Europe

Mardi 9 septembre 2014 2 09 /09 /Sep /2014 13:43

pcp-affiche.jpgLes députés communistes portugais vont porter la question de la sortie de l'euro au Parlement européen



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



« Rompre avec la logique d'intégration capitaliste européenne » ou « réformer l'Union européenne » : l'alternative dans les partis communistes et la gauche d'alternative en Europe. Si les partis réformistes du PGE comme Die Linke, Syriza poussent à l'accomodement, le PC portugais choisit la rupture.



Ce 29 août, les trois députés européens du PCP ont mis les pieds dans le plat de la remise en question de l'intégration à une Europe « néo-libérale, militariste et anti-démocratique » incarnée par le nouveau président Donald Tusk, rejetée massivement par les peuples.



Alors que nombreux sont les partis dans le groupe GUE (Gauche unitaire européenne) prêts à « défendre l'idée européenne », « sauver l'Euro », « réorienter la BCE », le PCP pose la question qui fâche : et si on envisageait de sortir de l'Euro ?



« Préparer la sortie de l'euro et renégocier la dette »



Au cours de cette conférence de presse, les trois députés du PCP – Joao Ferreira, Inés Zuber et le nouvel élu Miguel Viegas – ont fixé une ligne de conduite à porter dans l'enceinte du Parlement européen : « renégocier la dette et préparer la sortie du Portugal de l'euro ».



Le jeune député Joao Ferreira a livré un constat sans appel de l'intégration à la monnaie unique : « Cela fait longtemps que le Portugal souffre d'une intégration à une monnaie découplée des conditions réelles de la base productive du pays et de ses besoins sur le plan économique ».



Et la catastrophe de l'intégration à la monnaie unique enfonce le peuple portugais dans la crise, l'austérité insoutenable : « les contraintes identifiées à la soumission du Portugal à la monnaie unique non seulement persistent, mais elles tendent à s'aggraver ».



Pas d'amélioration pour le peuple portugais au sein de l'euro pour le PCP



Ce qui débouche sur une conclusion politique claire : « la question, le PCP se la pose depuis longtemps : existe-t-il une voie pour la reprise économique qui repose sur la défense des conditions de vie des portugais au sein de l'euro ? La réponse est négative ».



Pour les élus communistes, le débat doit donc s'ouvrir au Parlement pour : la dissolution de l'Union économique et monétaire, la fin du Pacte de Stabilité, une renégociation de la dette « devenues insoutenables et impayables » et des « compensations européennes pour les préjudices causés par une sortie négociée de la monnaie unique ».



Car pour Joao Ferreira, « cette exigence de la sortie de l'euro monte de plus en plus, elle doit se faire en lien avec la renégociation de la dette justement pour libérer le pays de cette contrainte ».



Pour le PCP, l' « Union européenne n'est pas réformable »



Cette prise de position publique, collective, révèle une radicalisation du discours du Parti communiste portugais ces derniers mois.



Certes, le PCP a toujours été un fervent critique de l'adhésion du Portugal à la CEE, au Traité de Maastricht, à l'adhésion du pays à la monnaie unique et plus tard au Traité de Lisbonne.



Il a toujours identité l'intégration européenne comme un processus d'asservissement du peuple portugais aux intérêts du capital national et européen, un moyen de casser les acquis sociaux et démocratiques, issus notamment de la Révolution de 1974.



Lors de son dernier congrès, en décembre 2012, le PCP a réaffirmé sa position : l’Union européenne n’est pas réformable, la crise de la zone Euro est la conséquence logique de l’Union économique et monétaire, et de la nature de classe de cette UE.



Le PCP se radicalise : « sortir de l'euro : nécessaire mais pas suffisant »



Toutefois, jusque-là, il s'était montré prudent sur la question du « sortie de l'euro », soulevant d'abord – non sans raisons – les dangers de cette manœuvre dans un pays très dépendant de l'extérieur, les risques d'une dégradation de la situation.



La situation a évolué depuis. La direction du PCP a organisé une grande rencontre le 19 mars 2013 à Lisbonne avec divers économistes du PCP, l'économiste longtemps proche du PS Joao Ferreira do Amaral favorable à la sortie de l'euro, qui a permis de révéler tant la nécessité de cette rupture, que les complexes conditions techniques de sa réalisation.



La synthèse du secrétaire-général du PCP, Jeronimo de Sousa, a alors : (1) – fait le constat de l'incompatibilité entre « maintien dans l'euro » et « politique alternative, de gauche, patriotique, pour les travailleurs », critiquant l'hypocrisie du PS, du Bloc de gauche dans leur « fédéralisme européen outrancier » ; (2) – la déduction que la sortie de l'euro était « nécessaire mais pas suffisante » à cette rupture ; (3) – ce qui pose la question des mesures permettant la rupture avec l'intégration capitaliste, accompagnant cette sortie : re-négociation de la dette mais aussi nationalisation des secteurs stratégiques, dont les banques.



Depuis, le PCP a porté dans la campagne des élections européennes une critique radicale de trente ans d'intégration capitaliste européenne au Portugal, elle a pointé du doigt le rôle de la monnaie unique dans la casse de l'appareil productif national, des droits sociaux des travailleurs, indiqué les responsabilités de la classe dirigeante nationale, dont le Parti socialiste.



