Europe

Dimanche 23 novembre 2014 7 23 /11 /Nov /2014 08:50

230890099_news624.jpgEn Suisse, 'grève à la française' dans les transports qui paralyse la totalité du réseau de bus et de tram de Genève !

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

La Suisse, le pays où quand on fait une grève, tout le monde s'en aperçoit. Ce mercredi une grève a entièrement paralysé le réseau de transport genevois pour protester contre un plan de suppression de postes et la remise en cause du droit de grève.

 

 

« Grève à la française », « syndicalisme à la française ». L'hystérie s'est emparée d'une partie de la presse suisse en cette fin de semaine pour fustiger la grève lancée par le Syndicat du personnel des transports (SEV) des Transports publics genevois (TPG).



Aucun bus, aucun tram sorti des dépôts de Genève



L'arrogance de la direction, les menaces sur le droit de grève derrière l'idée d'un service minimum imposé par tous les moyens – concurrence des sous-traitants, bus sortis des dépôts sans les conditions de sécurité requises, pressions sur les chauffeurs – ont indigné tous les syndicats.



Ainsi, deux syndicats d'abord réfractaires à la grève se sont joints en solidarité, ASIP et Transfair. Bien que le SEV représente à lui seul 700 des 1 900 employés des TPG.



Mercredi matin, aucun tram ni aucun bus des TPG ne circulait dans les rues de Genève. L'assemblée générale a réuni 600 employés, soit un tiers des effectifs de la régie publique municipale.



Sauver une centaine de postes, préserver le droit de grève



La première revendication était le retrait du projet de contrat de prestations des TPG 2015-2018 qui prévoit la suppression d'une centaine de postes de travail. La menace d'un service minimum a fait de la défense du droit de grève une priorité tout aussi vitale.



De fait, pour la municipalité comme pour l’État suisse, l'incapacité à imposer le moindre service minimum a été perçue comme une humiliation. Ce fut, des mots de la secrétaire syndicale du SEV Valérie Solano, une véritable « démonstration de force ».



Si la grève a été reçue diversement parmi les usagers – entre fatalisme, réactions d'énervement, esprit bon enfant et marques de solidarité – cette réussite a suscité des répliques d'une haine terrifiante mêlant piques patronales anti-syndicales et relents de xénophobie francophobe.



Montée de xénophobie anti-française



D'abord, la direction des TPG a parlé de prise en otage non seulement des usagers mais aussi du personnel non-gréviste que les grévistes auraient intimidé pour les empêcher de prendre le volant.



Ensuite, la rumeur a été répandue que cette « grève à la française » n'était pas un hasard car elle aurait été fomentée par les frontaliers, ces chauffeurs français qui instillent cet esprit séditieux dans les paisibles terres suisses.



La présidente du Conseil d'Administration, Anita Frei, terrifiée par les remarques xénophobes sur les réseaux sociaux, a du démentir ces « fantasmes » qui alimentent « la division dans l'entreprise », faisant remarquer que le travail très dur avec des « horaires décalés et des tests exigeants » rebutait les Genevois et nécessitait le recours à des travailleurs français.



En 2013, on comptait 29 % de salariés des TPG qui ne sont pas de nationalité suisse et résidant en France.



L'extrême-droite (UDC) propose d' « interdire la grève » dans le public



Enfin, la droite locale a repris le flambeau de ce discours xénophobe et anti-syndical, combinant les deux dans un cocktail inquiétant.



Le Parti libéral-radical (PLR) a dénoncé une « prise en otage des Genevois », tout comme l'organisation des patrons genevois a qualifié la grève d' « illégale ».



C'est surtout l'UDC (Union démocratique du centre), un parti de droite extrême, connu pour ses positions anti-immigration, qui a mené l'offensive le plus loin qualifiant la grève de « coup de force syndical ».



L'UDC-Genève a ainsi dit étudier « diverses options pour interdire la grève dans les institutions subventionnées par l'Etat ».



