Europe

Vendredi 12 décembre 2014 5 12 /12 /Déc /2014 16:09
L’UE ?… cauchemar de ses citoyens !

Comment en est-on arrivé à la situation de désamour de plus en plus évident entre l’UE et ses citoyens ?

Face à l’ampleur croissante du rejet, n’importe quel responsable avisé de quelque entreprise que ce soit se poserait la question. Mais, les fonctionnaires autistes et surpayés de cette incompréhensible et ennuyeuse machine qu’est devenue l’UE, vivent dans leur bulle, sans même voir que celle-ci menace de plus en plus de leur éclater au visage et d’y entraîner les peuples qu’ils prétendent mener.

La faute à qui ? Certainement pas aux populations qui ont « subi » cette Europe mise en place par une pléthore de technocrates plus soucieux de leurs prérogatives et de leurs privilèges que d’accomplir ce qui était l’objectif initial d’un rapprochement des nations et des peuples européens entre eux. Salaires injustifiés, impôts minimes ou inexistants, avantages multiples, les fonctionnaires européens n’ont eu de cesse de s’octroyer quantité d’avantages incompréhensibles et infondés pour la plupart des habitants de l’Union.

Et n’allez pas croire que vu la taille des hémicycles et le nombre de fourmis qui y siègent l’on s’acharne à la besogne. Non ! Il s’agit plutôt d’une ambiance de cigale où chacun vient selon son humeur, se distraire, s’ennuyer et se diluer dans la masse anonyme de tous ces fonctionnaires improductifs, vivant largement sur le dos des populations européennes qui elles, ont de plus en plus de mal à nouer les deux bouts !

Pour exemple : le gaspillage éhonté qu’entraîne chaque mois depuis des dizaines d’années (!) la valse de ces technocrates contraints de se taper Strasbourg avec la noria de camions chargés de leurs dossiers pour quelques jours de cession… parce que la France en est encore à des prétentions d’un autre âge ! « Restrictions budgétaires», « économies », « restructurations », « écologie », répètent-ils à l’envi ?… oui, pour les autres, comme toujours !

Les dossiers de discorde entre les populations et cette technocratie omnipotente sont nombreux : privatisation des services ; dumping social par une concurrence faussée de la part de pays à bas salaires ; marchandisation des individus ; ouverture aveugle des frontières à des pays où sévissent des pratiques mafieuses ; politique extérieure erronée dans nombre de cas (Palestine, Libye, Syrie, Ukraine,…) et frappée d’injustices évidentes ; politique fiscale inéquitable ; politique énergétique disparate et illisible ; politique migratoire désastreuse ; choix écologiques timides face aux défis majeurs qui menacent les équilibres de la planète ; financiarisation de l’économie, … et j’en passe!

Sans parler de la malencontreuse décision d’établir une monnaie unique dans des pays qui n’étaient manifestement pas prêts à y participer.

Voilà le sinistre tableau qui fait qu’aujourd’hui des citoyens de plus en plus nombreux de pays voisins se dressent les uns contre les autres. Une partie des peuples de Grèce, d’Espagne, du Portugal, d’Italie et d’autres… en veut à l’Allemagne pour son intransigeance à imposer «les critères de convergence » jugés trop sévères, achevant ainsi les plus précaires qui étaient déjà à genoux… Loin d’un sentiment de solidarité, l’on assiste à un repli sur soi et à la tentation de s’isoler des autres… Belle réussite !

Et que dire des nababs qui président à la BCE (Banque centrale européenne) où l’on a d’abord aperçu l’hirsute néerlandais W. Duisenberg et son autisme profond ; auquel a succédé le pédant français J-Cl. Trichet champion des décisions ineptes face aux marchés ; pour se farcir aujourd’hui l’indécis M. Draghi qui en-dehors d’avertissements répétés ne parvient pas à prendre les mesures que la situation économique catastrophique de l’UE exige pourtant…

En est-il un parmi eux qui est sommé de s’expliquer ou rendre des comptes de ses erreurs !? Nullement… Pareil pour les Solana, Ashton, Van Rompuy, Barroso and c°… champions de la figuration, des poignées de mains, du parler pour ne rien dire !

Dernier parvenu dans cette tragi-comédie européenne qui décidément rate ses virages à chaque coup, J-Cl. Juncker, nouveau président de la Commission, bel exemple de probité d’un 1er Ministre luxembourgeois dont le pays a pratiqué pendant des décennies l’évasion fiscale à grande échelle et défenseur farouche du secret bancaire… Ceux-là, non élus par la population, ne sont donc pas tenus pour responsables de leurs actes qui influent pourtant sur le quotidien de plus de centaines de millions d’individus. « Démocratie », disiez-vous !? Cherchez l’erreur!…

Malgré ce piètre constat, quand il est demandé de se prononcer sur leur désir d’Europe, une majorité de citoyens continue à en vouloir l’avènement. Comprenant  que dans la marche globalisée du monde, il est sans doute plus utile de s’unir que de se diviser. De créer des ponts plutôt que des murs. Mais en revanche, pas dans le cadre de ce qui leur est proposé par les autorités en place. Et c’est là que le bât blesse : les fonctionnaires européens sont archi mal perçus – avec raison – par la population. Les décisions prises, les décrets arrêtés, les directives entérinées, les traités ordonnés contre l’avis des citoyens – quand ce n’est pas dans leur dos ! – ne  font qu’éloigner ces derniers lentement mais sûrement des autorités qui les leur imposent. Et au lieu de s’interroger sur les raisons de cet écart préjudiciable à l’avenir même de l’Europe, celles-ci s’entêtent et poursuivent obstinément dans leur manière d’agir en lieu et place de se remettre en question. Et ainsi, année après année, ce qui devait tendre à réunir les peuples finit par les diviser.

A vrai dire, et comme toujours dès qu’il s’agit de responsabilités politiques, il y a une énorme carence pédagogique de la part des cadres des institutions européennes à l’égard des populations. Après des décennies de Marché commun, puis de CEE (Communauté  économique européenne) et maintenant d’UE (Union Européenne), faites donc l’expérience d’un micro-trottoir à propos des institutions européennes et écoutez ce que les citoyens en disent. Vous verrez rapidement que seule une infime minorité peut en expliquer les rouages sommaires.

