujica, faisait remarquer, par rapport au commandant Chavez, qu’il était un ardent ami des luttes pour l’intégration de l’Amérique latine, un visionnaire, de ces gens qui regardent vers l’avant. Il voyait les causes et minimisait peut-être les obstacles, mais qui avait une confiance, de l’affection et de la crédibilité qui inspirait tous ceux qui l’entourait".

Le même jour, le Ministre des Affaires étrangères uruguayen Luis Almagro, a souligné que "Hugo Chavez a donné un cap à l’intégration et a redimensionné la générosité", pour ajouter plus loin qu’il "a été l’homme politique qui a le plus contribué à reprendre le chemin des racines latino-américaines".

Le président Nicolas Maduro a expliqué en avril 2013 : "Si quelqu’un demande quel était la pensée du président Chavez de ce que devait être le Venezuela dans ce siècle, ce que devait être l’Amérique latine et les Caraïbes, il n’aurait qu’a étudier le Plan de la Patrie 2013-2019, qui, même si il a été créée pour six ans, pourrait fondamentalement guider un siècle".

Le Plan 2013-2019 (le programme du gouvernement présenté au peuple par le commandant Chavez, remis à l’examen par Nicolás Maduro) propose de "transformer le Venezuela en un puissant pays social, économique et politique au sein de la grande puissance montante de l’Amérique latine et des Caraïbes, pour assurer la formation d’une zone de paix dans notre Amérique".

Dans l’introduction du Plan de la Patrie , on note que cet objectif historique "signifie qu’il faut continuer de suivre la voie de la recherche d’un monde multipolaire, sans la domination impériale et avec le plein respect de l’autodétermination des peuples [...] "

Le concept de la politique étrangère du commandant Chavez a repris les propositions de Simon Bolívar pour défendre l’indépendance et la souveraineté nationale, sans compromis, tout en favorisant l’intégration et l’unité latino-américaine.

Depuis que Hugo Chavez est arrivé au pouvoir, il s’est aussi approché des pays arabes, avec lesquels le Venezuela est uni par l’intérêt commun de l’exploitation pétrolière. Chavez a promu la revitalisation de l’Organisation de Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP), pour laquelle il a visité tous les pays membres presque immédiatement après avoir accédé au Gouvernement.

La résurgence de l’OPEP a permis de récupérer les prix internationaux du brut, ce qui a servi à le transformer à son tour en levier du développement vénézuélien et en instrument principal pour la coopération avec les pays du continent.

En plus de la création de l’Unasur, Chavez a aussi promu des mécanismes d’intégration comme Petrocaribe, l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique - le Traité de Commerce des Peuples (ALBA-TCP), la Communauté des Etats de l’Amérique latine et des Caraïbes (Celac) et l’entrée du Venezuela au Marché Commun du Sud (Mercosur), qu’ il considérait (avec l’ALBA-TCP) comme l’instrument régional principal pour promouvoir cette unité.

La politique extérieure a eu aussi un impact jusqu’au continent africain. Des progrès importants dans les relations avec la région, sont soulignés par les sommets des pays d’Amérique du Sud-Afrique (ASA).

De même, le Venezuela a impulsé un rapprochement avec le groupe BRICS (composé du Brésil, de la Russie, la Chine, l’Inde et de l’Afrique du Sud), en promouvant l’association de la Banque récemment créée par la BRICS avec la Banque du Sud.

En juin dernier, le Vénézuélien Alí Rodríguez Araque, ancien Secrétaire général de l’Unasur, interrogé sur le rôle que joue les États-Unis en Amérique latine et sur ses tentatives pour affaiblir les mécanismes intégrateurs, a fait remarquer : "Le jour où les empires renonceront à leur nature, cesseront d’être empires et arrêterons de déployer des pratiques impérialistes, l’humanité aura pris une profonde respiration et pourra ainsi voir se réaliser ses plus grands rêves de vivre dans une société faite d’égalités. Mais ce jour n’est pas encore venu".

Avec d’autres grands leaders latino-américains, le président Chavez a visualisé l’Amérique latine et les Caraïbes comme la grande puissance émergente du XXIe siècle, sans la vision classique des empires, mais avec la perspective de réussir à réduire les graves asymétries que le continent sud-américain a dans sa relation entre ses propres pays et à l’intérieur de chacun d’eux.

Il manque beaucoup encore pour que ce rêve s’accomplisse, mais le chemin est déjà préparé. Maintenant il faut que cette marche continue et qu’elle devienne irréversible.

Et ceci, pour le bien de toute l’humanité.

Bernard Tornare

»» http://b-tornare.overblog.com/2014/08/hugo-chavez-du-reve-a-la-realite.html
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Lundi 1 septembre 2014 1 01 /09 /Sep /2014 17:31

PHOTOS: ) AU COEUR DE CARACAS, UNE NOUVELLE VICTOIRE CONTRE LE NÉO-LIBÉRALISME

Foto-destacada-2-perspectiva-urbana-Torre-de-DavidLe Centro Financiero Confinanzas -ou Torre de David-, est un immeuble inachevé de 45 étages situé à Caracas. Entamée en 1990, sa construction fut arrêtée en 1994 suite à la crise économique que traversait le pays. Depuis cette date, cet édifice était squatté par des centaines de personnes en recherche de logement.

Un nuage de poussière accompagne la colonne de bus et de camions, s’apprêtant à déposer leurs voyageurs au pied des nouveaux immeubles qui leur sont destinées. Dinora : « lorsqu’on nous a dit qu’on allait nous attribuer de nouveaux logements, une clameur s’est fait entendre, immédiatement suivie d’un tonnerre d’applaudissements ».

Dans ces bus, toutes les personnes présentes -hommes, femmes, enfants, et 3ème âge, pourvus de leurs dossards nominatifs- scrutent au travers des fenêtres. Regards attentifs, emplis d’espoir et d’une certaine anxiété, de ceux qui, il y a encore quelques heures, occupaient la « Tour de David ».

L'ensemble des minist

L’attente du déménagement

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Le voyage de La Torre de David jusqu'aux nouveaux logements de Ciudad Zamora

Le voyage de La Torre de David jusqu’aux nouveaux logements de Ciudad Zamora

Recrus de fatigue, les arrivants sont reçus par les membres de la délégation de laGrande Mission habitation Venezuela, qui leur remettent les clés de leurs nouvelles demeures. Ces familles ont passé une nuit blanche, tout occupées qu’elles étaient, à charger les camions de déménagement.

Le soleil tape déjà dur sur le monte Cua, Miranda -où se situe le nouveau grand ensemble- lorsque les premières 53 familles déchargent leurs encombrants bagages pour rejoindre les appartements qui leur ont été alloués. Les uns et les autres vont et viennent, portant sur leurs épaules, machines à laver, matelas, mais également chaises et armoires.

Le plus remarquable réside dans le fait que les quelque 400 familles déjà installées dans les lieux -à Ciudad Zamora- reçoivent avec force embrassades, cris et rires joyeusement mêlés, leurs anciens voisins de la « Tour de David ». Jusqu’au bout, la question du transfert est restée épineuse. Certains conseils communaux du secteur concerné ont présenté une série de réclamations aux autorités compétentes, et entravèrent la bonne circulation des premiers bus transportant les anciens occupants de la Torre. Finalement, une rencontre a réuni autour de la table les porte-parole locaux et les représentants des autorités, et a débouché sur un accord. Tout est bien qui finit bien : le transfert des futurs entrants a pu être réalisé.

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06_IEHPour être précis, cette barre est constituée de 23 bâtiments d’ores et déjà terminés. (D’autres unités sont en voie d’achèvement). Pas moins de 1500 appartements les constituent. Chacun des ceux-ci étant composé de 3 chambres à coucher, 2 salles de bain et d’une salle à manger.