Le Conseiller d'Etat Luc Barthassat, chargé des questions de transports, a emboîté le pas et avancé l'idée de sanctions contre les personnes qui ont fait de l'obstruction, empêché les autres de travailler, donc ceux à qui on reproche d'avoir fait grève.



De la Suisse à la Belgique, nos voisins se mobilisent sur le rail comme sur la route pour sauver leurs emplois, leur statut, le service public. Exprimer notre solidarité en France, c'est commencer par la reconstruction des conditions d'un mouvement d'ampleur contre les processus de privatisation des transports, ici et maintenant.

 

 

Dimanche 23 novembre 2014

Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 21 novembre 2014 5 21 /11 /Nov /2014 22:07

Sanctions antirusses: Belgrade refuse de se suicider économiquement

Dossier: Sanctions contre la Russie

Le chef de la diplomatie serbe Ivica Dacic
21:22 21/11/2014
BELGRADE, 21 novembre - RIA Novosti

Le Serbie maintient son refus de décréter des sanctions contre la Russie, le pays ne tenant pas à se suicider économiquement en rompant les liens avec ses partenaires traditionnels, a déclaré vendredi à Belgrade le chef de la diplomatie serbe Ivica Dacic.

"J'espère que la Serbie ne sera pas obligée de choisir entre Bruxelles et Moscou", a dit le ministre.

M.Dacic a toutefois reconnu qu'en tant que candidate à l'adhésion à l'Union européenne, la Serbie avait l'engagement de concerter, d'ici la fin du processus des négociations d'adhésion, sa politique extérieure et de sécurité avec celle de l'UE.

"Quant au niveau de concertation, la seule chose que nous n'acceptons pas, ce sont des sanctions visant la Russie", a-t-il indiqué.

Et de citer l'exemple de la Hongrie voisine qui essuyait des pertes quotidiennes suite à l'embargo de la Russie.

"Nous voulons avoir de bonnes relations avec tout le monde (…). La Serbie ne tient pas du tout à se suicider économiquement. A quoi bon? (…) Notre position reste inchangée tant envers la Russie qu'à l'égard de l'Union européenne", a conclu le ministre.

Selon le commissaire européen à la Politique régionale Johannes Hahn, la Serbie doit se joindre aux sanctions antirusses si elle souhaite adhérer à l'Union européenne.

Les relations entre Moscou et l'Occident se sont dégradées sur fond de crise en Ukraine et d'adhésion de la Crimée à la Russie. Fin juillet, les Etats-Unis et l'UE ont instauré des sanctions contre plusieurs secteurs de l'économie russe. Moscou a riposté en imposant un embargo sur les denrées alimentaires en provenance des pays ayant décrété des sanctions à l'encontre de la Russie.

Le président serbe Tomislav Nikolić a auparavant annoncé que son pays soutenait l'intégrité territoriale de l'Ukraine mais ne participerait pas aux sanctions antirusses.

  http://fr.ria.ru/world/20141121/203046626.html

Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Mardi 18 novembre 2014 2 18 /11 /Nov /2014 09:27

 

686527_Jean-Claude-Juncker1.jpg« La vie des autres au Luxembourg » : quand le leader européen Juncker contribuait au fichage, à l’espionnage de ses compatriotes !

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Dis-moi qui te dirige, je te dirai qui tu es. Le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, traîne de sacrés boulets : non seulement « Luxleaks » et l’évasion fiscale couverte par l’Etat, mais aussi « les écoutes du SREL »

 

 

Le nouveau président de la Commission européenne, intronisé en novembre 2014, est « the right man at the right place », l’image de cette Europe en crise économique, politique, idéologique et morale, lui qui fut Premier ministre du Luxembourg de 1995 à 2013.

 

Il y a bien sûr « Luxleaks », ce scandale financier révélant que le fisc luxembourgeois a favorisé l’exil fiscal d’un millier d’entreprises, essentiellement européennes et américaines. L’évasion fiscale à grande échelle, au cœur de l’Europe.