Même à Bruxelles où l’Europe a établi ses quartiers, la population dans son écrasante majorité, ne comprend rien à rien à ces institutions complexes pour ne pas dire confuses. Avec pour résultat que l’UE se construit sans son principal acteur, à savoir, la population européenne elle-même ! Ou en d’autres mots, l’on a mis en place une gigantesque machine technocratique, en oubliant d’y insuffler le minimum d’âme indispensable à la rendre humaine, accessible et appréciable par ses concitoyens, principaux concernés par cet énorme projet…

Dès lors, comment ne pas penser que sauf changement radical, l’avenir de cette titanesque et invraisemblable machinerie est compromis ? Et que s’il survenait quelques pépins supplémentaires dans son actuelle élaboration, un effondrement de cet ensemble fragilisé par ceux-là mêmes qui en ont la charge n’est plus du domaine d’un mauvais rêve, mais au contraire, semble séduire de plus en plus de citoyens européens, lassés par tant de gabegies et d’incompétences…
Jusqu’au sein des institutions elles-mêmes où croissent les « euro-sceptiques » le plus souvent de droite pour ne pas dire d’extrême-droite… Ce qui augure de lendemains bien éloignés des chants promis, mais plus proches de cauchemars que l’on pensait sans doute de manière naïve, appartenir définitivement au passé…

Daniel Vanhove
Source : Mondialisation.ca

Source: Sites web

12-12-2014 - 16:54 Dernière mise à jour 12-12-2014 - 16:54

 


http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=207887&cid=19&fromval=1&frid=19&seccatid=40&s1=1

Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
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Mardi 9 décembre 2014 2 09 /12 /Déc /2014 13:07
1 million de citoyens contre le TAFTA, la Commission jette la pétition à la poubelle : « Stop TAFTA », c'est d'abord « Stop UE » !

tafta.png 1 million de citoyens contre le TAFTA, la Commission jette la pétition à la poubelle : « Stop TAFTA », c'est d'abord « Stop UE » !

 

Article MA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Ce 4 décembre, le collectif européen « Stop TAFTA » annonce fièrement qu'il a mobilisé 1 million de signatures. En vain, la Commission ne reconnaît pas cette « Initiative citoyenne européenne ». Les dernières illusions sur la démocratisation de l'Europe volent en éclats.

 

Il faut lire la presse belge, le Soir, pour avoir des nouvelles d'une pétition signée par 1 million de citoyens, de 21 pays différents, contre le Traité de libre-échange trans-atlantique (le TAFTA en anglais), qui devrait ouvrir une nouvelle phase de libéralisation des marchés intérieurs.

 

Cette pétition devait être livrée au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, pour ses 60 ans. Elle ne l'empêchera pas de dormir.

 

L'ICE, le cache-sexe démocratique du Traité Constitutionnel de 2005

 

314 organisations issues pour l'essentiel de la gauche alter-mondialiste européenne se sont mobilisés depuis septembre pour obtenir les signatures. ATTAC est au coeur du projet, mais on y retrouve aussi les Verts, le PGE (Parti de la gauche européenne) et Die Linke.

 

Ces organisations alter-européistes ont voulu jouer la carte légale, utiliser l'outil démocratique de l' « Initiative citoyenne européenne » (ICE) tant vantée par les partisans du « Oui » lors du débat sur le Traité constitutionnel de 2005, intégrée finalement au Traité de Lisbonne.

 

Selon l'ICE, une pétition signée par 1 million de citoyens, venant d'1/4 des pays membres peut être déposée à la Commission européenne. Libre à elle de l'accepter d'abord, de le ré-élaborer éventuellement, et le cas échéant de le transposer en législation. Cela fait beaucoup de « si ».

 

Une initiative populaire bafouée par une institution anti-démocratique :

quel crédit démocratique y donner ?

 

C'est un paradoxe qu'on puisse trouver dans un article de Bernard Cassen (« Un déficit démocratique persistant » – figure tutélaire d'ATTAC – les raisons qui expliquaient en 2005 pourquoi l'ICE était un leurre, apportant une légitimité démocratique à une UE anti-démocratique. Le meilleur argumentaire à opposer à l'erreur politique de ses amis d'ATTAC, dix ans après.

 

L'acceptation de ces pétitions étant soumis au bon vouloir de sa Majesté Commission européenne, elle apporte des conditions de recevabilité d'une rigueur relative : (1) que la proposition ne soit pas en dehors des attributions de la Commission ; (2) qu'elle ne soit pas « manifestement abusive, fantaisiste, vexatoire » ; (3) qu'elle ne soit pas contraire aux valeurs de l'Union européenne.

 

La Commission a combiné ces motifs pour refuser dès le 11 septembre d'apporter le moindre crédit cette « Initiative citoyenne européenne », sous prétexte officiel que cette pétition est légalement irrecevable car ne concernant pas un acte légal mais un processus de négociation interne à l'UE.

 

Une justification peut-être foireuse, qui a emmené les organisateurs à s'entêter. D'une part, en apportant du crédit à la Cour de justice européenne pour déjuger la Commission. D'autre part, en persistant par une « Initiative citoyenne européenne » auto-organisée !

 

Les institutions de l'Union européenne affichent leur mépris pour la démocratie, leur hypocrisie. Ces organisations de gauche ne trouvent rien de mieux qu'à tenter de leur repeindre à tout prix son vernis démocratique craquelé, sur une UE de plus en plus nue.

 

Ce n'est pas la première pétition que la Commission jette à la poubelle

 

Peine perdue, selon le Soir, la Commission a confirmé qu'elle ne recevait pas l'Initiative citoyenne européenne. Frustrant.

 

Mais le résultat des premières ICE ne laissait pourtant aucune illusion, outre le fait qu'elle ouvre la voie, vu le rapport de forces idéologique actuel, aux propositions les plus réactionnaires. Comme le modèle suisse nous l'apprend.

 

Ainsi, la pétition contre la recherche sur les embryons humains (« Un de nous ») avait mobilisé près de 2 million de citoyens. Elle a été purement et simplement rejetée en mai 2014.

 

La pétition pour un « droit à l'eau » a connu un sort différent, elle aussi paraphée par 2 million de citoyens. La Commission l'a reçue, et y a répondu en mars 2014, en noyant le poisson.

 

Elle partage les préoccupations des pétitionnaires, rappelle l'importance de l'eau (sic) mais ne propose aucun enregistrement juridique du « droit à l'eau », ni aucun engagement sur une future libéralisation des services de l'eau, ni son exclusion du TAFTA. Une farce.

 

Porter une analyse critique sur le TAFTA et sur l'UE

 

On ne peut pas dire que les partis de gauche, y compris certains partis communistes dont le PCF, n'aient pas nourri de graves illusions à ce sujet.

 

Sous l'égide du PGE, une pétition avait été lancée à l'été 2012 pour une « banque publique européenne axée sur le développement social, écologique et solidaire ». La Commission l'avait tout bonnement refusée. Une fois c'est une erreur, la deuxième fois c'est un choix.

 

La question même de l'analyse politique juste que nous devons avoir du TAFTA reste ouverte. On ne peut que s'y opposer, comme instrument de concentration monopolistique privée, de libéralisation-privatisation des marchés, de constitution d'un bloc impérialiste occidental unifié.

 

Mais on sent le prétexte utilisé par nos propres dirigeants, français et européens, pour justifier de nouvelles directives de libéralisation cassant les monopoles publics, d'extorsion de fonds publics par les entreprises privées, de poursuite d'une politique de casse sociale au nom de la compétitivité.