Une ligne qui paye face au « Bloc de gauche » pro-européen



Cette ligne de clarté a payé : le Parti communiste portugais dans la coalition de la CDU a obtenu 13 % des voix aux européennes, son meilleur score depuis 20 ans et gagné un troisième député



Dans le même temps, le « Bloc de gauche » soutenu par le PGE (partenaire de SYRIZA, Die Linke, du Front de gauche …) a porté la « réforme de l'UE », du « maintien dans l'euro » : les électeurs ont tranché, le « Bloc » a obtenu 4,5 % des voix (contre 11 % en 2009) et perdu deux députés.



Fort heureusement, nos camarades portugais ne sont pas seuls en Europe. Au Parlement européen, les chypriotes d'AKEL posent la question de la sortie de l'Euro, le PTB belge, le KKE grec, le KSCM tchèque remettent en question l'intégration capitaliste européen. Hors du Parlement, les Partis communistes du Luxembourg, d'Irlande, d'Allemagne ou des Pays-bas partagent cette ligne.



Voilà un bel exemple de ce qui différencie les communistes porteurs d'une ligne de rupture avec le capitalisme et l'UE du Capital et la « gauche européenne » d'accompagnement. Que les « bouches s'ouvrent » en Europe notamment grâce aux communistes portugais !

 

Mardi 9 septembre 2014

Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
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Lundi 8 septembre 2014 1 08 /09 /Sep /2014 20:54

donald-tusk.jpegLe polonais Donald Tusk, président de l'UE : la figure de cette Europe néo-libérale, belliciste, et anti-communiste !


Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


La nomination ce 30 août du premier ministre polonais à la présidence de l'Union européenne – en pleine vague d'austérité libérale et de frénésie belliciste anti-russe – est tout sauf fortuite: Tusk incarne bien cette Europe néo-libérale, militariste et anti-démocratique.

Cela fait des années que les médias et les partis dominants – surtout ceux dits « de gauche », même ceux dits de la « gauche de la gauche – nous martèlent la nécessité d'une « Europe forte », qui « parle d'une seule voix », « intégrée pour assurer la solidarité entre Etats, dépasser les clivages ».


La nomination de Donald Tusk, après l'insipide chrétien-démocrate Herman van Rompuy, marque un pas symbolique et concret dans l'intégration fédérale européenne : Tusk n'a cessé ces derniers mois de s'afficher pour une Europe forte, solidaire et visible sur la scène internationale.


Ses chevaux de bataille : le soutien à une position belliciste face à la Russie ; le renforcement du leadership allemand dans une UE engagée dans l'austérité européenne ; la consolidation à tout prix de la monnaie unique. Un programme agressif pour l'UE pour les trois ans à venir.

Le président du Conseil européen se place depuis le Traité de Lisbonne comme le « coordinateur », le « stratège » de la politique des différents pays européens, notamment sur les questions internationales. Quelle sera donc la stratégie pour l'Union européenne de Tusk ?



Le « reaganien » et « thatchérien » Tusk

 

Donald Tusk est depuis sept ans le Premier ministre de la Pologne, un record depuis la chute du communisme. Il n'a cessé d'être encensé depuis comme un dirigeant « responsable », « pragmatique », « courageux » par la presse économique.



Il avait promis en 2007 un programme de coupes massives dans les dépenses publiques et les impôts, de vastes privatisations, dans l'esprit d'un néo-libéralisme dont il se revendique fièrement avec comme modèles Margaret Thatcher et Ronald Reagan.



Il a bien lancé un programme de privatisations en 2008 comprenant la privatisation totale ou partielle de 802 entreprises (!) dont 54 entreprises-clés. Le gouvernement espérait alors plus de 10 milliards d'euros de recettes.



Aucun secteur n'a été épargné : chimie, les mines (charbon, lignite, souffre), le pharmaceutique, l'électricité (centrales), l'énergie, la machinerie, l'agriculture, la métallurgie, la santé, les banques et jusqu'à la Bourse de Varsovie. Varsovie, ville à vendre, il suffit d'en mettre le prix !



Pourtant, Tusk a bien été « pragmatique ». L'Etat n'a pas hésité à renflouer massivement les fonds de pension privés, en faillite après leur privatisation dans les années 1990.



Imposant aux autres pays l'austérité (grâce à l'euro), la Pologne de Tusk (avec sa zloty) a pratiqué la relance publique, avec des crédits facilités aux entreprises et des investissements publics en infrastructures pour l'Euro 2012 (8 milliards d'euros).



Sur le plan fiscal, c'est tout pour les entreprises et les riches : tandis qu'il ne touche pas au sacro-saint « Impôt sur les sociétés » à un taux déjà très bas de 19 %, il baisse les tranche supérieure (de 40 à 32 %) et moyenne (de 30 à 18 %) de l'Impôt sur le revenu, tout en supprimant une tranche.



Pendant ce temps, il augmente les impôts pour la population : la TVA passe de 22 à 23 % (on prévoit de l'augmenter à 25%), les taxes ont augmenté pour l'alcool, le tabac et le charbon.



La réussite de la Pologne – seul pays à ne pas entrer en récession – ébahit les commentateurs. Un mot discret sur le fait qu'elle est hors de l'Euro, sur les 2 millions de Polonais qui ont émigré, ou encore sur son choix de la « relance » couplée à une politique de déflation salariale.