 

Le plus grand scandale d’espionnage du XX ème siècle ?


C’est au Luxembourg que ça se passe !

 

Mais il y a aussi un des plus grands scandales d’espionnage de la fin du XX ème siècle. Imaginez un pays qui aurait littéralement fiché la quasi-totalité de sa population. Dans l’idéologie de la Guerre Froide, on pense « La vie des autres », STASI ou KGB.

 

Et bien non, il faut penser SREL, le Service de renseignement de l’Etat du Luxembourg.

 

Le scandale est sorti en novembre 2012 dans le journal D’Letzebuerger Land, où il est révélé que l’ex-directeur du SREL se serait entretenu avec le Premier Ministre Juncker en 2007, évoquant l’existence dans les années 1980 et 1990 de 300 000 fiches sur des citoyens luxembourgeois, dans un pays qui comptait alors 400 000 habitants.

 

La Commission d’enquête du Parlement donne un rapport de 144 pages aux conclusions édifiantes.

 

Sous prétexte d’anti-terrorisme, de lutte contre le communisme, le SREL a d’abord fiché la plupart de ses citoyens. Ensuite, les écoutes illégales, les missions hors renseignement se sont multipliées, pour des intérêts politiques et économiques privés, loin de la Raison d’Etat.

 

18 attentats montés par les services secrets pour justifier l’espionnage de masse

 

Concrètement, ce fichage et cet espionnage de masse se serait développé dans les années 1980. 18 attentats touchent le Grand-Duché du Luxembourg entre 1984 et 1986, identifiés alors aux groupes gauchistes, installant un climat de terreur.

 

Le SREL a utilisé ce prétexte pour ficher, espionner les membres et dirigeants du Parti communiste, l’Ambassade soviétique, puis les Verts, enfin les politiciens de tous les partis, ainsi que des citoyens aux implications diverses : du militant associatif à l’homme d’affaires.

 

En février 2013, a été ouvert un procès mettant en accusation deux membres de la « Brigade mobile » de la Gendarmerie, une unité d’élite. Ils sont accusés d’avoir participé voire orchestré les attentats dans une « stratégie de la terreur » commanditée en plus haut lieu.

 

Les avocats des deux gendarmes ont évoqué la thèse politique de la déstabilisation, pointant du doigt l’implication des cellules « stay-behind », ces réseaux clandestins coordonnés par l’OTAN, animés par les services secrets de chaque pays, destinés à empêcher toute prise de pouvoir par les communistes.

 

Potentiellement responsable, au courant, Juncker qui fut au gouvernement de 1982 à 2013, botte en touche, renvoyant la patate chaude à son prédecesseur comme chef du gouvernment de 1984 à 1985, Jacques Santer, qui fut aussi président de la Commission européenne.

 

Mais alors, Juncker peut-il se laver les mains de ce scandale d’ampleur européenne ?

 

Juncker savait « les agissements du SREL, comme police secrète »


Pas du tout. C’est ce que révèle le rapport parlementaire. Le SREL a continué sa sale besogne après la fin de la Guerre froide. Selon le rapport, « les agissements du SREL sont dignes d’une structure de police secrète ».

 

Le dérapage a atteint des proportions colossales dans les années 2000, cette fois dans le type de missions prises en charge par le service, ce que révèle un entretien entre Marco Mille et Jean-Claude Juncker en 2007, enregistré clandestinement par Mille.

 

Si Mille évoque la destruction des 300 000 fiches mentionnées, il serait resté en 2012 13 000 fiches sur des entreprises, personnes, associations, et au minimum 17 000 personnes auraient été victimes d’écoutes illégales. Cela reste 5 % du pays sur écoute, une personne sur 20 !

 

Le SREL serait devenu un Etat dans l’Etat, une vaste entreprise soumise à des intérêts particuliers, quasi-mafieux. Jouissant d’une grande autonomie, ses agissements étaient connus et couverts par le Premier Ministre Juncker.