 

En cela, le TAFTA représente une nouvelle phase de ce processus capitalistique, de privatisation, paupérisation, exploitation, dont le coeur reste l'Union européenne du Capital qui depuis six décennies a déjà fait l'essentiel de la politique qui bride toute alternative.

 

Le marché commun libéralisé, politique commune de casse de l'agriculture (PAC) et de l'industrie lourde (CECA), directives de libéralisation, monnaie unique permettant d'imposer la même politique d'austérité partout : Voilà l'ennemi.

 

Un traité de libre-échange peut accentuer un processus de libéralisation de marchés, de paupérisation d'un territoire, de mise sous (inter-)dépendance d'une région. Seule une construction politique comme l'UE peut poser les bases d'une structure capable d'imposer une politique commune du capital financier européen contre les peuples.

 

Il n'y a plus le moindre crédit à apporter à cette Union européenne, en particulier dans son volet démocratique et social, tant vanté dans ses textes de référence, brandi par les illusionnistes de l'européisme de gauche, qu'on retrouve jusque dans le PGE et la CES.

 

Si on veut rejetter le Traité de libre-écchange trans-atlantique, il faut rejeter cette gigantesque zone de libre-échange – nous imposant d'autres contraintes politiques, économiques plus drastiques – qu'est l'UE. Stop TAFTA, c'est donc d'abord STOP UE !

Mardi 9 décembre 2014
Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
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Dimanche 7 décembre 2014 7 07 /12 /Déc /2014 08:41

Felipe-Gonzalez---Pablo-Iglesias.jpg'Ils disent Venezuela, on dit Suède'. Le virage social-démocrate de Podemos : copier le PS de 1982 pour être le PS de demain ?

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Combien faut-il à Podemos pour Podemos abjurer? En moins d'une année, la formation qui peut mais ne sait ce qu'elle veut a affirmé sa volonté : être le PSOE de demain. C'est ce qu'affirme son leader Pablo Iglesias, ce que confirme le nouveau programme du parti.

 

27,7 %. C'est le sondage de novembre pour Podemos. Vertige du pouvoir. De quoi revenir en quelques semaines sur certaines prétentions au changement radical. Mais qu'y a-t-il à renier ?

 

L'idéologie du possibilisme (Podemos, yes we can!), ce programme du « Vous verrez quand on gagnera ! » (Veremos quando venceremos!), représente un vide idéologique fait mouvement politique.

 

Un mélange composite de jeunisme, de rejet de la politique traditionnelle, de mouvement d'intellectuels universitaires parlant aux intellectuels déclassés, de spontanéisme dévoyé, d'alter-européisme plein de bons sentiments doit grandir, vite. Il doit devenir un parti de pouvoir, déjà.

 

Le programme des élections européennes ne proposait rien de révolutionnaire. Ambigu en parole, opposé de fait aux nationalisations (parlant de « contrôle public »), prônant le maintien dans l'euro, silencieux sur la réappropriation des terres ou des logements, Podemos n'a pas promis le Pérou.

 

Renoncements sur la nationalisation des banques, la retraite à 60 ans, la dette ...

 

Pourtant, le programme publié cette semaine, défendu par les économistes réformistes Juan Torres et Vicenç Navarro, intitulé un « Projet économique pour les gens » marque un tournant social-démocrate assumé. Quatre points marquent un recul par rapport aux élections européennes.

 

1 – Abandon de toute nationalisation du secteur bancaire. Pas réaliste. Podemos propose de réformer l'Institut de Crédit Officiel (ICO) pour recevoir des « prêts du BCE dans les mêmes conditions que la banques privées, pour assurer des crédits aux familles qui en ont besoin ».

 

2 – Abandon de la « retraite à 60 ans ». C'était le marqueur identitaire de la gauche espagnole. Adieu. Podemos trouve plus réaliste de demander l'abaissement à 65 ans de l'âge de départ à la retraite. 65 ans, c'est la retraite pour les morts comme disait Guesde, en 1910 comme en 2014.

 

3 – Abandon du « revenu minimal universel ». Cette revendication importée de la social-démocratie nordique, même Podemos n'y croit plus. Elle l'a abandonnée dans son nouveau programme préférant parler de programmes d' « aides » à toute personne sans revenu. On n'est pas loin du RMI ou RSA qu'on connaît en France.

 

4 – Abandon du refus de payer la dette. Il était déjà bien partiel dans le programme initial, ambigu avec le refus de payer la dette dite illégitime. Désormais, le programme parle de restructuration négociée de la dette, ce qui nécessite de « restaurer la stabilité politique ».

 

Et sur le reste ? Toujours aucune nationalisation, le maintien dans l'euro et on promet un « droit à l'alimentation », des « garanties pour le logement », une « réforme fiscale » progressiste, les 35 heures mais aussi la ré-orientation de la BCE, des plans d'investissement européens.

 

Des vœux pieux, des droits vides, des réformes ambigues mais une certitude : il faut toujours plus d'intégration européenne !

 

Iglesias, le Suédois : « on est Européens, on regarde vers le nord de l'Europe »

 

Pablo Iglesias, le leader de Podemos, assume tout à fait. Il le répète ses derniers jours : son inspiration est social-démocrate, son programme doit pouvoir être adopté par n'importe quel social-démocrate. « On s'adresse à la majorité sociale », répète le leader de Podemos.

 

Interrogé pour savoir s'il voulait importer le modèle du Vénézuela, ou des processus de transformation d'Amérique latine, Iglesias a répondu : « Vous me dites Venezuela, moi, je vous dis Suède ».

 

Il ajoute : « Nous sommes européens, notre modèle se trouve dans le nord de l'Europe », il se justifie : « en Europe du nord, 1 personne sur 4 travaille dans l'économie sociale, contre 1 sur 10 en Espagne. Voilà notre modèle ».

 

Étonnant quand on sait que l'Etat-providence suédois a été largement démantelé depuis les années 1990, que le Danemark est le paradis de la « flexsécurité ». Passons.

 

Le secrétaire des Relations avec la Société civile (sic), Rafael Mayoral explique : « Le problème c'est que notre programme fait peur aux gens ».Mais de quels gens parle-t-on : les damnés de la terre sans pain ou les grands (patrons) d'Espagne ?

 

Pour le PSOE, « ils copient notre programme » ! De 1982 ou de 2014 ?

 

Les analystes politiques perçoivent dans la stratégique politique de Podemos, une tactique électorale bien rodée visant au dépassement (sorpasso) du PSOE.

 

Ironie de l'histoire, la ligne électoraliste tentée, ratée par le communiste Julio Anguita à la tête d'Izquierda Unida dans les années 1990 – qui a peut-être achevé ce qu'il restait dans la société du Parti communiste – est en passe d'être réussie par la force qui pourrait être le fossoyeur d'IU.