Grâce à sa politique fiscale notamment, la Pologne propose des coûts de travail horaires de 7 € par h (contre 32 € en France, 29 € en Allemagne) selon le Ministère de l'Economie polonais.Tusk a même proposé une loi pour abolir la limitation de la durée de la journée de travail à 8 h !



En 2007, la Pologne avait été choisie par la Fédération des employeurs européens (Fedee) comme première destination en Europe pour les investissements grâce « à ses relations de travail particulièrement flexibles ».



Tusk l'européen : pour « l'Euro pour tous » … sauf pour son pays ?



Le couplet sur « Tusk, l'européen » était inévitable dans la presse français. Il est mérité tant Tusk fait étalage de son « patriotisme européen », valorisant sa position d'euro-fanatique face à l'euro-sceptique d'extrême-droite Jaroslaw Kaczynski.



Il a même remporté le prix « Charlemagne » en 2010 et « Walter Rathenau » en 2012 pour respectivement son « patriotisme européen » et son « engagement sans failles à l'intégration européenne !



Sa conception de l'Europe, elle s'inscrit dans le déplacement de l'axe Berlin-Paris vers un axe Berlin-Varsovie, avec un soutien sans réserves à la politique européenne de la chancelière Merkel.



Favorable à une « Europe allemande », il est aussi prêt à renforcer la réalité actuelle, originelle mais contradictoire d'une « Europe américaine », n'ayant cessé de manifester son alignement avec la politique étrangère américaine et son engagement atlantiste.



Un des combats de Donald Tusk est le renforcement de l'intégration fédérale européenne. Cela supposait l'entrée de la Pologne dans l'euro promise en 2007 pour l'an 2012. Il l'a repoussé en 2015. Désormais, l'entrée dans l'euro n'est plus à l'ordre du jour, si ce n'est comme horizon.



Car Tusk est pragmatique. Tout en conseillant l'entrée des autres Etats dans l'Euro – comme la Lettonie, la Lituanie – Tusk sait que le maintien de sa monnaie (avec 1 euro pour 4 zloty) garantit à la Pologne sa « compétitivité », un coût moindre des exportations. Le patronat préfère pour l'instant la monnaie nationale, tout comme 63 % des Polonais.



Après les ingérences en Ukraine, Varsovie prêt au conflit avec la Russie



Si il y a un front sur lequel Tusk a été offensif ces derniers mois, c'est le « front ukrainien ». En dépit de sa réputation de « modéré », « conciliant avec la Russie », il a été l'avant-garde de ceux qui ont réclamé une position ferme, des sanctions contre la Russie.



La Pologne était parmi les puissances poussant le plus l'Ukraine de Ianoukovitch à signer l'Accord d'association avec l'UE, lorgnant sur le potentiel agricole, industriel mais aussi sur une sphère d'influence politique en Ukraine de l'ouest.



Le ministre des Affaires étrangères Sikorski a ensuite soutenu ouvertement les rebelles (les « indignés de Maidan » à crâne rasé), et Tusk est le premier à avoir proposé de financer l'opposition à hauteur de 1 million d'€ dans un premier temps pour « faire émerger des mouvements citoyens ».



Tusk est allé plus loin en se déclarant favorable au déploiement de troupes de l'OTAN sur son territoire pour la défendre contre la Russie, il a aussi accueilli en cattimini 120 chars allemands Leopard pour renforcer le Front de l'est.



Front de l'est, le mot n'est pas trop fort. Lors du sommet de l'OTAN, Tusk a appelé à renforcer l'organisation militaire atlantiste, consolidant l'UE comme « pilier de l'OTAN » en Europe depuis le Traité de Lisbonne.



Donald Tusk a osé une métaphore troublante, reprise dans Die Welt : « Si on observe la tragédie des Ukrainiens, sur le front de l'Est, nous pouvons nous dire que Septembre 1939 ne doit pas advenir une deuxième fois. Il est encore temps de les arrêter (les Russes) ».



Que la Pologne lutte avec l'Allemagne contre une « nouvelle invasion de la Pologne comme en 1939 », c'est une formidable ré-écriture de l'histoire. Moins étonnante qu'il n'y paraît chez cet anti-communiste, admirateur du général Pilsudski.



Pilsudski, commandant des forces polonaises dans la guerre contre l'URSS en 1919 devenu dictateur (« modéré » comme on dirait aujourd'hui) de 1926 à 1935, et ayant manifesté une attitude ambiguë envers l'Allemagne de Hitler – quand une partie de l'armée et l'intelligentsia polonaise voyaient comme un rempart face au bolchévisme.



Un anti-communiste viscéral



Car la matrice de l'engagement de Donald Tusk reste son anti-communisme viscéral. Il est né dans la lutte anti-communiste des années 1980 au sein du mouvement Solidarnosc où il se distingue déjà par ses positions néo-libérales, et naturellement anti-communistes, très à droite.



En 1989, après la chute du communisme, il fonde le « Congrès libéral-démocrate », défenseur alors de l'intégration européenne et du capitalisme sauvage. Il participe aux élections de 1991 sous le slogan : « Ni de droite, ni de gauche : tout droit vers l'Europe ! ».