Les réunions préparatoires à ces nouvelles répartitions ont débuté il y a quelques mois de cela. Précisément au moment où le président Maduro et Ernesto Villegas (ministre en charge de la Transformation du Grand Caracas) ont débloqué les fonds visant à réaliser cette Opération Zamora, afin de reloger les quelques 1200 familles de la Torre de David.

Au lieu d'arrivée, les retrouvailles

Au lieu d’arrivée, les retrouvailles

Dinora

Dinora

2-Torre-David-Ambrosio-Plaza-L-8945Dinora a été de toutes les assemblées. Elle est mère célibataire, et maman de 5 enfants. Ce qui ne l’empêche pas de participer activement à la réception des nouveaux arrivants. Dans la foulée, elle s’empresse de renouer des liens avec certaines de ses anciennes voisines et par ailleurs amies, « seules » comme elle. Il faut dire que c’est une « ancienne » de la Torre, au temps où les uns et les autres en occupaient tant bien que mal le rez-de-chaussée. Les larmes aux yeux, Dinora constate: « du temps de la Torre », nous n’avions rien. Nous avons néanmoins accompli beaucoup de choses. Aujourd’hui, nous avons tout, et nous pouvons faire plus ». Toute empreinte de fierté, le regard tout embué, elle se remémore les années passées à la « Torre ». Car tout ce qui aura été réalisé là-bas, résulte d’un combat commun que les habitants de la Tour ont résolument engagé, faisant front tous ensemble, face à l’adversité.

Dinora: « certes, là-bas nous n’avions pas de toit. Mais la solidarité active, et les sentiments d’affinité qui en ont découlé, ont aisément suppléé ce manque. De plus, puisque désormais, nous avons ce toit, nous allons réactiver ici, ces pratiques de camaraderie concrète, fondées sur la puissance du collectif ».

Brève histoire d’un symbole de l’héritage néo-libéral et de la stigmatisation sociale.

C’est le fondateur du groupe financier Confinanzas -David Brillemburg Ortega- qui donna son nom à la tour érigée au coeur de Caracas. Dans les années 1990, ce gratte-ciel était le symbole de l’opulence d’un certain establishment financier vénézuélien. En 1993, le décès prématuré de Brillemburg, sera le signe avant-coureur de la disparition pure et simple du groupe financier, qui surviendra l’année suivante (1994), en pleine crise économique. La construction de cet édifice de 45 étages (le 3ème plus haut immeuble de Caracas) sera arrêtée alors qu’il était achevé à 60%. Dans ce contexte il devint légitimement propriété publique car l’Etat vénézuélien entendait bien se rembourser -au moins partiellement- d’une dette. Et ce fut le Fond de protection sociale des Dépôts bancaires (Fogade) qui en bénéficia.

Foto-icónica-de-la-Torre

A partir de 2007, confrontées aux problèmes croissants de logement, 900 familles décideront de recourir au système « D ». En conséquence, elles investiront les lieux en toute illégalité.

Alexander Daza ("El Niño") aura été en quelque sorte « l’homme-lige » de cette initiative. C’est pourquoi son nom reste étroitement lié à l’histoire récente de la Torre. En effet, cet ancien repris de justice devenu pasteur de l’Eglise évangélique, organisera l’occupation des étages inférieurs de la Torre et prendra la tête (en tant que président) de la coopérative « Caciques de Venezuela ». Une structure qui donnera une existence légale, à l’organisation des habitants (squatteurs) de la Tour.

José Gabriel: « je me souviens du temps où toutes les personnes vivant alentour, nous prenaient pour une bande de malfaisants ». Ce jeune homme de 20 ans, natif de Maracaibo, employé de cuisine dans un restaurant à La Vega, reconnaît toutefois, que dans les premiers temps, les « mauvaises conduites » en tout genre dont les vols, n’étaient pas rares. (A ce moment-là, cet jeune homme maigre avait 14 ans). Face à cet état de fait, les membres de la communauté se retroussèrent les manches, et unis dans un grand effort collectif, ils édictèrent les bases d’un code de bonne conduite, que les figures de proue du mouvement -avec Daza à leur tête- se chargèrent de faire appliquer.

Un parking abandonné, terrain de jeux

Un parking abandonné, terrain de jeux

José Gabriel encore: « les adolescents notamment, doivent apprendre à assumer leurs responsabilités. Ils faut qu’ils comprennent, que traîner dans les couloirs, se réunir dans les environs à des heures avancées de la nuit, ça ne va pas. Parce qu’au bout du compte, les scandales et les disputes n’en finissent pas. Et la vie en commun dans son ensemble devient difficile ». La réponse réside dans la bonne application de principes de vie collectifs : boire de l’alcool dans les parties communes est prohibé. Faire du raffût à partir d’une certaine heure de la nuit, est également interdit.

Toutes ces dispositions sont placardées dans chacun des couloirs de l’immeuble. Elles sont assorties de sanctions en cas de non respect de ces règles établies collectivement. (Des sortes de Travaux d’Intérêt Général sont prévus -jusqu’à 5 jours consécutifs. Durant ce laps de temps, les coupables sont privés d’électricité).

Dinora: « à la longue, nous avons tordu le cou à cette mauvaise réputation (assassins, sadiques, violeurs, etc) qui nous colle à la peau. Pour cela, il suffit de s’en tenir à quelques simples codes de conduite : travail, efforts et constance ».

Cette situation, consistant en définitive à « ghettoïser » ces habitants en recourant à la pratique de l’amalgame, est en fait entretenu par ceux qui à travers cette stigmatisation, s’emploient à discréditer les politiques redistributives du gouvernement bolivarien. Les médias privés, et des secteurs de l’opposition, en fot partie, bien que l’écrasante majorité de ceux que l’on pointe injustement du doigt, bénéficient d’un revenu régulier : les travailleurs proprement dit ; les jeunes gens débutant dans la vie active. A quoi il faut ajouter les étudiants et les nombreux enfants.

On peut affirmer sans risque de se tromper, que l’insécurité constatée au sein de la Torre, ne correspond en aucune manière au tableau que la presse à sensation -avide de vendre encore et toujours- dessine jour après jour. S’il y a insécurité, elle découle tout simplement de carences en matière d’hygiène; de l’insuffisance, voire l’inexistence des services de base ; de l’inadéquation des lieux en eux-mêmes. En effet, une masse de béton à l’état brut, est rarement le vecteur d’une vie épanouissante.

Pour Wilmer, l’un des "entrepreneurs" de la communauté, « l’absence de services, c’était la principale difficulté. On a commencé par l’installation d’un système de plomberie générale digne de ce nom, afin de répondre aux besoins d’hygiène les plus urgents ». Accompagné de son épouse et de leurs deux enfants, il s’est installé dans la Torre, pourvu de quelques machines à fabriquer des moules pour l’industrie pâtissière. Pour lui, ce changement de lieu de vie, a représenté une formidable opportunité. Sa modeste unité de production initiale -« Inversiones Jesus es amor »- compte à ce jour, pas moins de 20 employés.

Atelier de moules de pâtisserie

Atelier de moules de pâtisserie

Comme c’est toujours le cas, les secteurs respectifs de la vente informelle et de la prestation de services en tout genre, se portent très bien dans ce genre de contexte. L’immeuble en est truffé : boutiques, kiosques, salon de coiffure, téléphonistes, garderies d’enfants, ateliers de couture, cordonneries… ouvrent volontiers leurs portes aux résidents. Bien évidemment, les nombreux efforts à fournir, tant sur le plan personnel que collectif, sont les corollaires indispensables à l’instauration de ce genre de rapports nouveaux.