 

Iglesias ne le cache pas. La direction du PSOE peste contre Podemos qu'elle accuse, non sans raisons, d' « opportunisme idéologique ».

 

Le secrétaire du PSOE, Pedro Sanchez, ironise sur Podemos qui a commencé en lien avec la « gauche anti-capitaliste », puis s'est positionné « ni droite, ni gauche », enfin se plaçant dans la « tradition social-démocrate des pays nordiques ».

 

Pedro Sanchez « se réjouit que Podemos reconnaisse la social-démocratie comme la formule pour sortir de la crise » mais il demande : « quelle est vraiment leur position idéologique ? ».

 

Sanchez note que Podemos pousse certains réformes un cran plus loin – sur les 35 heures, la retraite à 65 ans – mais que sur le fond, il n'a fait que copier les propositions du PSOE : sur le droit à l'alimentation, ou une banque publique capable de recevoir les fonds de la BCE.

 

Une copie du programme de 2014 du PSOE, sur sa gauche, oui, sans doute. Mais encore plus une copie, sur sa droite, du programme du PSOE du 1982 intitulé « Pour le changement ».

 

Le PSOE de Felipe Gonzalez y proposait alors la nationalisation des banques, un plan de relance par l'investissement public, l'abaissement de la retraite à 64 ans, la semaine de travail de 40 puis 35 h, la hausse des salaires, l'auto-gestion dans les entreprises.

 

On voit combien le Podemos de 2014, c'est un pas en avant face au programme du PSOE de 2014, mais bien deux pas en arrière face à celui de Felipe Gonzalez en 1982.

 

Podemos vs IU ? « On ne veut pas être marqué à gauche, on veut être au centre »

 

Et les alliances avec la formation de gauche Izquierda Unida – sous hégémonie relative du Parti communiste –, c'est une fin de non-recevoir pour Pablo Iglesias. Ce qui s'envisageait quand IU était à 10 % et Podemos à 8 %, est balayé quand Podemos est donné à 27 % et IU à 3 %.

 

L'exécutif du Parti a refusé toute coalition avec IU aux prochaines élections municipales sous l'étiquette « Ganemos » (Gagnons). Sa motivation principale : éviter d'être étiquetée comme une force de gauche.

 

Le Conseil citoyen précise : « on ne cherche pas à se positionner à la gauche de l'échiquier politique, mais bien au centre » et conclut : « Il nous faut être très prudents, mais aussi conscients de notre position centrale ».

 

Cela a le mérite de clarifier le discours « ni droite ni gauche ». Dans ce galimatias, une phrase de Rafael Mayoral fait mouche et fait mal : « Notre objectif à nous, ce n'est pas de devenir une soupe de sigles ».

 

La pique vise Izquierda Unida, dont la résurgence électorale fut brève, presque un feu de paille, embourbée depuis deux décennies dans les combinaisons électorales à géométrie variable, les constructions organisationnelles alambiquées.

 

 

Le peuple espagnol attend des alternatives à la politique du désastre social imposée par sa classe dirigeante corrompue, par l'Union européenne du capital. Cette alternative n'est clairement pas Podemos, machine à forger les désillusions futures.

 

Dimanche 7 décembre 2014

Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
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Samedi 29 novembre 2014 6 29 /11 /Nov /2014 22:07

L'UE hostile à la normalisation de la situation en Ukraine (ministre indépendantiste)

Dossier: Situation explosive dans l'est de l'Ukraine

Situation dans l'est de l' Ukraine
18:40 29/11/2014
DONETSK, 29 novembre - RIA Novosti

La décision de l'UE de sanctionner certains dirigeants politiques des républiques populaires de Donetsk (DNR) et de Lougansk (LNR) atteste que l'Europe n'a pas intérêt à voir la situation dans l'est de l'Ukraine se normaliser, a déclaré samedi à RIA Novosti le ministre des Affaires étrangères de la DNR Alexandre Kofman.

"Le fait qu'ils imposent des sanctions contre une personne dont le travail consiste à normaliser les relations avec le monde entier, y compris avec l'Europe, atteste que l'Union européenne ne souhaite pas cette normalisation", a indiqué M. Kofman.

Le Journal Officiel de l'Union européenne a publié samedi une nouvelle liste de personnes visées par les sanctions de l'UE. La liste comprend les candidats ayant brigué les postes de présidents et de députés lors des élections du 2 novembre en DNR et en LNR.

Les intéressés seront désormais interdits de séjour dans les pays de l'UE, et leurs avoirs dans ces pays seront gelés.

 

Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
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Jeudi 27 novembre 2014 4 27 /11 /Nov /2014 10:57
Erwan Castel
Erwan Castel 27 novembre 08:13
AVEU D’ÉCHEC DE L'UNION EUROPÉENNE ?

Le Président du Conseil Européen, Herman Von Rompuy qui s’apprête a passer le fouet à Daniel Tusk, vient de reconnaitre la gravité exceptionnelle de la crise ukrainienne et son bilan meurtrier effroyable !

Dans un discours à l'Institut des Etudes Politiques de Paris, ce laquais étasunien a admis, mais un peu tard que la fédéralisation était la solution pour régler la crise et que l'Ukraine devait maintenir des relations avec la Russie !

Donc, après 6 mois de massacres le Président de l'Union Européenne reconnait à demi mots la pertinence et la légitimité de la demande initiale de référendum pour une fédéralisation exprimée par le Sud Est ukrainien après le renversement du gouvernement Ianoukovitch !
Mais dans son cynisme méprisant cet homme s'est bien gardé d'analyser les responsabilités dans cette hécatombe qui a commencé après le coup d'état du Maïdan par le refus meurtrier de Kiev d'une fédéralisation logique du pays.

En tenant ce discours ambigu où la culpabilité perce sous l'aveu d'échec, ce complice de crimes de guerre cherche peut-être à laver ses mains du sang des innocents bombardés par Kiev avec la collaboration de l'Union Européenne dont il est le Président...

C'est peine perdue car désormais la vérité est en route et bientôt les Hommes jugeront l'infâme Van Rompuy pour la crise qu'il a déclenché avec ses amis ploutocrates et les crimes qu'il a soutenu et couvert...

Une place d'honneur sur le banc des accusés et une corde bien tressée lui sont d'ores et déjà réservées au prochain tribunal de Nuremberg...

"Accusé levez-vous !"

Erwan Castel
Herman Van Rompuy advises Kiev to steer toward federalization
en.ukraina.ru
Ukraina.ru – a resource for news and analysis
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Jeudi 27 novembre 2014 4 27 /11 /Nov /2014 09:16

20141130_votations_02.jpgHalte aux privilèges fiscaux des multimillionnaires !

Communiqué du Parti suisse du travail (PST). Repris, avec une introduction, par http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/ *



Nous publions ci-dessous la position des communistes suisses sur un des trois sujets soumis à votation, l'initiative populaire du 30 novembre : le maintien ou non des privilèges fiscaux exorbitants pour les riches étrangers.