Il est alors un des partisans de la « thérapie de choc » appliquée de façon désastreuse en Russie et dans d'autres pays de l'Est : privatisations, austérité salariale et budgétaire, baisse d'impôts pour les entreprises.



On peut relire ce que disait Donald Tusk en 1989, au moment où le régime communiste est sur le point de céder. Il n'a pas changé.



« Nous voulons une Pologne où les droits de propriété seront reconnus, où la liberté découlera de la propriété. Rien de nouveau, on nous dira. Mais toutes ces nouvelles idées-là, ces « troisième voie », ces « sociétés civiles non-bourgeoises », ces « socialisme à visage humain », ces « solidarités », cela sent l'utopie et la politique-fiction. De tout ça, on n'en veut plus ».



Donald Tusk a toujours été un « pragmatique » quand il s'est agi de défendre la propriété des riches. Il a toujours été un « croisé » quand il s'est agi de défendre le capitalisme, l'Union européenne, l'anti-communisme, l'atlantisme. Il fera un beau président de cette Europe-là.

 

Samedi 8 septembre 2014

 


Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
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Samedi 6 septembre 2014 6 06 /09 /Sep /2014 17:25

Ces sanctions qui détruisent l’Europe

 


En infligeant des sanctions à la Russie, l’UE s’inflige des sanctions à elle-même. Plus de 7 milliards de pertes sèches prévues, 130 000 pertes d’emploi rien qu’à la suite de la réponse adoptée par la Russie. Et l’agence de notation Standard & Poor’s d’indiquer que cela, finalement, ne joue pas fondamentalement sur la Russie. Et l’UE de ne plus savoir jusqu’où aller, même exclure les clubs de foot russes de la FIFA et de l’UEFA. Quand ces mouvements politiques deviennent hystériques et conduisent au suicide économique du marché européen, à la destruction des valeurs européennes et à la chute des Etats Nations, il est temps de tirer la sonnette d’alarme.

Les différentes vagues de sanctions successives et finalement réciproques entraînent, selon un institut hollandais, un risque de pertes de 7 milliards pour l’économie européenne. 7 milliards quand l’UE propose généreusement 125 millions d’euros pour compenser les pertes de toutes les entreprises de tous les pays européens. Et alors que la courbe du chômage ne cesse, elle, de monter, le risque des pertes d’emplois lié à la politique de sanctions conduite par l’UE est estimé à 130 000 places. Ces chiffres devraient faire réfléchir, d’autant plus que la situation s’aggrave dans tous les pays de la zone euro.

Le président de l’Institut allemand d’économie mondiale estime que l’UE n’a pas correctement apprécié les conséquences à long terme d’une politique de sanctions: profonde crise en Europe du Sud, baisse du cours des actions des entreprises touchées, risque de hausse du prix du pétrole et de problèmes d’approvisionnement … L’économie allemande ressent déjà les premières secousses, dans le secteur de la fourniture du matériel pour l’extraction du pétrole, une baisse significative du prix des produits laitiers, surtout le beurre, une baisse du chiffre d’affaire des entreprises dans l’agroalimentaire. Dans l’ensemble, il s’agit d’une baisse des exportations de l’ordre de 10%. Et le ministre de l’agriculture allemand d’ajouter que, de toute manière, il ne faut pas se faire d’illusion, il n’y aura pas de compensation totale des pertes subies.

Ces difficultés touchent certains plus gravement que d’autres. La Lithuanie, par exemple, se trouve en grande difficulté, car son économie est largement dépendante de ses exportations vers la Russie. Et l’UE de lui dire tout de suite qu’il est hors de question de compenser toutes les pertes, mais certaines mesures d’aides peuvent être adoptées, pour qu’elle exporte un peu en Europe, dont le marché est totalement saturé. Le volume de pertes est déjà de 55 millions d’euros, dont 24 millions en produits laitiers. La compensation est intervenue à hauteur de seulement 6 millions d’euros.

Et encore, le montant n’est pas trop élevé, si l’on regarde les pertes dans d’autres pays. Pour la Hollande, les pertes sont estimées à 1,5 milliards d’euro de pertes directes, sans compter les pertes indirectes, selon la Confédération des entrepreneurs de Hollande. En Italie, les pertes directes sont estimées à 1 milliard d’euros par la Confédération des agriculteurs italiens.

Encore, tous ces sacrifices pourraient avoir un sens, s’ils produisaient les effets recherchés par ceux qui les adoptent. A savoir fragiliser l’économie russe pour la pousser à infléchir sa politique. Mais ce n’est pas le cas. Et pour cause, même l’agence de notation Standard & Poor’s estime minime l’impact sur l’économie et la finance russe des sanctions adoptées. L’instrument choisi ne pourra donc pas produire les effets attendus. Donc, les pays européens doivent faire des sacrifices pour rien, en tout cas pour autre chose. Mais pour quoi alors?

Dans ce contexte, particulièrement défavorable à l’économie européenne, on annonce la possibilité de nouvelles sanctions sectorielles avant la fin de la semaine, vue la situation en Ukraine. Autrement dit, il faut bâillonner l’économie européenne au fur et à mesure des erreurs politiques et stratégiques du Gouvernement de Kiev et des échecs de l’armée ukrainienne. Quel est le rapport? Drôle de logique … Mais comme l’absurde ne tue pas, en tout cas ceux qui prennent les décisions, l’UE pourrait même aller jusqu’à sanctionner le sport et particulièrement le foot. Les clubs russes pourraient être temporairement exclus de la FIFA et de l’UEFA.