« Nous avions une salle de bain commune. En tout et pour tout, un peu d’eau à notre disposition. Quelques panneaux de cuivre installés précairement, faisaient office de murs. Les hommes se sont également occupés des monticules d’ordures -accompagnés de leurs cortèges de rats qui pullulaient- jonchant les planchers; mais aussi des décombres dont ils se sont débarrassés, comblant ainsi les espaces vides du sous-sol. Ainsi, au fur et à mesure de notre avancée, nous avons nettoyé tous les étages, et pris méthodiquement possession des lieux ». C’est en ces termes que s’exprime Dinora, avec sérénité. Une intense expérience de vie à deux niveaux, mais pourtant solidaires l’un de l’autre, où se mêlent tout à la fois, la cellule familiale et les membres de la communauté de la Torre. Avant cela, Dinora et 4 autres familles, partageaient un logement à Antimano. Dépourvue de moyens, on l’a expulsé de ce misérable appartement où régnait la promiscuité. Accompagnée de ses 5 enfants, elle a échoué place Miranda. De là, un ami lui indiqua l’existence d’un lieu qu’occupaient des personnes à la trajectoire semblable à la sienne. En s’y rendant, Dinora ne se doutait pas qu’elle se retrouverait en plein centre de Caracas. Juste aux pieds de l’Avila, à la Torre.

Les zones sans barrières de protection, un danger permanent.

Les zones sans barrières de protection, un danger permanent.

Peu de temps avant son arrivée, cet espace d’habitation commençait à bénéficier des aménagements consécutifs à l’action collective menée par les occupants de plus longue date. Afin d’éviter la survenue d’accidents, des rembardes et des balustrades ont fait leur apparition. On a toutefois paré au plus pressé, ce qui explique que certains lieux ne sont pas encore sécurisés. C’est pourquoi on a malheureusement déploré le décès de quelques enfants, qui se sont précipités dans le vide, après avoir fait un faux pas. Ce problème n’est par conséquent pas encore totalement éliminé. De plus, on a utilisé le câblage téléphonique existant, afin d’accéder à l’alimentation en électricité. Les négociations entamées avec Corpoelec ont abouti, ce qui fait que l’on a pu bénéficier d’un raccordement légal et aux normes. Quant à l’eau, on devait la monter aux étages par ses propres moyens. Par la suite, on a posé des pompes électriques aux différents niveaux occupés.

Wilmer se souvient: « la première fois, je n’ai pas pu monter la bonbonne de 70 litres. Cependant, face à l’adversité, on cherche à s’adapter. On a donc eu l’idée de placer au bon endroit une poulie, munie d’une longue corde. On hissait également la nourriture par le même biais. Dans ce cas de figure, on s’aidait aussi d’un échafaudage abandonné. Un exemple : quand le voisin du 20ème étage partait faire les courses, il nous avisait de sa sortie. A son retour, on lui lançait la corde, et le tour était joué ».

Wilmer, pioier et mémoire vivante de l'occupation de la Torre.

Wilmer, pionnier et mémoire vivante de l’occupation de la Torre.

Cet épisode qui a valeur d’exemple, on se le répète bien souvent entre occupants de la Torre. A chaque fois qu’il refait surface, ceux qui se le remémore ne peuvent le dissocier des moments de solidarité active et des efforts conjoints qu’il a exigés. Esquissant un sourire, Wilmer déclare: « tout a commencé comme un service que l’on se donne entre amis. Puis peu à peu, tout cela a acquis de la substance, et nous sommes devenus une seule et unique famille dont chacune des composantes tend vers un but identique ».

La vie qui renaît fait fi des décombres.

Au fur et à mesure qu’il arpente les 45 étages de la Tour A – la principale des 3 tours constitutives de l’ex-Centro Confinanzas- un sentiment particulier s’empare du visiteur: il évolue au sein d’un ensemble labyrinthique, bien concret cependant. En effet, en sus des 5 couloirs qui sillonnent en diagonale chacun des étages, et qui en font un véritable dédale, il convient d’adjoindre les contours subtils de la Tour B (20 étages), dans lesquels s’enchâssent les parcs de stationnement desservant les 10 premiers étages du tout.

Dans les coins et les recoins, on peut observer ici et là, des tricycles, mais aussi des jouets abandonnés. De vieilles guirlandes usées et périmées, pourrissent au sol, tandis que de loin en loin quelques tas de gravats trônent, inertes. Quant à la multitude d’antennes de télévision parabolique, elles s’accrochent en grappes, aux façades des immeubles. Aux plafonds, des poutrelles de métal que l’on tient volontiers pour inoxydables (dont certaines sont encore pourvues de leur revêtement de fibre de verre et d’amiante) tracent les contours d’une configuration qui s’apparente dans toute sa complexité, à celle d’un système nerveux.

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Par moment, l’odeur ambiante qui se dégage, relève d’un improbable mélange de ciment humide, de remugles émanant des cuisines, d’urine et d’eaux usées qui refoulent des étages inférieurs.

A observer l’extérieur -la façade décrépite – la Tour a tout du symbole. Parangon du laisser-aller, archétype de la déroute de l’économie néo-libérale qui a balayé le pays durant les décennies passées. On décompte à ce jour, la fermeture de 7 étages de la Torre. 400 familles ont déjà été évacuées. Les personnes concernées vont et viennent, occupent les couloirs. Parmi eux les enfants, qui trottinent inlassablement sous le regard des adultes. Dans chacun des appartements désormais vides, quelques traces écrites, bien visibles attestent de leur occupation récente. Car ici, on a bel et bien vécu et souffert (parfois) : « Chavez est vivant » ; « je t’aime » ; « anniversaire, le 4 » ; « souvenir del’installation » ; « Mon Dieu apprends moi à me défier des sorcières et des cuistres»; « Justin Bieber » ; « que vois-tu, un mouchard ?… ».

Tout en bas, au rez-de-chaussée, l’église évangélique construite par Daza et ses amis, et l’entreprise de mototaxis « Les enfants de Dieu » la bien nommée, cohabitent sans anicroches. Il faut ajouter aussi, que non loin de là, derrière le parc de stationnement tout proche, se trouve une zone, totalement submergée par l’accumulation d’ordures en tout genre. Quant au bruit, il provient d’un mini-terrain de basket et de foot-ball, que des groupes d’enfants et de jeunes gens, occupent en permanence.

Tairon et un de ses fils

Tairon, un homme courtaud et bien enrobé, vit au 21ème, avec sa femme et leurs deux gamins adoptés. Il nous confirme qu’une équipe de foot a été constituée, qui compte dans ses rangs, ses voisins et amis. « C’est ainsi, qu’on a mis sur pied un championnat. Comme si de rien n’était. Et de fil en anguille, on est arrivé en finale: en fiers représentants de notre Torre, on a participé à des tournées, jusqu’à Catia et Montalban. On est les champions en titre », ajoute-il fièrement. « Je peux vous dire que tout le monde a été surpris, parce que personne ne pensait qu’on décrocherait le titre en jeu ».

Bien qu’emballant les paquets et les cartons du départ, Tairon est de ceux qui occupe déjà en esprit le nouveau logement de Cua, alloué à sa famille.

Les responsables de l’Opération d’évacuation Zamora, ont établi les modalités du transfert : les personnes du 28ème étage (le plus haut jamais squatté) ont abandonné les lieux, pour rejoindre provisoirement les niveaux inférieurs, déjà vidés de leurs habitants. Partant, on procède en bon ordre à la fermeture progressive et définitive de la Torre (de David).

Il faut tout de suite préciser, que les nombreuses assemblées et réunions qui se sont tenues en amont, ont été les vecteurs indispensables de la mise au point du plan d’évacuation. (Qui atteint à ce jour, un taux de 38%). Quant au sort à réserver à la Torre, elle a fait l’objet d’assemblées, auxquels ont activement participé ses habitants, sans oublier l’apport fraternel de leurs voisins caraquègnes. Une adresse électronique a par ailleurs été créée, pour qui souhaite apporter sa proposition quant à l’usage futur de l’immeuble :propuestastorresconfinanzas@gmail.com

Selon de nombreux témoignages, l’organisation mise en place par les occupants de la Torre fut un antidote puissant contre le chaos que d’aucuns prédisaient. Dès les premiers temps de l’occupation des lieux, le sentiment d’une solidarité collective effective s’est imposé à tous. Jusques et y compris, au moment où les toute premières familles en détresse ayant échoué à la Torre, y ont installé leurs bien précaires abris: de simples tentes.