 

Des services secrets au service … d’oligarques russes, de dictateurs africains et de trafics mafieux luxembourgeois !

 

Le rapport évoque en 2007 une mission contre-terroriste, façade pour une mission de complaisance envers un oligarque russe qui souhaitait régler un différend commercial, en échange d’une commission de 10 % de commission.

 

Juncker arrêtera finalement la mission, sans prendre aucune sanction. Les missions à l’étranger de ce type se seraient multipliées sous la direction de Marco Mille, devenu depuis responsable du pôle de sécurité du groupe privé allemand Siemens.

 

De même, en 2006, est connue l’existence d’un compte secret de 150 millions de $ de l’ex-président congolais Pascal Lissouba, avec la complaisance du SREL.

 

On pourrait citer aussi le business des agents du SREL, habitués à acheter des grosses berlines allemandes à un prix réduit de 30 % avant de les revendre, faisant des profits substantiels.

 

L’espionnage n’a épargné personne, ni même les Grands du Duché. Le SREL a surveillé le Procureur général de l’Etat, que le service essayait de tremper dans des affaires de pédophilie. Mille a aussi révélé à Juncker sa mise sur écoute du chef de l’Etat, le Grand-duc Henri, soupçonné de collusion avec les services d’espionnage britanniques !

 

Selon le rapport parlementaire, le SREL aurait connu des dysfonctionnements graves entre 2004 et 2009, menaçant les fondements de la démocratie luxembourgeoise. Le Premier Ministre Juncker, légalement responsable du contrôle de l’institution, aurait failli à réguler, stopper, sanctionner ces dérives. Il les aurait même couvertes.

 

La complicité de Juncker à cette police secrète anti-démocratique

 

Une partie de la conversation entre Marco Mille et Jean-Claude Juncker, mérite même d’être citée extensivement. Elle date du 31 janvier 2007, les deux échangent sur l’impact que pourraient avoir les rumeurs d’écoutes illégales sur l’opinion publique

 

MILLE : « On est à la merci de ces gens qui disent que les services secrets font ce qui leur plaît, qui sont au-dessus du Premier Ministre, du Grand-duc, et dieu sait qui. Cela compte ».

 

JUNCKER : « L’espionnage politique, on ne fait plus cela de toute façon. Mais cela a été énorme dans le passé… »

 

MILLE : « Oui, avant 1990, pendant la Guerre Froide. Bien, il y avait les services de renseignements, ils surveillaient l’Ambassade soviétique, le Parti communiste, et au début, les Verts »

 

JUNCKER : « Mais il n’y a avait pas de raison, à mon avis, enfin pour les Verts ».

 

MILLE : « Et même dans la façon dont les gens pensaient à l’époque (…) Toute personne qui n’était pas conservatrice était considérée comme une menace pour l’Etat. Nous avons 300 000 fiches dans la base de données ».

 

Juncker n’est pas innocent. Le Procureur d’Etat Robert Biever raconte comment il a appris qu’il était sur écoute – pour allégations de « pédophilie » et « homosexualité » (sic) dans la communauté d’Esch – et il l’a appris par Juncker.

 

Juncker aurait lancé à Biever un jour, sous la forme d’une boutade : « J’ai entendu dire que tu avais ton petit bordel à Esch ». Biever raconte alors qu’il fut incapable de répondre le mot qui lui venait alors en tête : « Crétin ».

 

Comment a-t-on pu soutenir un tel personnage à la tête de l’Europe ?

 

Juncker a été contraint à démissionner en 2013 par l’ampleur d’un scandale d’Etat, sans comparaison en Europe. Il a pu rapidement trouver une voie de sortie honorable : la présidence de la Commission européenne.

 

Juncker a bénéficié – pour un personnage avec un tel parfum de scandale, entre évasion fiscale et espionnage de masse – d’un remarquable consensus de la part des médias, politiciens dominants, comme des milieux d’affaires, ce qui est moins surprenant.