Au-delà de l’économie, c’est l’idée même de l’Europe qui est attaquée par l’Union Européenne, l’idée d’une Europe couvrant tout le continent européen, d’une Europe qui peut avoir des intérêts propres, une politique propre, une Europe européenne dans sa culture et dans son être. Historiquement. Cela risque de ne devenir qu’une ligne en bas de page dans un manuel d’histoire.

3 septembre 2014

Source: Russie Politics

 

  
  
  
 
Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
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Vendredi 5 septembre 2014 5 05 /09 /Sep /2014 21:06

Barroso a menti. Il a fait dire à Poutine ce que celui-ci n’a pas dit

 

Le Président Vladimir Poutine n’aurait jamais dit qu’il pouvait « prendre Kiev en deux semaines ». M. José Manuel Barroso aurait donc menti pour discréditer Poutine à la veille du sommet des pays de l’OTAN et faire monter la tension d’un cran contre la Russie. [Arrêt sur Info]

La Commission européenne reconnaît que les paroles de Poutine dans la conversation avec Barroso ont été retirées du contexte.

La CE reconnaît que les paroles de Poutine dans la conversation avec Barroso ont été retirées du contexte

La Commission européenne a reconnu que les informations parues dans la presse sur la conversation téléphonique entre le président de la CE José Manuel Barroso et Vladimir Poutine d’après lesquelles le président russe aurait parlé de la capacité des forces armées de Russie de « prendre Kiev en deux semaines » avaient été retirées du contexte. La portet-parole de la CE Pia Ahrenkilde Hansen l’a déclaré dans un entretien au Wall Street Journal.

Le conseiller du président de Russie Iouri Ouchakov a souligné dans son commentaire de l’information que les paroles de Poutine avaient un tout autre sens et que le fait d’avoir divulgué les détails des conversations téléphoniques par le président de la CE « sortait du cadre de la pratique diplomatique ».

Source: La voix de la Russie 

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http://arretsurinfo.ch/barroso-a-menti-il-a-fait-dire-a-poutine-ce-que-celui-ci-na-pas-dit/

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Mardi 2 septembre 2014 2 02 /09 /Sep /2014 10:56
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Dimanche 31 août 2014 7 31 /08 /Août /2014 21:13

La Slovaquie menace d’imposer un veto sur les sanctions de l’UE contre la Russie

Dossier: Sanctions contre la Russie

Le premier ministre slovaque Robert Fico
11:17 31/08/2014
BRUXELLES, 31 août - La Voix de la Russie/RIA Novosti

Le premier ministre slovaque Robert Fico a qualifié samedi les nouvelles sanctions de l’Union européenne contre la Russie d’« absurdes et contreproductives », menaçant d’imposer un veto sur ces sanctions.

Le Conseil européen a chargé la Commission européenne d’élaborer au cours d’une semaine de nouvelles sanctions à l’encontre de la Russie.
Fico a averti que la Slovaquie se prononcerait contre ces nouvelles sanctions au sommet de l’UE.

Les relations entre la Russie et l'Occident se sont détériorées en raison de la situation en Ukraine. À la fin de juillet, l'UE et les Etats-Unis sont passés des sanctions ciblées visant des personnes concrètes à des sanctions plus larges visant des secteurs entiers de l’économie russe.

La Voix de la Russie

Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
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Dimanche 24 août 2014 7 24 /08 /Août /2014 21:38

« Les dirigeants européens basculent dans le fanatisme anti-russe » [Francis Briquemont]

 

Une opinion de Francis Briquemont, Lieutenant Général et ancien commandant de la Force de protection de l’ONU en ex-Yougoslavie.

OTAN à la manœuvre

Qui est prêt à aller mourir pour l’Ukraine, un pays miné par la corruption ? Personne. Sans stratégie et portés par l’émotion, les dirigeants européens basculent dans le fanatisme antirusse.

La guerre est toujours la conséquence d’un manque de dialogue, de tolérance, d’intelligence et de créativité. » Cette sage réflexion, émise par Elio Di Rupo à l’occasion des commémorations organisées pour le centenaire du début de la guerre 1914-1918, me paraît plus que jamais d’actualité au moment où certains reparlent de guerre froide ou de paix glaciale, en Europe, à propos de la crise ukrainienne. Une crise qui aurait pu être évitée si les principaux responsables politiques européens avaient aussi fait preuve d’un peu de bon sens stratégique.

Le 9 avril dernier, on soulignait ici les erreurs manifestes commises par l’UE dans la gestion de la crise ukrainienne (1). Plutôt que répéter à satiété « c’est la faute à Poutine » comme on a dit jadis « c’est la faute à Voltaire », les dirigeants européens devraient admettre que leurs réactions lors de la révolte de Kiev ont illustré, une fois de plus, l’absence totale d’une stratégie cohérente au sein de l’UE, aggravée encore par l’ignorance des « réalités » et de l’histoire de cette région.