Maria, la déléguée du 28ème étage, a passé des années à hisser jusqu’au 28ème niveau les produits achetés au marché et l’eau potable. L’énergie qui se dégage de cette femme la rajeunit, malgré les tempes grisonnantes. Pour elle, les fêtes qui se déroulaient chaque année pour la Journée des Enfants sont des souvenirs les plus marquants: « ce sont des journées magnifiques, parce que chacun y allait de son grain de sel. Les 28 gâteaux préparés collectivement (les habitants des Tours A et 20 B) sont restés dans toutes les mémoires ». Corollaire de ce qui précède, de nombreux bambins ont vu le jour durant les 7 années d’occupation de la Torre.

Depuis le début des déménagements, María est passée du 28ème au 7ème étage, et attend son relogement

Depuis le début des déménagements, María est passée du 28ème au 7ème étage, et attend son relogement

Bien que quelque peu inquiète quant à la permanence des relations étroites établies dans ces locaux -relations étroites, mais aussi ce qui en résulte, c’est-à-dire les structures organisationnelles telles que les assemblées- Maria nous révèle sa foi en l’avenir : « Moi-même et mes deux gamins, sommes enchantés de nous installer à Ciudad Zamora ». Mais pour elle, hors de question de laisser tomber les 16 familles du 28ème étage, qui occupent provisoirement le 7ème, dans l’attente de leur départ programmé: « en tant que déléguée du 28ème, je ne peux pas me désintéresser de leur sort. Je dois être à leurs côtés, jusqu’au bout ».

Ciudad Zamora se situe en gros, à 1 heure et demie de Caracas. Durant ces 5 dernières années, cette zone -en croissance constante- a vu les constructions se multiplier. A ce jour, on compte 1550 appartements surgis de terre, 14 grands ensembles d’ores et déjà occupés. 9 autres seront investis par les habitants de la Torre de David.

Flor Chirino va sur ses 63 ans. Ses deux petites-filles vivent avec elle. Le visage marqué par les efforts fournis récemment, elle nous explique combien ce déménagement a représenté une épreuve pour elle. « Je reste sereine, je sais que mes petites-filles ont leur avenir assuré, en ce qui concerne le logement ». Elle sait de quoi elle parle, puisque 5 années durant, elle a vécu au 10ème étage de la Torre.

Flor tient à tirer un bilan de son expérience antérieure. Un bilan mitigé: « parfois, on ne vivait pas bien les choses. On luttait, mais certains coordinateurs ne nous menaient pas à bon port. On n’allait pas toujours dans la bonne direction ». Flor fait ici référence à la dynamique issue des actions menées par le collectif des habitants de la Torre de David. D’ailleurs d’autres témoignages convergent, qui attestent du fait que les personnes notamment en charge des services et de la sécurité, avaient tendance à transformer leur mandat en position de pouvoir.

Dans de nombreux cas, le fait de devoir se séparer d’un lieu que l’on a connu, emplit les intéressé(e)s d’un sentiment de tristesse. Un sentiment renforcé, par le fait de devoir élire son nouveau domicile dans un secteur excentré. Car la distance qui sépare Cua de la Capitale n’est pas des moindres. Et quand on travaille ou on étudie à Caracas, c’est un critère à prendre en ligne de compte.

Toutefois cet accès d’inquiétude était tempéré par l’attrait de la nouveauté: vivre dignement; avoir un appartement en propre.

Les défis à relever sont importants. Mais ce qui prime, c’est la certitude de voir s’ouvrir une phase nouvelle de sa vie. L’espoir réside en cela. Or, cet état d’esprit imprègne ces vastes et nouveaux lieux d’habitation, où les nombreuses écoles, mais aussi de nouvelles activités professionnelles en perspective, sont autant de sujets de satisfaction qui s’offrent aux nouveaux arrivants. Certains cultivent malgré tout une certaine nostalgie de la période passée. Celle de la Torre; d’autres manifestent leur soulagement d’avoir laissé derrière eux, toutes les pratiques et les dévoiements autoritaires. Il est ainsi de la coopérative locale « Caciques du Venezuela ». Des rumeurs affirment que l’on s’employait à vendre à qui le souhaitait, les « espaces » d’habitation disponibles; que l’emploi de méthodes autocratiques n’étaient pas rares. Tout cela correspond d’ailleurs aux propos de « Nino » Daza, qui tout en les déclinant, prenait soin d’en blâmer la nature.

A l’heure des bilans, ce qui s’impose, c’est le sentiment de pouvoir emporter avec soi, le meilleur de l’expérience de vie antérieure, et de l’intégrer à la nouvelle étape qui s’ouvre. Assis en plein milieu du bric à brac déchargé du camion de déménagement, José Gabriel assure:« La solidarité émanant du collectif était très satisfaisante à la Torre. Il en sera de même ici ».

Arrivée dans les nouveaux logements

Arrivée dans les nouveaux logements

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Dinora qui s’emploie quant à elle, à prendre ses premiers repères dans un espace qu’elle découvre pour la première fois, constate qu’en même temps, on jette les bases de ce que sera la nouvelle mouture organisationnelle. D’ores et déjà, on sait que deux porte-parole représenteront les habitants de chaque tour. Dans la foulée, on réfléchit aussi à l’établissement de règles internes propres à garantir la convivialité, que chacun appelle de ses vœux. En outre, sur un plan pratique, une journée destinée à épauler les nouveaux entrants s’est déroulée sans anicroches. Le tout assorti de la tenue d’un mega Mercal (vente d’aliments à bas prix, subventionés par l’État); enfin pour terminer ce tour d’horizon, un recensement a été meé. Il s’agissait d’une part, de s’assurer du nombre d’enfants en situation d’être scolarisés; et en second lieu, d’établir le nombre précis de femmes enceintes.

Dinora: « Il nous arrive parfois, d’ouvrir la porte de notre nouveau logement, et de nous dire: « c’est bien vrai ce qui nous arrive ? Les larmes aux yeux, on s’écrie « regarde-moi çà. On y est arrivé ». La gorge serrée par l’émotion, Dinora se sècher les yeux: « On est le peuple ; le peuple travailleur. Les enfants -filles et garçons qui nous entourent- ont le droit de rêver, de jouer; pour tout dire, de se divertir. Nous sommes tout disposés à aller encore plus loin ».


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Texte : Martín Di Giácomo. Photos: Gustavo Lagarde

Source : http://www.mpcomunas.gob.ve/torre-de-david-el-fin-de-un-estigma-de-45-pisos/

Traduction : Jean-Marc del Percio

URL de cet article : http://bit.ly/1q0bNwk

Par Tourtaux - Publié dans : Venezuela - Communauté : Syndicalisme
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Lundi 1 septembre 2014 1 01 /09 /Sep /2014 15:20

1 Septembre 2014

Caracas, 29 août AVN - Le président de l'Assemblée Nationale (AN), Diosdado Cabello, a alerté ce jeudi sur le fait que des groupes de droite prétendent recommencer des actions violentes comme celles qui ont eu lieu entre février et mai de cette année et qui ont provoqué plus de 40 morts par assassinat et plus de 15 000 millions de dollars de pertes.

Dans son émission Con el mazo dando, transmise par Venezolana de Television, il a indiqué que les corps de sécurité ont découvert des plans pour installer des campements illégaux dans les environs du Service Bolivarien de Renseignement National (SEBIN), de l'échangeur de Santa Fe et d'Altamira.