Une évasion fiscale qui pénalise lourdement les pays frontaliers – en premier lieu la France – et qui scandalise de plus en plus les citoyens Suisses, qui doivent payer l'intégralité de leurs impôts là où des millionnaires français, européens sont exonérés de l'essentiel de ce devoir.



france-suisse.jpgAprès la finale de la Coupe Davis remportée par la Suisse … contre les Français de Suisse, sanctionnant la victoire de l'exil fiscal, le résultat de ce référendum – qui suscite l'inquiétude des milieux financiers suisses, comme des patrons français exilés de l'autre côté du lac Léman – ne nous est pas indifférent.



Alors que le « Oui » à la fin des privilèges fiscaux avaient la tête dans les sondages, la propagande médiatique semble faire son effet. A l'heure actuelle, 42 % des Suisses voteraient Oui, 46 % Non, 12 % restent indécis. Rien n'est joué (Note du site).



« Selon l’art. 14 de la Loi fédérale sur l’Impôt fédéral direct, les forfaits fiscaux autorisent les personnes physiques qui ne sont pas ressortissants helvétiques et qui n’exercent pas d’activité lucrative en Suisse à se faire imposer sur leurs dépenses et non sur leurs revenus ou leur fortune. Dans les faits, cela signifie que ces multimillionnaires marchandent leur participation fiscale avec les autorités. Il s’agit d’une injustice révoltante face aux travailleurs qui, eux, sont imposés jusqu’au dernier franc.



S’ils n’ont officiellement pas d’activité lucrative en Suisse, ces multimillionnaires peuvent profiter de cette imposition à forfait. Le montant forfaitaire calculé par l’administration représente en règle générale cinq fois la valeur locative du logement des bénéficiaires. La plus grande opacité règne dans ce domaine ; il est impossible d’obtenir le moindre renseignement de l’administration sur le nombre de forfaits accordés ni leur montant. L’acceptation de cette initiative le 30 novembre prochain mettra fin à ce privilège fiscal scandaleux.



Les forfaits fiscaux contreviennent à l’article constitutionnel prévoyant l’égalité de traitement des contribuables proportionnellement à leur capacité financière. Il s’agit d’un détournement légalisé de fonds publics qui doit cesser.



Les opposants rétorquent que ces millionnaires quitteraient la Suisse s’ils ne pouvaient pas jouir de ces arrangements fiscaux. Mais quel est l’intérêt de retenir à tout prix sur le territoire des personnes qui paient aussi peu d’impôt ? D’ailleurs, pour exemple, cette prédiction n’a pas eu lieu à Zurich après l’abolition de la taxation à forfait, car malgré le départ d’une partie des grandes fortunes, ce canton reste largement bénéficiaire grâce à ceux qui sont restés et qui sont depuis lors normalement imposés. 70% des évadés fiscaux zurichois ont changé de canton sans quitter la Suisse. La concurrence intercantonale est un grave problème en Suisse.



C’est pourquoi il est absolument nécessaire d’adopter cette initiative fédérale.



Actuellement, plus de 5 000 millionnaires sont imposés à forfait dans notre pays, dont plus de la moitié en Suisse romande. Parmi eux, il y a toujours plus de nomades du business et de prétendus rentiers qui pilotent en réalité leurs sociétés depuis la Suisse.


Le plus riche d’entre eux est le milliardaire Ingvar Kamprad, propriétaire d’IKEA et première fortune de Suisse. Si un contribuable ordinaire, possédant une fortune de 100’000 CHF était imposé au même taux que le propriétaire d’IKEA, il ne paierait que 50 centimes d’impôts par an !



De nombreux riches étrangers accepteront d’être imposés normalement plutôt que de quitter notre pays qui présente pour eux de nombreux autres avantages. Avec la suppression de ces forfaits fiscaux, on peut escompter quelques milliards de revenus supplémentaires, ce qui permettra de réparer une injustice criante. Sur ce point au moins, nous diminuerons les différences avec nos pays voisins ou même plus éloignés. L’enjeu est d’enrayer une spirale de concurrence fiscale diminuant les ressources des États, provoquant l’endettement, la dégradation des services publics et la diminution des prestations sociales. »

 

*Nous remercions les camarades du Parti suisse du travail (PST) pour nous avoir envoyé le document et expliqué l'enjeu de cette initiative populaire


Jeudi 27 novembre 2014
Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
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Dimanche 23 novembre 2014 7 23 /11 /Nov /2014 08:50

230890099_news624.jpgEn Suisse, 'grève à la française' dans les transports qui paralyse la totalité du réseau de bus et de tram de Genève !

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

La Suisse, le pays où quand on fait une grève, tout le monde s'en aperçoit. Ce mercredi une grève a entièrement paralysé le réseau de transport genevois pour protester contre un plan de suppression de postes et la remise en cause du droit de grève.

 

 

« Grève à la française », « syndicalisme à la française ». L'hystérie s'est emparée d'une partie de la presse suisse en cette fin de semaine pour fustiger la grève lancée par le Syndicat du personnel des transports (SEV) des Transports publics genevois (TPG).



Aucun bus, aucun tram sorti des dépôts de Genève



L'arrogance de la direction, les menaces sur le droit de grève derrière l'idée d'un service minimum imposé par tous les moyens – concurrence des sous-traitants, bus sortis des dépôts sans les conditions de sécurité requises, pressions sur les chauffeurs – ont indigné tous les syndicats.



Ainsi, deux syndicats d'abord réfractaires à la grève se sont joints en solidarité, ASIP et Transfair. Bien que le SEV représente à lui seul 700 des 1 900 employés des TPG.



Mercredi matin, aucun tram ni aucun bus des TPG ne circulait dans les rues de Genève. L'assemblée générale a réuni 600 employés, soit un tiers des effectifs de la régie publique municipale.



Sauver une centaine de postes, préserver le droit de grève



La première revendication était le retrait du projet de contrat de prestations des TPG 2015-2018 qui prévoit la suppression d'une centaine de postes de travail. La menace d'un service minimum a fait de la défense du droit de grève une priorité tout aussi vitale.



De fait, pour la municipalité comme pour l’État suisse, l'incapacité à imposer le moindre service minimum a été perçue comme une humiliation. Ce fut, des mots de la secrétaire syndicale du SEV Valérie Solano, une véritable « démonstration de force ».



Si la grève a été reçue diversement parmi les usagers – entre fatalisme, réactions d'énervement, esprit bon enfant et marques de solidarité – cette réussite a suscité des répliques d'une haine terrifiante mêlant piques patronales anti-syndicales et relents de xénophobie francophobe.



Montée de xénophobie anti-française



D'abord, la direction des TPG a parlé de prise en otage non seulement des usagers mais aussi du personnel non-gréviste que les grévistes auraient intimidé pour les empêcher de prendre le volant.