En Ukraine, l’instabilité politique est grande, la situation économique catastrophique, le pays miné par la corruption (un « cancer« , dixit le vice-président américain Joe Biden), et bien plus grave encore, des soldats ukrainiens se battent, sur leur territoire, contre une partie de la population. Conséquence de ces combats, des dizaines de milliers d’Ukrainiens de l’Est se sont réfugiés à l’ouest du pays et, plus nombreux encore, les russophones ont fui en Russie ; des réfugiés dont on parle peu dans les médias d’ailleurs.

Comme personne en Europe ou aux Etats-Unis n’est prêt à aller mourir pour Kiev, même en cas d’agression russe – très peu probable – les Occidentaux, plutôt qu’essayer de trouver une solution acceptable pour tous au problème, se sont évertués à imaginer une panoplie de sanctions plus ou moins crédibles contre la Russie, le nouveau Satan. L’émotion en Occident, suscitée par le tragique accident de l’avion de la Malaysia Airlines a alors provoqué une prise de sanctions plus sévères qui ont entraîné une riposte de Moscou sous forme de « contre-sanctions » dont seuls les Etats de l’UE – signalons-le quand même – subiront les effets. Nous verrons bientôt si l’UE ne s’est pas tiré une balle dans le pied.

On en est là. Nombreux sont ceux qui doutent du bien-fondé et plus encore, de l’efficacité réelle de cette stratégie mais le problème maintenant est de sortir d’une crise qui menace la stabilité sur le continent européen.

Si, début de cette année, les dirigeants européens, avant de réagir en ordre dispersé aux actions des révolutionnaires et de se précipiter inconsidérément dans le chaudron de Kiev, avaient froidement analysé la situation sur le terrain, ils auraient conclu que : 1° si cette révolution était très pro-Europe, elle était antirusse à un point tel que, même si l’éviction du corrompu Ianoukovitch était compréhensible, il était difficile d’imaginer que la Russie regarderait les événements sans réagir et sans donner « son » avis sur la question, car l’Ukraine n’est pas située n’importe où sur l’échiquier européen ; 2° que les révoltés de Kiev se faisaient peut-être beaucoup d’illusions sur la signification réelle d’un pacte d’association avec l’UE.

Les dirigeants européens auraient pu se rappeler aussi que, depuis des siècles, et quel que soit le régime politique des pays concernés, les relations entre la Grande Russie (Moscou), la Petite Russie (Kiev), la Russie Blanche (Minsk) et la très instable Pologne n’ont jamais été « simples ».

Et si, sur base de ces conclusions, le duo politique de l’UE Herman Van Rompuy et Catherine Ashton, dûment mandaté par un sommet européen, avait d’emblée rencontré, d’une part Vladimir Poutine pour analyser la situation et expliquer ce que pouvait être l’appui de l’UE au développement de l’Ukraine, et d’autre part les révolutionnaires de Kiev pour leur rappeler que leur pays était un Etat bicommunautaire et insister sur les conditions d’une bonne coopération avec l’UE, nous aurions peut-être assisté à un autre scénario, plus conforme en tout cas à la vision d’Elio Di Rupo concernant la résolution des tensions internationales.

Au lieu de cela, le fanatisme antirusse des dirigeants de Kiev a offert la Crimée sur un plateau d’argent à Vladimir Poutine et l’attitude des dirigeants occidentaux vis-à-vis de celui-ci – snobé à Sotchi, éjecté du G7/G8, rejeté par l’Otan, sanctionné et accusé des pires intentions vis-à-vis de l’Ukraine et même de l’Otan – a abouti à la situation d’aujourd’hui.

Je ne sais de quoi sera fait demain. L’optimiste pense qu’il serait peut-être plus intelligent d’aller vers une désescalade et de demander à quelques sages « créatifs » de « déminer » le terrain. Le pessimiste se demandera peut-être si certains ne souhaitent pas en revenir au temps de la guerre froide, d’une nouvelle confrontation Est-Ouest, et pourquoi pas, tant qu’on y est, à un nouveau rideau de fer à l’est des pays baltes et de la Pologne. Quand je pense qu’aujourd’hui, la désignation des remplaçants de Herman Van Rompuy ou de Catherine Ashton à la Commission européenne devrait pour certains dépendre de leur « attitude » plus ou moins ferme vis-à-vis de Moscou, c’est inquiétant pour la paix et la stabilité en Europe […].

En fait, plus on s’éloigne de la fin de la Seconde Guerre mondiale, plus les nationalismes ou régionalismes reprennent vigueur (voir crise ukrainienne), alimentés parfois par des idéologies qui rappellent le fascisme voire le nazisme de sinistre mémoire. L’égoïsme sacré des Etats « souverains » et des… individus d’ailleurs, l’emportent de plus en plus sur l’esprit de solidarité. L’UE peut-elle encore à l’avenir être autre chose qu’un rassemblement de petits pays gouvernés par des dirigeants médiocres et peuplés de citoyens repliés sur eux-mêmes ?

J’entends déjà les soi-disant « réalistes » (genre David Cameron et beaucoup d’autres), pour lesquels l’expression « Europe intégrée » est inadéquate si pas « un gros mot », se révolter contre cet européisme utopique et inacceptable. Et pourtant, que ces défenseurs acharnés de la souveraineté nationale se demandent combien d’Etats de l’UE feront encore partie du G7 ou G8 (voire du G20) dans dix ou quinze ans ? La réponse est simple : AUCUN, (sauf peut-être l’Allemagne). Souhaitons quand même que les futurs grands formats politiques européens soient de véritables européistes et que les états d’âme de David Cameron et de quelques autres ne soient un souci pour personne.