En mai dernier, des campements de ce type ont été démantelés à Sant Fe et sur la Place Alfredo Sadel, dans la municipalité de Baruta, ainsi que sur l'avenue Francisco de Miranda et sur la Place Bolivar, dans la municipalité de Chacao. On y a aussi saisi des cocktails Molotov, de la drogue, de l'argent, des armes et des masques à gaz.

Cabello a aussi indiqué qu'ils veulent commettre des actes de vandalisme, soi-disant en soutien à un groupe de personnes arrêts pour avoir provoqué des violences dans l'est de Caracas ces derniers jours pour provoquer des affrontements avec les forces de sécurité. Ainsi, ils prétendent créer un scénario "pour ensuite lever la drapeau des droits de l'homme devant les médias internationaux" comme CNN en espagnol.

Ce média a déformé la situation dans le pays depuis le 12 février dernier en diffusant des images qui ne correspondaient pas à la réalité du pays et la matrice d'opinion sur une soi-disant guerre civile au Venezuela.

La droite continue à être divisée.

Cabello a fait allusion dans son émission aux désaccords qui persistent à l'intérieur de la droite vénézuélienne sur le destin de ce qu'on appelle la Table de l'Unité (MUD). En ce sens, il s'est référé au fait que Julio Borges et tomas Guanipa, deux militants de Primero Justicia, prétendent prendre leurs distances avec Antonio Ledezman pour éviter qu'il devienne le leader de l'anti-chavisme.

De plus, il existe des problèmes en ce qui concerne les visites de l'ex députée Maria Machado dans plusieurs états du pays, qui prétend créer une nouvelle coalition à l'intérieur de la droite et devenir son leader.

Source en espagnol:

http://www.avn.info.ve/contenido/cabello-alertó-sobre-nuevos-planes-derecha-para-generar-violencia

Traduction Françoise Lopez (http://cubasifranceprovence.over-blog.com/2014/08/venezuela-nouveaux-plans-de-la-droite-pour-provoquer-des-violences.html)

 

Nouveaux projets de déstabilisation de la droite vénézuélienne
Par Tourtaux - Publié dans : Venezuela - Communauté : Syndicalisme
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Jeudi 21 août 2014 4 21 /08 /Août /2014 08:11

DEPUIS L’ORÉNOQUE, POUR QUE LE PEUPLE GOUVERNE

Puente-sobre-el-río (1)Sur la rive droite de l’Orénoque, à quelques kilomètres de l’endroit choisi par Simon Bolivar pour célébrer le Congrès d’Angostura en 1819, sept cents familles qui se consacrent à l’agriculture, à l’élevage et à la pêche artisanale s’organisent au sein de la Commune socialiste Panapana. Avec ses presque 160 000 hectares de superficie, la Commune coïncide dans toute son extension avec le secteur du même nom, et fait partie de la municipalité d’Heres, dans l’état de Bolivar. Un endroit à l’extraordinaire potentiel et engagement révolutionnaire.

Une histoire qui ne fait que commencer

La commune socialiste Panapana a été enregistrée en octobre 2013 mais son parcours a commencé plusieurs années auparavant. Avec le vote de la Loi des Terres impulsée par la Révolution Bolivarienne, depuis 2007, des milliers d’hectares sont passés aux mains de familles qui voulaient un morceau de terre pour la travailler. Jusque-là, ils appartenaient à une poignée de grands propriétaires terriens, installés au sommet d’un régime économique aux caractéristiques semi-féodales. Avec ce système – instauré il y a trois cents ans sur la base de l’exploitation des peuples indigènes Karina et Warao, originaires de la région-, les terres se trouvaient en majorité délaissées et ceux qui les travaillaient, le faisaient dans les pires conditions. Pendant ce temps, les pêcheurs se débrouillaient pour subsister au bord du fleuve. Mais il a suffi de l’impulsion donnée par la démocratie participative pour que les choses commencent à changer.

Vers 2008, les premiers conseils communaux furent organisés, en 2010 –suivant l’exemple des habitants du secteur de Marhuanta- ils créèrent leur propre Salle de Bataille Sociale. «Comme groupe de porte-paroles qui voyaient les allocutions du Commandant Chavez dimanche après dimanche, nous sommes allés voir ce que c’était que cete Salle de Bataille Sociale », raconte Andres Salgado, actuel membre de l’organe exécutif de la commune. « Et depuis lors, nous avons avancé, avancé ».

Le nom choisi pour cette naissante Salle de Bataille Sociale fut « La fille des vainqueurs d’Angostura ». C’est Vladimir Carpio, aujourd’hui parlementaire communal, qui a fait la proposition, approuvée ensuite en assemblée. « Beaucoup de gens ont proposé un nom », explique Andres, « mais celui que nous avons choisi nous a semblé avoir un sens profond, symbolique ».Wladimir Carpio« Au départ, nous ne parlions pas de commune, mais par contre nous devions agir collectivement. Toujours tenter d’unir des forces pour résoudre les problèmes qui sont communs », dit Jovanny Gonzalez, parlementaire du Conseil Communal Ezequiel Zamora et l’un des promoteurs. Gonzalez raconte que durant 2011 et 2012 ils se réunissaient pour lire et débattre sur les lois du Pouvoir Populaire, votées en décembre 2010. Chemin faisant, des organisations communautaires de la paroisse sont venues s’ajouter, jusqu’à atteindre le nombre de 14 Conseils Communaux et trois conseils paysans en 2013, lesquels ont approuvé la charte de fondation et ont formellement donné naissance à la commune.

Agriculture, élevage et pêche

Foto-3-PanapanaComme d’autres régions du pays, cette zone se trouve unie au souvenir du premier « Libertador ». En plus du nom de l’État, la ville qui se trouve à sa tête s’appelle Ville de Bolivar. Il y a deux siècles, en pleines luttes anticoloniales, son nom était Angostura et il y avait à cela une explication géographique simple : il s’agit de l’endroit où la traversée du fleuve Orénoque est la plus courte, car le fleuve se rétrécit. Là cohabitent les familles qui vivent de la pêche avec ceux qui cultivent le sol et élèvent du bétail. La terre est rouge et à certains endroits plus sablonneuse. Il s’agit d’un endroit où prédomine la plaine, avec quelques ondulations de terrains et de nombreux cours d’eau. La géographie n’est pas un obstacle pour les terres agricoles, mais en revanche elle limite la mécanisation. Un peu plus de 3000 hectares peuvent être travaillés de cette façon et les travailleurs communaux s’emploient à inverser la tendance de faible productivité, caractéristique du modèle qu’ils tentent de modifier.

Actuellement on produit du maïs, du piment, des haricots, du manioc doux et amer ; ainsi que des fruits comme la pastèque, le melon, la mangue et la papaye. Par ailleurs les familles ont des petits élevages bovins, porcins, ovins et avicoles. Vladimir Carpio précise qu’environ 35% des terres ne sont pas exploitées parce qu’elles se trouvent aux mains de personnes qui les « laissent en friche » pour les vendre ensuite. « Vous voyez ? Toutes ces terres qui ne servent à rien », montre Carpio, alors que nous roulons vers l’Est sur l’autoroute qui relie Ciudad Bolivar à Puerto Ordaz. « Nous, en tant que Commune, nous allons essayer de les défendre et de les mettre au service de la communauté ».

L’un des projets clé de cette stratégie est celui de l’usine de traitement d’aliment intégral, dont l’exécution se trouve paralysée, selon les travailleurs communaux, du fait de l’absence de réponse de certaines autorités impliquées dans l’octroi des permis. Parmi elles, le Ministère de l’environnement, qui tarde à approuver la déforestation de 15 hectares de terres sur lesquels portera le projet.