Ensuite, la rumeur a été répandue que cette « grève à la française » n'était pas un hasard car elle aurait été fomentée par les frontaliers, ces chauffeurs français qui instillent cet esprit séditieux dans les paisibles terres suisses.



La présidente du Conseil d'Administration, Anita Frei, terrifiée par les remarques xénophobes sur les réseaux sociaux, a du démentir ces « fantasmes » qui alimentent « la division dans l'entreprise », faisant remarquer que le travail très dur avec des « horaires décalés et des tests exigeants » rebutait les Genevois et nécessitait le recours à des travailleurs français.



En 2013, on comptait 29 % de salariés des TPG qui ne sont pas de nationalité suisse et résidant en France.



L'extrême-droite (UDC) propose d' « interdire la grève » dans le public



Enfin, la droite locale a repris le flambeau de ce discours xénophobe et anti-syndical, combinant les deux dans un cocktail inquiétant.



Le Parti libéral-radical (PLR) a dénoncé une « prise en otage des Genevois », tout comme l'organisation des patrons genevois a qualifié la grève d' « illégale ».



C'est surtout l'UDC (Union démocratique du centre), un parti de droite extrême, connu pour ses positions anti-immigration, qui a mené l'offensive le plus loin qualifiant la grève de « coup de force syndical ».



L'UDC-Genève a ainsi dit étudier « diverses options pour interdire la grève dans les institutions subventionnées par l'Etat ».



Le Conseiller d'Etat Luc Barthassat, chargé des questions de transports, a emboîté le pas et avancé l'idée de sanctions contre les personnes qui ont fait de l'obstruction, empêché les autres de travailler, donc ceux à qui on reproche d'avoir fait grève.



De la Suisse à la Belgique, nos voisins se mobilisent sur le rail comme sur la route pour sauver leurs emplois, leur statut, le service public. Exprimer notre solidarité en France, c'est commencer par la reconstruction des conditions d'un mouvement d'ampleur contre les processus de privatisation des transports, ici et maintenant.

 

 

Dimanche 23 novembre 2014

Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
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Vendredi 21 novembre 2014 5 21 /11 /Nov /2014 22:07

Sanctions antirusses: Belgrade refuse de se suicider économiquement

Dossier: Sanctions contre la Russie

Le chef de la diplomatie serbe Ivica Dacic
21:22 21/11/2014
BELGRADE, 21 novembre - RIA Novosti

Le Serbie maintient son refus de décréter des sanctions contre la Russie, le pays ne tenant pas à se suicider économiquement en rompant les liens avec ses partenaires traditionnels, a déclaré vendredi à Belgrade le chef de la diplomatie serbe Ivica Dacic.

"J'espère que la Serbie ne sera pas obligée de choisir entre Bruxelles et Moscou", a dit le ministre.

M.Dacic a toutefois reconnu qu'en tant que candidate à l'adhésion à l'Union européenne, la Serbie avait l'engagement de concerter, d'ici la fin du processus des négociations d'adhésion, sa politique extérieure et de sécurité avec celle de l'UE.

"Quant au niveau de concertation, la seule chose que nous n'acceptons pas, ce sont des sanctions visant la Russie", a-t-il indiqué.

Et de citer l'exemple de la Hongrie voisine qui essuyait des pertes quotidiennes suite à l'embargo de la Russie.

"Nous voulons avoir de bonnes relations avec tout le monde (…). La Serbie ne tient pas du tout à se suicider économiquement. A quoi bon? (…) Notre position reste inchangée tant envers la Russie qu'à l'égard de l'Union européenne", a conclu le ministre.

Selon le commissaire européen à la Politique régionale Johannes Hahn, la Serbie doit se joindre aux sanctions antirusses si elle souhaite adhérer à l'Union européenne.

Les relations entre Moscou et l'Occident se sont dégradées sur fond de crise en Ukraine et d'adhésion de la Crimée à la Russie. Fin juillet, les Etats-Unis et l'UE ont instauré des sanctions contre plusieurs secteurs de l'économie russe. Moscou a riposté en imposant un embargo sur les denrées alimentaires en provenance des pays ayant décrété des sanctions à l'encontre de la Russie.

Le président serbe Tomislav Nikolić a auparavant annoncé que son pays soutenait l'intégrité territoriale de l'Ukraine mais ne participerait pas aux sanctions antirusses.

  http://fr.ria.ru/world/20141121/203046626.html

Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
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Mardi 18 novembre 2014 2 18 /11 /Nov /2014 09:27

 

686527_Jean-Claude-Juncker1.jpg« La vie des autres au Luxembourg » : quand le leader européen Juncker contribuait au fichage, à l’espionnage de ses compatriotes !

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Dis-moi qui te dirige, je te dirai qui tu es. Le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, traîne de sacrés boulets : non seulement « Luxleaks » et l’évasion fiscale couverte par l’Etat, mais aussi « les écoutes du SREL »

 

 

Le nouveau président de la Commission européenne, intronisé en novembre 2014, est « the right man at the right place », l’image de cette Europe en crise économique, politique, idéologique et morale, lui qui fut Premier ministre du Luxembourg de 1995 à 2013.

 

Il y a bien sûr « Luxleaks », ce scandale financier révélant que le fisc luxembourgeois a favorisé l’exil fiscal d’un millier d’entreprises, essentiellement européennes et américaines. L’évasion fiscale à grande échelle, au cœur de l’Europe.

 

Le plus grand scandale d’espionnage du XX ème siècle ?


C’est au Luxembourg que ça se passe !

 

Mais il y a aussi un des plus grands scandales d’espionnage de la fin du XX ème siècle. Imaginez un pays qui aurait littéralement fiché la quasi-totalité de sa population. Dans l’idéologie de la Guerre Froide, on pense « La vie des autres », STASI ou KGB.

 

Et bien non, il faut penser SREL, le Service de renseignement de l’Etat du Luxembourg.

 

Le scandale est sorti en novembre 2012 dans le journal D’Letzebuerger Land, où il est révélé que l’ex-directeur du SREL se serait entretenu avec le Premier Ministre Juncker en 2007, évoquant l’existence dans les années 1980 et 1990 de 300 000 fiches sur des citoyens luxembourgeois, dans un pays qui comptait alors 400 000 habitants.

 

La Commission d’enquête du Parlement donne un rapport de 144 pages aux conclusions édifiantes.

 

Sous prétexte d’anti-terrorisme, de lutte contre le communisme, le SREL a d’abord fiché la plupart de ses citoyens. Ensuite, les écoutes illégales, les missions hors renseignement se sont multipliées, pour des intérêts politiques et économiques privés, loin de la Raison d’Etat.

 

18 attentats montés par les services secrets pour justifier l’espionnage de masse

 

Concrètement, ce fichage et cet espionnage de masse se serait développé dans les années 1980. 18 attentats touchent le Grand-Duché du Luxembourg entre 1984 et 1986, identifiés alors aux groupes gauchistes, installant un climat de terreur.