Mais, plus sérieusement, les Occidentaux ne devraient-ils pas faire le bilan de leur stratégie depuis le début de ce siècle, jalonné par l’Afghanistan, l’Irak, l’Afrique, la Libye, l’éternel conflit israélo-palestinien et tout cela pour quelques piètres résultats ? Priorité des priorités, ne devraient-ils pas se consacrer à la préparation de la conférence sur l’avenir de la planète qui se déroulera l’an prochain à Paris ? L’enjeu est tel pour l’avenir des Terriens et de « leur » maison que la récupération de la Crimée par la Russie apparaîtra demain comme un épisode anecdotique de la géopolitique mondiale.

Francis Briquemont, 22 août 2014 

(1) « La Libre » du 9 avril, « Crimée : les erreurs de l’UE ».

Source: http://www.lalibre.be/debats/opinions/les-dirigeants-europeens-basculent-dans-le-fanatisme-antirusse-53f7634835708a6d4d508455
http://arretsurinfo.ch/les-dirigeants-europeens-basculent-dans-le-fanatisme-anti-russe-francis-briquemont/

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Samedi 23 août 2014 6 23 /08 /Août /2014 21:29
Europe
 

Les sanctions à l’égard de la Russie accentueront le chômage en Europe

 

L’équipe du site




 Le chômage demeure l’un des principaux problèmes de l’UE. Les politiciens ont été exhortés aux législatives en mai à garantir de nouveaux emplois et la croissance économique. Le chômage a été à l’apogée en hiver dernier. Or, Bruxelles attribue, semble-t-il, plus d’importance à l’agenda politique : les sanctions réciproques de l’UE et de la Russie porteront, entre autre, préjudice au marché européen du travail.

D’après les données fournies en juin par l’Eurostat, plus de 25 millions de personnes dans 28 pays de l’UE restent sans-travail dont 18 millions – dans les pays de l’eurozone. Parmi les chômeurs plus de 5 millions de personnes sont diplômés d’études supérieures de moins de 25 ans. L’Europe commence à se remettre, atteste la croissance économique et c’est dans ce contexte que Bruxelles introduit les sanctions économiques à l’égard de la Russie, l’un de ses principaux partenaires commerciaux. Cela promet en plus du préjudice, la perte d’emplois. La situation dans ce domaine laisse à désirer à Bruxelles également : cela provient de l’afflux de migrants peu qualifiés. Un commentaire d’Yvon Jadoul, Représentant de la Ministre régionale en charge de l’Emploi :

« La situation dans le domaine de l’emploi est défavorable en Belgique. Le taux de chômage dans la capitale est de 20%. Cela est dû essentiellement à un boom démographique. De plus en plus de migrants se rendent tous les ans à Bruxelles. D’où une concurrence sérieuse, il manque de travail pour tous. Beaucoup de prétendants sont insuffisamment qualifiés. Pour trouver un emploi on a, en règle générale, besoin au moins d’un diplôme universitaire. Quelque 65% de cent mille prétendants n’ont même pas terminé l’école. Tel est le décalage entre les emplois accessibles et le niveau de qualification des prétendants. »

L’accroissement du PIB était en baisse au deuxième trimestre 2014 dans tous les pays évolués de l’UE : en Allemagne, en France et en Italie. Cependant, d’après les estimations des économistes de la grande banque néerlandaise ING, l’embargo russe sur l’importation de denrées alimentaires d’Europe reviendra aux fournisseurs européens à 6,7 milliards d’euros. L’Allemagne perdra près de 1,3 milliards d’euros. Les sanctions laisseront sans travail 130 mille Européens. La Pologne assumera le préjudice le plus sérieux. En France, en Espagne et en Italie dix mille personnes en moyenne peuvent rester sans travail. Préoccupée par la situation en Ukraine, l’Europe ne prête pas attention à une vague de protestations ayant déferlé sur elle il n’y a pas longtemps.

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La Voix de la Russie

Source: Agences

23-08-2014 - 11:31 Dernière mise à jour 23-08-2014 - 11:31

 

 

  
 
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Jeudi 21 août 2014 4 21 /08 /Août /2014 14:41

 

Transmis par Marie-Ange Patrizio

 

 

Le vrai désastre des Tornado

 

Manlio Dinucci

 

La collision [mardi matin, 19 août, province d’Ascoli Piceno dans les Marches] entre deux chasseurs Tornado, qui a provoqué la mort des quatre membres d’équipage et aurait pu avoir des conséquences encore plus graves, nous met devant une réalité que la politique officielle se garde bien d’appeler par son vrai nom : guerre. Dans une uniformisation avec cette « règle », l’Aéronautique militaire informe que les Tornado, avions de combat acquis à partir de 1982, se trouvent aujourd’hui utilisés essentiellement pour les « opérations de riposte aux crises avec des objectifs conformes à la vocation pacifique de notre pays ».