En même temps, on promeut une mécanisation croissante qui permettra de semer du maïs, du sorgho et du soja sur 3200 hectares, dans l’idée d’approvisionner l’usine en produits à traiter. Selon leurs estimations, la provision assurée de ces produits rendrait possible la production d’environ 2000 tonnes d’aliments équilibrés par mois, qui peuvent être destinés à engraisser le bétail, augmenter la production de viande et de lait produites. Considérant que l’un des obstacles pour l’augmentation de cette productivité est le manque de machines agricoles, on voit qu’il y a des situations bizarres dans la région. Robert Lopez est parlementaire du Conseil Communal Angosturita et montre avec fierté un tracteur passant la herse sur un terrain communal. La machine d’origine biélorusse, a été récupérée en août 2013. Elle était aux mains d’un grand propriétaire, cédée à celui-ci par un fonctionnaire de l’État national.

« Il y a une certaine peur de l’autogouvernement, même dans quelques secteurs gouvernementaux »

Cet exemple de contradiction entre les Communes et l’État en transition, et d’autres du même type, se succèdent dans les conversations. « Ici, on manque de soutien de la part des institutions », répète Vladimir. « Il y a des maires et des gouverneurs à qui le mot commune  écorche les oreilles, c’est une honte. Vous savez une chose ? Il y a une certaine peur de l’autogouvernement, même dans quelques secteurs gouvernementaux ».

Au fur et à mesure que nous nous rapprochons du fleuve, on voit des communautés plus pauvres. Là, on peut voir des habitations de fortune en roseaux et en terre qui abritent des familles de pêcheurs qui élèvent également des petits animaux et sèment quelques fruits. Jorge Caraballo est l’un des personnages référents de la communauté Los Negritos. En plus d’encourager les semailles de melon, pastèque et potiron, sa principale activité consiste à acheter et vendre du poisson. Le rayado, le dorado, le coro coro, le coporo, la palometa, le paisano, laguitarilla, le huara huara sont quelques-unes des espèces présentes dans l’Orénoque.
Jorge CaraballoPanapana-pezJesus-Caraballo2D’un naturel plutôt réservé, Caraballo cesse d’être bref en paroles lorsqu’il se met à parler du projet piscicole de la commune. Il ôte sa casquette et la remet alors qu’il détaille l’initiative. L’idée est de créer des lacs artificiels dans les zones au bon potentiel de pêche. On y mettra des espèces de poisson originaires de l’Orénoque.

Il s’enthousiasme également lorsqu’il pense à l’autre composante du projet. La proposition consiste à créer une Ecole de Formation Technique Agro écologique. Il précise : « Avec une formation révolutionnaire socialiste, car pour renforcer la Révolution, tu dois former des personnes sur la base de critères socialistes,  qui, lorsqu’ils s’en iront, porteront ce message ». Cependant, le projet se trouve également retardé pour des raisons bureaucratiques, ce qui l’irrite profondément,  de la même façon que toutes les décisions prises sans connaître la communauté et son environnement. « Malheureusement, nous avons des gens qui décident et qui n’acceptent pas des idées réalisables », commente-t-il, résigné pour le moment.

Plus de solidarité et plus d’équilibre

« Tu dois apprendre à vivre dans le socialisme », dit José Hernandez, porte-parole du conseil communal Ribera del tambor, pour expliquer sur la raison pour laquelle, selon lui, la formation idéologique manque de force, situation qui crée parfois des injustices, des tensions et des difficultés.

« C’est que nous sommes en train de construire une société différente de celle qui nous vient de la colonie » ajoute-t-il. « Qu’est-ce que cela signifie ? Renoncer aux vices et aux intrigues. Le socialisme c’est un autre truc. C’est : amour, égalité et respect ».

De même que d’autres travailleurs communaux, Hernandez se plaint du fait qu’il continue d’y avoir une grande quantité de déséquilibres dans la commune. Parmi eux, il mentionne le besoin de logements des communautés comme celles de Los Negritos ou Angostura Cruce de Bolivar. Actuellement, la commune construit 84 logements, mais aucun ne se trouve dans ces secteurs. « Nous demandons 116 autres logements pour répondre aux besoins les plus urgents de la communauté. ». Le transport et la santé sont d’autres projets prioritaires pour les communautés, dans des zones d’accès difficile. Dans ce dernier cas, on travaille pour qu’un module de Barrio Adentro (centre de santé public et gratuit) s’installe dans la zone.

Quant au transport, les habitants et habitantes des communes racontent que les moyens de transport qui circulent sur l’autoroute ne s’arrêtent pas au milieu de leur trajet. C’est pour cela que dans l’immédiat, ils sont contraints de gérer des unités de transport communal qui puissent représenter une alternative à ce problème récurrent et qui fait perdre un temps précieux aux membres des communautés.

Combattant(e)s de l’Orénoque

Emes-Sifonte-Emmes Ventura Sifontes est porte-parole du Conseil Paysan Fortaleza Revolucionaria. Né il y a 49 ans au bord du fleuve, il raconte que dans le secteur on aurait besoin d’un centre d’élevage de double dimension (viande et dérivés) pour lequel a été demandé un soutien initial qui permettrait d’acheter 25 têtes de bétail et de monter les installations pour une étable mécanisée, une fruitière et un abattoir.

On est jeudi matin et dans un moment se réunira de façon extraordinaire le Parlement communal. Alors que la conversation va bon train, nous attendons qu’arrive Yudith Mareno, porte-parole et parlementaire du Conseil communalAngostura Cruce de Bolivar ; c’est le secteur le plus éloigné de l’autoroute et par conséquent où l’on a le plus de problème pour se rendre aux réunions. Emes nous explique : en ce moment, le temps s’est arrêté. « Pour l’heure le processus n’a pas abouti ». « Très peu de gens ont pu en profiter ». Néanmoins, il considère que c’est une avancée que d’y participer, de faire part de ses questions et de construire une commune. Nous en sommes là lorsque Judith apparaît dans la campagne, une femme brune de 46 ans, au large sourire et pleine de détermination. Avec elle et plusieurs camarades, nous nous rendons au Parlement.