 

Le SREL a utilisé ce prétexte pour ficher, espionner les membres et dirigeants du Parti communiste, l’Ambassade soviétique, puis les Verts, enfin les politiciens de tous les partis, ainsi que des citoyens aux implications diverses : du militant associatif à l’homme d’affaires.

 

En février 2013, a été ouvert un procès mettant en accusation deux membres de la « Brigade mobile » de la Gendarmerie, une unité d’élite. Ils sont accusés d’avoir participé voire orchestré les attentats dans une « stratégie de la terreur » commanditée en plus haut lieu.

 

Les avocats des deux gendarmes ont évoqué la thèse politique de la déstabilisation, pointant du doigt l’implication des cellules « stay-behind », ces réseaux clandestins coordonnés par l’OTAN, animés par les services secrets de chaque pays, destinés à empêcher toute prise de pouvoir par les communistes.

 

Potentiellement responsable, au courant, Juncker qui fut au gouvernement de 1982 à 2013, botte en touche, renvoyant la patate chaude à son prédecesseur comme chef du gouvernment de 1984 à 1985, Jacques Santer, qui fut aussi président de la Commission européenne.

 

Mais alors, Juncker peut-il se laver les mains de ce scandale d’ampleur européenne ?

 

Juncker savait « les agissements du SREL, comme police secrète »


Pas du tout. C’est ce que révèle le rapport parlementaire. Le SREL a continué sa sale besogne après la fin de la Guerre froide. Selon le rapport, « les agissements du SREL sont dignes d’une structure de police secrète ».

 

Le dérapage a atteint des proportions colossales dans les années 2000, cette fois dans le type de missions prises en charge par le service, ce que révèle un entretien entre Marco Mille et Jean-Claude Juncker en 2007, enregistré clandestinement par Mille.

 

Si Mille évoque la destruction des 300 000 fiches mentionnées, il serait resté en 2012 13 000 fiches sur des entreprises, personnes, associations, et au minimum 17 000 personnes auraient été victimes d’écoutes illégales. Cela reste 5 % du pays sur écoute, une personne sur 20 !

 

Le SREL serait devenu un Etat dans l’Etat, une vaste entreprise soumise à des intérêts particuliers, quasi-mafieux. Jouissant d’une grande autonomie, ses agissements étaient connus et couverts par le Premier Ministre Juncker.

 

Des services secrets au service … d’oligarques russes, de dictateurs africains et de trafics mafieux luxembourgeois !

 

Le rapport évoque en 2007 une mission contre-terroriste, façade pour une mission de complaisance envers un oligarque russe qui souhaitait régler un différend commercial, en échange d’une commission de 10 % de commission.

 

Juncker arrêtera finalement la mission, sans prendre aucune sanction. Les missions à l’étranger de ce type se seraient multipliées sous la direction de Marco Mille, devenu depuis responsable du pôle de sécurité du groupe privé allemand Siemens.

 

De même, en 2006, est connue l’existence d’un compte secret de 150 millions de $ de l’ex-président congolais Pascal Lissouba, avec la complaisance du SREL.

 

On pourrait citer aussi le business des agents du SREL, habitués à acheter des grosses berlines allemandes à un prix réduit de 30 % avant de les revendre, faisant des profits substantiels.

 

L’espionnage n’a épargné personne, ni même les Grands du Duché. Le SREL a surveillé le Procureur général de l’Etat, que le service essayait de tremper dans des affaires de pédophilie. Mille a aussi révélé à Juncker sa mise sur écoute du chef de l’Etat, le Grand-duc Henri, soupçonné de collusion avec les services d’espionnage britanniques !

 

Selon le rapport parlementaire, le SREL aurait connu des dysfonctionnements graves entre 2004 et 2009, menaçant les fondements de la démocratie luxembourgeoise. Le Premier Ministre Juncker, légalement responsable du contrôle de l’institution, aurait failli à réguler, stopper, sanctionner ces dérives. Il les aurait même couvertes.

 

La complicité de Juncker à cette police secrète anti-démocratique

 

Une partie de la conversation entre Marco Mille et Jean-Claude Juncker, mérite même d’être citée extensivement. Elle date du 31 janvier 2007, les deux échangent sur l’impact que pourraient avoir les rumeurs d’écoutes illégales sur l’opinion publique

 

MILLE : « On est à la merci de ces gens qui disent que les services secrets font ce qui leur plaît, qui sont au-dessus du Premier Ministre, du Grand-duc, et dieu sait qui. Cela compte ».

 

JUNCKER : « L’espionnage politique, on ne fait plus cela de toute façon. Mais cela a été énorme dans le passé… »

 

MILLE : « Oui, avant 1990, pendant la Guerre Froide. Bien, il y avait les services de renseignements, ils surveillaient l’Ambassade soviétique, le Parti communiste, et au début, les Verts »

 

JUNCKER : « Mais il n’y a avait pas de raison, à mon avis, enfin pour les Verts ».

 

MILLE : « Et même dans la façon dont les gens pensaient à l’époque (…) Toute personne qui n’était pas conservatrice était considérée comme une menace pour l’Etat. Nous avons 300 000 fiches dans la base de données ».

 

Juncker n’est pas innocent. Le Procureur d’Etat Robert Biever raconte comment il a appris qu’il était sur écoute – pour allégations de « pédophilie » et « homosexualité » (sic) dans la communauté d’Esch – et il l’a appris par Juncker.

 

Juncker aurait lancé à Biever un jour, sous la forme d’une boutade : « J’ai entendu dire que tu avais ton petit bordel à Esch ». Biever raconte alors qu’il fut incapable de répondre le mot qui lui venait alors en tête : « Crétin ».

 

Comment a-t-on pu soutenir un tel personnage à la tête de l’Europe ?

 

Juncker a été contraint à démissionner en 2013 par l’ampleur d’un scandale d’Etat, sans comparaison en Europe. Il a pu rapidement trouver une voie de sortie honorable : la présidence de la Commission européenne.

 

Juncker a bénéficié – pour un personnage avec un tel parfum de scandale, entre évasion fiscale et espionnage de masse – d’un remarquable consensus de la part des médias, politiciens dominants, comme des milieux d’affaires, ce qui est moins surprenant.

 

Outre Daniel Cohn-Bendit, l’ « opposant officiel de sa Majesté », Alexis Tsipras, a cru bon de se rallier au panache (plus très) blanc de Juncker, en appelant à forger une majorité assurant un consensus européen derrière l’ex-Premier Ministre luxembourgeois.

 

Pour nous, Juncker incarne cette Europe de la finance, du secret, de la combinaison politicienne, intimement liée à l’OTAN, au FMI, aux multi-nationales, forgée dans l’anti-communisme, la guerre contre les peuples, le contournement de la démocratie : rompre avec cette Europe-là, ne donner aucune légitimité à sa tête, c’est indispensable.