Ces chasseurs-bombardiers –rappelle l’Aéronautique- furent utilisés dans le Golfe Persique en 1990/91 (c’est-à-dire dans la première guerre contre l’Irak). Puis à partir de 1993 dans les Balkans, c’est-à-dire dans la série d’opérations Otan qui ont culminé dans la guerre contre la Yougoslavie, dans laquelle les Tornado effectuèrent avec d’autres avions 1440 missions d’attaque. Ils ont ensuite été utilisés en Afghanistan, où à partir de novembre 2009 ils ont relayés par les chasseurs Amx. Enfin, en 2011, ils ont été utilisés dans la guerre contre la Libye, où pendant plus de sept mois les avions de l’Aéronautique militaire ont conduit plus de 1900 missions d’attaque, en lançant des centaines de bombes et missiles. Au cours de ces opérations – nous dit l’Aéronautique- « l’efficacité des Tornado a été accrue par l’acquisition de systèmes d’arme d’avant-garde ». Parmi les plus récents, deux nouveaux armements Usa de précision, l’Advanced Anti Radiation Guided Missile (Aargm) et la Small Diameter Bomb (Sdb), qui permettent aux chasseurs-bombardiers de supprimer les défenses aériennes ennemies et d’atteindre les objectifs terrestres. Ce n’est pas par hasard que les deux Tornado touchés volaient à très basse altitude, technique employée pour ce type d’attaque conduite en profondeur en territoire ennemi.

Les deux chasseurs –engagés dans une mission d’entraînement propédeutique de préparation à une manœuvre Otan programmée pour l’automne prochain- avaient décollé de Ghedi (Brescia), base du 6ème Stormo (Groupe d’aviation). D’après le communiqué de l’Aéronautique. Qui ne dit pas par contre que Ghedi-Torre est, avec Aviano (province de Pordenone), le site où sont déposées 70-90 bombes nucléaires étasuniennes B-61. Ceci ressort du rapport U.S non-strategic nuclear weapons in Europe, présenté à l’Assemblée parlementaire de l’Otan. Les bombes nucléaires sont gardées dans des hangars spéciaux, avec des chasseurs-bombardiers étasuniens F-15 et F-16 et des Tornado italiens, prêts pour l’attaque nucléaire.

Le déploiement des armes nucléaires étasuniennes en Europe est réglementé par des accords secrets, que les gouvernements n’ont jamais soumis à leurs parlements respectifs. L’accord qui réglemente le déploiement des armes nucléaires en Italie établit le principe de la « double clé » : c’est-à-dire qu’il prévoit qu’une partie de ces armes puisse être utilisée par l’Aéronautique italienne sous commandement étasunien. A cette fin –indique le rapport- des pilotes italiens sont entraînés à l’utilisation des bombes nucléaires. Ce qu’on sait officiellement c’est que les B-61 seront transformées de bombes à chute libre en bombes « intelligentes », qui pourront être larguées à grande distance de l’objectif. Les nouvelles bombes nucléaires B61-12 à guidage de précision, qui auront une puissance moyenne de 50 kilotonnes (environ quatre fois la bombe de Hiroshima), « seront intégrées avec le chasseur F-35 Joint Strike Fighter ». Les pilotes italiens –qui sont aujourd’hui entraînés à l’utilisation des B-61 avec les chasseurs Tornado- seront donc sous peu préparés à l’attaque nucléaire avec les F-35 armés de B61-12. Ce faisant l’Italie continuera à violer le Traité de non-prolifération, qui interdit aux Etats en possession d’armes nucléaires de les transférer à d’autres (Art. 1) et aux Etats non-nucléaires de les recevoir de qui que ce soit (Art. 2).

Le désastreux accident des deux Tornado aux environs d’Ascoli Piceno devrait donc tirer la sonnette d’alarme, non seulement en regard de la sécurité des habitants sur la tête desquels les avions s’entraînent à la guerre, mais sur la guerre qui nous menace tous.

 

Edition de jeudi 21 août 2014 de il manifesto

http://ilmanifesto.info/il-vero-disastro-dei-tornado/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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Vendredi 15 août 2014 5 15 /08 /Août /2014 14:58

# LUCMICHEL.NET/ LA SUISSE A REFUSE L’ACCORD D’ASSOCIATION AVEC L’UE MAIS SE PROSTITUE AVEC L’OTAN !

LM.NET - EN BREF prostitution atlantiste suisse (2014 08 13) FR

 

 

Luc MICHEL/ En Bref/

Avec Le Matin – PCN-SPO/ 2014 08 13


La Suisse a annulé la participation de Russkie Vitiazi à Air 14 …


La patrouille acrobatique des forces aériennes de Russie Russkie Vitiazi ne participera pas en Suisse dans le cadre d’Air 14 Payerne, a indiqué le ministère suisse de la Défense.

Un communiqué du département indique que cette décision s’explique par « les politiques passées et actuelles visant à limiter les contacts militaires avec la Russie ».

Le show aérien, consacré au 100e anniversaire des Forces aériennes suisses, se tiendra les 30-31 août et les 6-7 septembre à Payerne.

Il y a quelques mois la Suisse, sous prétexte d’indépendance, refusait par votation populaire un accord d’association avec l’UE.

Mais depuis la présence suisse au Kosovo et en Afghanistan, la Suisse se prostitue avec l’OTAN.

Sans votation …

LM

_________________________

Luc MICHEL /

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