S’organiser pour tout ce qui manque

Un peu plus de 40 personnes sont réunies dans l’enceinte d’Oscar Mendoza. Parmi elles, onze femmes. Des chaises en bois et en fer sont disposées en demi-cercle dans le garage de la maison. A une extrémité, la table du Comité Exécutif. Derrière, une banderole où l’on peut lire : « Chavez, cœur de ma Patrie ». Un peu plus bas, une autre affiche, plus petite : « Maduro président, les travailleurs construisent le socialisme ». De l’autre côté, face à la table de l’exécutif, sont affichés au mur des dessins de réservoirs australiens et des connections pour le projet de pisciculture.  Ils constituent les preuves visibles du travail d’organisation qu’ils sont en train de réaliser aux côtés d’un ingénieur de Corpoelec (entreprise publique d’électricité) qui soutient le projet.panapana-4Des dizaines de sacs de ciment empilés témoignent des travaux d’avancement de la Grande Mission Logement.  L’assemblée extraordinaire du Parlement Communal est un moment intense. Un à un, les camarades demandent à figurer sur la liste de prise de parole ; parfois, des interruptions et des affrontements verbaux ont lieu. D’un côté, il y a de la colère face à certains secteurs de l’État, y compris au ministère des Communes, parce qu’ils font traîner inutilement certaines démarches. On mentionne tout spécialement le cas de Fundacomunal, à partir de l’intervention d’une camarade qui affirme qu’elle tente d’enregistrer son conseil communal depuis plus d’un an pour finir par se rallier à la commune selon les règles. Il y a une grande diversité d’opinions sur un sujet puis sur un autre : les projets socio-productifs, la relation politique avec le gouverneur et le maire et finalement, la possibilité d’incorporer de nouveaux conseils communaux qui jusqu’alors n’avaient aucune vie à Panapana socialiste, et même la méthode pour rendre les sessions plus opérationnelles. Dans ce cadre, la matinée passe vite tandis qu’on avance dans l’ordre du jour. Trois conseils communaux sont acceptés par le Parlement comme membres à part entière.JudithLors de la clôture, nous échangeons quelques propos avec Judith Moreno, la parlementaire d’Angostura Cruce de Bolivar, avant qu’elle ne reprenne son long retour chez elle. Yudith vous regarde droit dans les yeux et l’on ne peut douter du cœur qu’elle met dans ses paroles. « Pour moi, Chavez est vivant », répond-elle au sujet de l’absence-présence du Commandant. «  Chaque fois que je me lève et que je dois sortir dans la rue, je sens que mon président est là », dit-elle émue. Elle sait que la lutte est remplie de pièges, qu’arriver aux sessions de la commune fait partie des défis qu’il faut surmonter. Elle raconte que dans des occasions antérieures elle a dû éviter des couleuvres, des ours et des singes araguatos. Ce n’est pas une métaphore. « De chez moi à l’autoroute, je marche 9 kilomètres où il y a de tout », explique la porte-parole. Pour couper, elle doit faire une partie du chemin en traversant un fleuve avec de l’eau jusqu’à la poitrine. Sinon, comme pour cette fois, elle marche sur presque deux mille mètres pour qu’une petite embarcation- une curiara- la rapproche de la rive proche du champ d’Emes et de là, se remettre en chemin sur plusieurs kilomètres.  Au Parlement où il n’y a presque que des hommes, Yudith est une des exceptions qui sont en train de changer l’histoire. « Je suis la combattante qui se bouge, hein » ; je vais là où je dois aller avec mon guide devant », affirme-t-elle. D’une voix posée, elle explique les manques en matière de logement, de viabilité, de transport, d’eau potable, de santé. Ses attentes passent par l’apport de solution à cette dette historique qui a traversé toute sa vie, gouvernement après gouvernement. «  Voir à quel point ma communauté me donne la force de continuer tous les jours dans cette lutte », ajoute-t-elle. Aujourd’hui elle a un projet et elle souhaite le mener à bien avec les autres communautés. « Avec la Commune, on est en train de réaliser des choses qu’on avait jamais vues. »

Texte : Fernándo Vicente Prieto. Photos : Oscar Arrias

Source : http://www.mpcomunas.gob.ve/desde-bolivar-para-que-gobierne-el-pueblo/

Traduction : Sylvie Carrasco

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Mardi 19 août 2014 2 19 /08 /Août /2014 07:44

VENEZUELA : UN NOUVEAU MOMENT POLITIQUE

descargaPar Juan Manuel Karg, Licencié en Sciences Politiques et Master en Études Sociales Latino-Américaines UBA (Université de Buenos Aires), @jmkarg

On a beaucoup parlé au début de 2014 de la situation politique et sociale du Venezuela face aux violences qui visaient (une fois de plus) à déstabiliser le gouvernement de Nicolas Maduro (1). Ce plan, que ses dirigeants conservateurs avaient baptisé “la Sortie” (celle du président Maduro, NdT), connaît un destin paradoxal quelques mois plus tard avec la démission de Ramón Guillermo Aveledo, secrétaire général de la “Plate-forme d’Unité Démocratique” (MUD), principale organisation de la droite et d’opposition au gouvernement bolivarien. Quel moment politique vit le Venezuela ? Qu’a défini le récent congrès du Parti Socialiste Unifié du Venezuela (PSUV), parti au pouvoir ? Que va tenter à présent l’opposition à Maduro ?

 ______________

“Il parlaient de ´La Sortie´, et ce sont eux qui ont fini par sortir”, ironisait récemment Nicolás Maduro au cours de son programme radio et télévisé “En ligne avec Maduro”, à propos de la réalité politique de la droite vénézuélienne. A quoi faisait-il allusion ? A la démission de Ramón Guillermo Aveledo comme secrétaire général de la MUD, plate-forme qui a porté par deux fois la candidature présidentielle de Henrique Capriles. Selon Maduro, ce sont les secteurs d’extrême droite au sein de la MUD qui auraient poussé Aveledo vers la sortie à la suite de sa participation aux dialogues successifs impulsés par le gouvernement bolivarien après les violences de février et de mars.

L’opposante María Corina Machado, une des faces visibles de l’opération “Sortie” avec Leopoldo López (2) est en train d’organiser ce qu’elle appelle un “congrès citoyen” qui vise à construire, de nouveau, une force externe à la MUD. Machado représente l’aile dure et radicale de la droite vénézuélienne, qui ne veut faire aucune “concession” à Maduro. Son discours se base en priorité sur le thème de la sécurité, reléguant au second rang les thèmes de la structure productive du pays et de la participation populaire dans les prises de décisions.

Le récent IIIème Congrès du Parti Socialiste Uni du Venezuela (PSUV) a fait preuve d’une solidité croissante comme parti politique, se rassemblant derrière la figure de Nicolás Maduro par ailleurs élu président du parti. Oubliées les lettres de l’ex-ministre Giordani, copieusement relayées par les médias les plus conservateurs du pays dans le but de générer des fissures au sein du parti au pouvoir. Le PSUV a décidé lors de cette assemblée nationale de poursuivre le débat politique commencé il y a un an dans les près de 14 mille UBCH locales (Unités Bolívar Chávez). En outre, les documents émanant du Congrès soulignent que “le monde multi-centré, multipolaire, et l’union latino-américaine et caraïbe garantissent la paix et l’équilibre sur la planète”, font référence au récent sommet UNASUR-BRICS (3) qui s’est tenu au Brésil et indiquent la volonté du PSUV de renforcer ses liens avec d’autres partis au pouvoir dans les pays qui mènent des politiques post-néolibérales.

A présent les vénézuéliens assistent à l’approfondissement de la division de la droite, un phénomène qui n’est pas tout à fait nouveau : en février on pouvait noter clairement deux tendances face aux violences qui ont tenté de renverser le gouvernement Maduro. La situation semble aujourd’hui la même mais dans des proportions plus importantes : alors que Capriles annonce une tournée nationale en solo, Machado choisit de construire un “congrès citoyen” sans la MUD et Aveledo refuse d’expliquer les motifs de sa démission du secrétariat général. Bref, la droite est entrée dans une guerre d’egos et d’objectifs quant au futur du pays.

Sans doute, à l’heure d’écrire ces lignes, un des principaux défis qu’affronte le gouvernement est-il de mettre fin à la croissante spéculation économique impulsée par les grands groupes privés. Freiner cette politique – qui inclut des problèmes d’approvisionnement dans certains lieux et des hausses artificielles des prix – figure à l’agenda d’une droite de nouveau morcelée mais qui tentera par la voie économique ce qu’elle n‘a pu atteindre par la voie politique. Elle cherchera ainsi à saper la base sociale d’un gouvernement qui garde l’appui des majorités populaires, bénéficiaires de la plupart des politiques mises en oeuvre depuis son arrivée au pouvoir.

J-M. Karg, Caracas

Source : ALAI-AMLATINA, 18 août 2014, http://alainet.org/active/76267

Traduction : Thierry Deronne

Notes :

(1) Bien que 7 % seulement des personnes arrêtées pour meurtres ou violences étaient des étudiants et que cette opération partait des quartiers riches de Caracas ou de la frontière avec la Colombie, la plupart des journalistes occidentaux relayèrent la version des médias privés vénézuéliens : celle d’une¨révolte étudiante contre la vie chère¨ face à un ¨État répressif¨, faisant de la dirigeante d’extrême droite Maria Corina Machado une égérie de la ¨lutte pour la démocratie¨. Le président Rafael Correa avait déclaré : la vérité est que c’est le gouvernement légitime du Venezuela qui est persécuté, que Nicolas Maduro est un humaniste, qu’il ne serait jamais capable de réprimer son peuple, et qu’on tente de le déstabiliser”.