 

 

Mardi 18 novembre 2014

Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
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Lundi 17 novembre 2014 1 17 /11 /Nov /2014 10:27

 

pcp affiche Le Parti communiste portugais propose à l’Assemblée la « sortie de l’Euro et la nationalisation des banques »

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Les communistes portugais ne se posent la question de la sortie de l’euro, mais de comment la préparer. Ils ne se font d’illusions ni sur l’Euro, ni sur le rôle du parlement : y proposer la sortie de l’Euro, c’est une tribune pour les idées communistes, l’occasion de démasquer les faux amis du peuple portugais. A gauche aussi.

 

Critique depuis sa création d’une monnaie unique perçue justement comme outil d’imposition au Portugal de la casse des acquis démocratiques et sociaux, de paupérisation du peuple portugais, le PCP a longtemps été sceptique sur la faisabilité de la sortie de l’euro.

 

 « Sortir de l’Euro » : une position progressivement adoptée par le PCP

 

C’était avant. En décembre 2012, au dernier congrès du PCP, son analyse a été réaffirmée avec force : l’UE n’est pas réformable, comme l’Euro. Depuis, il a organisé plusieurs rencontres avec des économistes du parti ou non pour d’abord poser la question de la sortie de l’euro (mars 2013) puis envisager les conditions de sa sortie (septembre 2014).

 

En septembre 2014, les trois députés européens du PCP ont officiellement manifesté leur position consistant en une préparation du pays à la sortie de l’Euro, au vu de l’incompatibilité entre le maintien dans l’euro et la concrétisation d’une politique alternative et de gauche.

 

Ils se sont engagés à porter cette position à Bruxelles, à Strasbourg, au Parlement européen.

 

Le PCP a franchi une nouvelle étape le mois dernier. Le 15 octobre, le député Paulo Sá a proposé un projet de résolution à l’Assemblée de la République, en trois points : « renégociation de la dette, préparation de la sortie de l’euro et contrôle public des banques ».

 

Renégocier la dette, sortir de l’euro, nationaliser les banques

 

Renégocier la dette ? Oui, dans ses « délais, taux et montants » pour Paulo Sá car la « dette devient impayable » et surtout « plus on paye, et plus on doit ». Les intérêts s’élèvent à 7,7 milliards d’euros en 2014, 60 % de plus qu’en 2011. La dette a augmenté de 54 milliards d’euros en 3 ans !

 

Sortir de l’euro ? Clairement. Il s’agit de « se libérer de la soumission à la monnaie unique, de retrouver sa souveraineté monétaire, que le pays se prépare à cette nouvelle réalité ».

 

Après avoir rappelé les avantages économiques de la sortie, le député rappelle tout ce qu’a signifié l’Euro pour le Portugal : destruction de l’apparel productif, endettement externe, baisse des salaires, privatisation des entreprises.

 

« Il est impératif de libérer le Portugal de la contrainte de l’Euro », bien que le député évoque ensuite plusieurs scénarios – dont celui de la dissolution concertée, ou de la sortie unilatérale subie ou voulue –, le pays doit être prêt.

 

Nationalisation des banques ? Une évidence quand « les banques privées, reconstituées à partir des privatisations du secteur public, ne servent pas les travailleurs, les populations, les entreprises, les producteurs, l’économie nationale et le pays ».

 

Refuser la proposition du PCP, c’est « défendre un secteur bancaire qui continue à engraisser les profits des actionnaires, des spéculateurs, de quelques familles ».

 

Le PCP cite le cas des scandales financiers récents, dont celui de la Banque Espirito Santo, renflouée à coups de milliards par l’Etat portugais !

 

Une bombe dans l’hémicycle rejetée par la droite et le PS

 

 

Ce projet de résolution a été reçu comme une bombe dans l’hémicycle. Il a rencontré l’hostilité de la majorité de l’Assemblée, alors qu’il bénéficie du soutien de la majorité du peuple portugais.

 

Tel est la mission que le PCP confie à ses parlementaires. Point de « crétinisme parlementaire », d’illusion sur le fait de « pouvoir peser à gauche ». Le Parlement est une tribune pour déclarer la guerre au consensus dominant, l’occasion de révéler la contradiction entre les partis défendant le système et la volonté du peuple.

 

Sans surprise, on a retrouvé un vote unanime de la « troika », donc de la droite représentée par le PSD (Parti social-démocrate), le CDS (Centre démocratique et social), de la « gauche » incarnée par le Parti socialiste. Un vote contre les trois propositions, donc pour le maintien dans l’euro et des banques privées.

 

Le Bloc de gauche refuse de voter la sortie de l’Euro !

 

 

Plus éclairant, le vote du Bloc de gauche – soutenu par le PGE (Parti de la gauche européenne) – qui a voté la proposition du PCP sur la renégociation de la dette et sur le retour des banques dans le giron public.

 

Par contre, le Bloc de gauche a refusé de voter le projet de résolution, pourtant prudent, pour « préparer le Portugal à la sortie de l’Euro ». Le Bloc s’est abstenu.

 

La question européenne est une des questions qui fait le clivage entre le Bloc et le PCP : nom d’une hypothétique « Europe sociale » à inventer. le Bloc de gauche a toujours été un parti pro-européen, défendant l’Euro et l’UE

D’autres questions séparent les deux partis : les alliances avec le PS, fréquentes pour le Bloc au niveau local, possibles au niveau national comme aux dernières présidentielles, où il s’est rallié dès le premier tour derrière le candidat PS !

 

Ou encore la question de classe, secondaire pour le Bloc de gauche qui mise plus sur les questions sociétales, tandis que le PCP – avec le syndicat CGTP, dirigé par un responsable communiste – met la priorité sur la lutte de classes, contre la politique anti-sociale du pouvoir.

 

Les communistes à 13 %, le Bloc à 4 % : la clarté paye !

 

Les Portugais ont fait leur choix. Longtemps au coude-à-coude dans les sondages, les urnes, depuis deux ans, c’est la Grande divergence en pleine crise de l’euro et de l’UE : en 2009 le Bloc et le PCP étaient au même niveau aux européennes, avec 11 % des voix.

 

En 2014, le PCP a réalisé son meilleur score depuis 20 ans, avec 13 % des voix. Le Bloc s’est lui écroulé, victime de ses propres contradictions sur l’euro dont il refuse d’envisager la sortie. Avec 4,5 % des voix, c’est son existence même qui est menacée.

 

Voilà de quoi nous inspirer. Combien de temps encore avant de se rallier à cette position de bon sens, correspondant à notre identité de communiste tout comme aux nécessités du moment ? Le PCP l’a compris, sa ligne paye et elle est utile au peuple portugais dans sa lutte quotidienne.

 

Lundi 17 novembre 2014

Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
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