(2) Lire C’est l’heure d’anéantir Maduro, le reste tombera de son propre poids” : les visages du coup d’État” http://bit.ly/1mMdwCv

(3) Lire “Le BRICS, l’UNASUR et la CELAC dessinent une nouvelle carte du monde multipolaire, http://wp.me/p2ahp2-1yN

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Face à la contrebande massive qui est en partie à l’origine des pénuries actuelles au Venezuela, le gouvernement Maduro a lancé l'"Operación Centinela", conjointement avec le gouvernement de Juan Manuel Santos. Déployés à la frontière avec la Colombie, 18 mille soldats ont récupéré en quelques jours des milliers de tonnes et de litres de carburants, huiles, aliments, ciment, alcools, médicaments,  etc… Selon les estimations, ce vaste système mafieux qui a recours aux voies aérienne, fluviale et terrestre, nourrirait près de 10 millions de personnes en Colombie.

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Vendredi 15 août 2014 5 15 /08 /Août /2014 10:36

Le Venezuela est un pays fantastique

par Bernard Tornare 14 Août 2014, 21:36

Le Venezuela est un pays fantastique

 

La fusion si rare d'un homme et d'un peuple. En 2009 à Copenhague, Chávez déclare: Si le climat était une banque, les pays riches l'auraient déjà sauvé. Difficile de résumer mieux la politique occidentale depuis un siècle...

Le Venezuela possède le 3e PIB sud américain mais cette valeur ne reflète pas le poids réel d'un pays, son influence culturelle et politique, d'autant qu'en revenu par habitant il est désormais au niveau du Brésil et du Mexique. Malgré les critiques permanentes des médias occidentaux hostiles à son ex-dirigeant Hugo Chávez, le pays revient pourtant de loin et il faut avoir été sur place, connaître aussi les pays voisins pour constater avec admiration (le mot n'est pas trop fort) le chemin parcouru.

Avant Chávez, le Venezuela vit dans un univers colonial avec ses excès, des grands propriétaires s'accordant tous les droits, avec encore des milices armées matant, en toute impunité, une population exploitée dans le cadre d'un pillage en règle du pays. Cet anachronisme au service d'une élite locale totalement américanisée et organisant l'exportation des ressources sans la moindre préoccupation du développement du pays est encore le rêve de certains dans les deux régions urbaines sous contrôle de l'opposition. N'imaginez pas que je caricature, car il y a quelques années, on voyait encore, comme en Inde, des vieillards mourir de faim dans la rue. Il s'agit donc après la disparition de l'icône Chávez, homme qui avait su réaliser un sage syncrétisme de nationalisme, de christianisme, de marxisme, en harmonie charnelle avec la population, d'un défi de taille pour son bras droit et successeur.

Nicolás Maduro Moros est élu, certes, mais avec 50,62 % des voix seulement face à la formidable machine médiatique, électorale d'une opposition impatiente de retrouver ses privilèges et qui disposes des moyens illimités du grand frère américain. Des moyens légaux mais aussi ceux autorisés par le terrorisme et la mafia qui est, malgré les années, toujours très présente au sein de la société car largement constituée des bandes qui hier au service des compagnies privées ne se sont pas empressées de chercher un emploi plus légal mais moins lucratif.

Hugo Chávez sur lequel on vous demandera souvent votre avis si vous traversez le pays fut président du Venezuela de février 1999 à sa mort en mars 2013. Il a remporté toutes les élections avec 60 % des voix environ depuis celle qui l'a porté au pouvoir. Ces élections ont été unanimement reconnues comme un processus transparent, équitable, démocratique par l'Organisation des États américains, l’Union européenne, l’Association des juristes latino-américains et la Fondation Carter. Si le fait de critiquer ne vous attirera pas d'ennuis, il pourra vous entrainer dans des discussions interminables avec une population passionnée par la politique et qui entend en parler haut et fort ce qui est rare en Amérique du Sud où, souvenir des dictatures oblige, on est souvent discret à ce sujet.

Quelque soit votre avis, vous pourrez toujours vous en sortir en constatant des réussites impossible à nier dans le domaine éducatif ou dans celui de la santé très inspiré du modèle cubain cité en exemple chaque année par l'OMS et l'ONU. Autre succès local, la disparition de la lourde dette qui, il y a 15 ans, absorbait 50 % du budget national avec son remboursement et les intérêts. Elle est depuis longtemps payée. Le français se fera tout petit connaissant la pitoyable et criminelle soumission de son propre pays en ce domaine.

Avec fierté le Venezuela a aussi quitté le FMI et la Banque mondiale le 30 avril 2007 après avoir remboursé dès cette dette remboursé en totalité. Un atout qui laisse entrevoir un avenir productif au sein des BRICS à moyen terme.

A partir de 2007, Chávez a demandé puis obtenu des pouvoirs spéciaux qui grâce à une loi d'habilitation révolutionnaire permettant le gouvernement par décrets. Ces pouvoirs spéciaux sont limités à des opérations à caractère social dont la réforme agraire (récupération et distribution de toutes les terres non ou mal exploitées à des coopératives) et à la reprise par achats des services publics et industries stratégiques largement privatisées dans les dernières décennies auprès d'amis du pouvoir ou de compagnies étrangères (électricité, eaux, télécommunications, industrie pétrolière et minière : fer, aluminium or et diamants). Cette politique (on notera qu'elle est strictement l'inverse de la politique de l'Union Européenne encouragée par le FMI qui ruine l'Europe tout en faisant exploser le chômage et s'effondrer le pouvoir d'achat des ménages). L'avenir nous dira si la souveraineté du Venezuela résistera aux terribles pressions extérieures.

Ce billet est l'extrait de la partie politique de l'article Venezuela, Salto Angel en panorama 360° du site http://www.upgrade-pc.fr/

 

Avec ses centaines de kilomètres de plages paradisiaques, des fonds marins préservés, ses réserves en pétrole équivalente à celles de l'Arabie Saoudite, sa faune, sa richesse culturelle, le Venezuela est la proie rêvée de tous les prédateurs.

 

Avec ses centaines de kilomètres de plages paradisiaques, des fonds marins préservés, ses réserves en pétrole équivalente à celles de l'Arabie Saoudite, sa faune, sa richesse culturelle, le Venezuela est la proie rêvée de tous les prédateurs.

 

 

Le Venezuela a aussi son opposition qui contrôle 2 régions. Militante d'un capitalisme populaire mâtiné de trotskysme (décidément), de communautarisme, Maria Corina Machado amie du Président Bush, divorcée, elle a trois enfants qui font leurs études... aux États-Unis. "Nous sommes du bon côté de l'histoire" aime t-elle à dire. Apparemment, les urnes vénézuéliennes et bien des populations sur la planète ne semblent pas du même avis.

 

 

Le Venezuela a aussi son opposition qui contrôle 2 régions. Militante d'un capitalisme populaire mâtiné de trotskysme (décidément), de communautarisme, Maria Corina Machado amie du Président Bush, divorcée, elle a trois enfants qui font leurs études... aux États-Unis. "Nous sommes du bon côté de l'histoire" aime t-elle à dire. Apparemment, les urnes vénézuéliennes et bien des populations sur la planète ne semblent pas du même avis.

 

 

Le 6e sommet des BRICS été 2014 avec Nicolas Maduros qui persiste dans le renforcement des liens CELAC-UNASUR-BRICS (pays sud-américains et Caraïbes) annonce l'émergence pacifique d'un monde multipolaire qui pourrait entrainer rapidement la mort du dollar et des ambitions planétaires américaines d'où une certaine fébrilité en Ukraine et en Irak.

 

 

Le 6e sommet des BRICS été 2014 avec Nicolas Maduros qui persiste dans le renforcement des liens CELAC-UNASUR-BRICS (pays sud-américains et Caraïbes) annonce l'émergence pacifique d'un monde multipolaire qui pourrait entrainer rapidement la mort du dollar et des ambitions planétaires américaines d'où une certaine fébrilité en Ukraine et en Irak.

 

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