 

Outre Daniel Cohn-Bendit, l’ « opposant officiel de sa Majesté », Alexis Tsipras, a cru bon de se rallier au panache (plus très) blanc de Juncker, en appelant à forger une majorité assurant un consensus européen derrière l’ex-Premier Ministre luxembourgeois.

 

Pour nous, Juncker incarne cette Europe de la finance, du secret, de la combinaison politicienne, intimement liée à l’OTAN, au FMI, aux multi-nationales, forgée dans l’anti-communisme, la guerre contre les peuples, le contournement de la démocratie : rompre avec cette Europe-là, ne donner aucune légitimité à sa tête, c’est indispensable.

 

 

Mardi 18 novembre 2014

Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Lundi 17 novembre 2014 1 17 /11 /Nov /2014 10:27

 

pcp affiche Le Parti communiste portugais propose à l’Assemblée la « sortie de l’Euro et la nationalisation des banques »

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Les communistes portugais ne se posent la question de la sortie de l’euro, mais de comment la préparer. Ils ne se font d’illusions ni sur l’Euro, ni sur le rôle du parlement : y proposer la sortie de l’Euro, c’est une tribune pour les idées communistes, l’occasion de démasquer les faux amis du peuple portugais. A gauche aussi.

 

Critique depuis sa création d’une monnaie unique perçue justement comme outil d’imposition au Portugal de la casse des acquis démocratiques et sociaux, de paupérisation du peuple portugais, le PCP a longtemps été sceptique sur la faisabilité de la sortie de l’euro.

 

 « Sortir de l’Euro » : une position progressivement adoptée par le PCP

 

C’était avant. En décembre 2012, au dernier congrès du PCP, son analyse a été réaffirmée avec force : l’UE n’est pas réformable, comme l’Euro. Depuis, il a organisé plusieurs rencontres avec des économistes du parti ou non pour d’abord poser la question de la sortie de l’euro (mars 2013) puis envisager les conditions de sa sortie (septembre 2014).

 

En septembre 2014, les trois députés européens du PCP ont officiellement manifesté leur position consistant en une préparation du pays à la sortie de l’Euro, au vu de l’incompatibilité entre le maintien dans l’euro et la concrétisation d’une politique alternative et de gauche.

 

Ils se sont engagés à porter cette position à Bruxelles, à Strasbourg, au Parlement européen.

 

Le PCP a franchi une nouvelle étape le mois dernier. Le 15 octobre, le député Paulo Sá a proposé un projet de résolution à l’Assemblée de la République, en trois points : « renégociation de la dette, préparation de la sortie de l’euro et contrôle public des banques ».

 

Renégocier la dette, sortir de l’euro, nationaliser les banques

 

Renégocier la dette ? Oui, dans ses « délais, taux et montants » pour Paulo Sá car la « dette devient impayable » et surtout « plus on paye, et plus on doit ». Les intérêts s’élèvent à 7,7 milliards d’euros en 2014, 60 % de plus qu’en 2011. La dette a augmenté de 54 milliards d’euros en 3 ans !

 

Sortir de l’euro ? Clairement. Il s’agit de « se libérer de la soumission à la monnaie unique, de retrouver sa souveraineté monétaire, que le pays se prépare à cette nouvelle réalité ».

 

Après avoir rappelé les avantages économiques de la sortie, le député rappelle tout ce qu’a signifié l’Euro pour le Portugal : destruction de l’apparel productif, endettement externe, baisse des salaires, privatisation des entreprises.

 

« Il est impératif de libérer le Portugal de la contrainte de l’Euro », bien que le député évoque ensuite plusieurs scénarios – dont celui de la dissolution concertée, ou de la sortie unilatérale subie ou voulue –, le pays doit être prêt.

 

Nationalisation des banques ? Une évidence quand « les banques privées, reconstituées à partir des privatisations du secteur public, ne servent pas les travailleurs, les populations, les entreprises, les producteurs, l’économie nationale et le pays ».

 

Refuser la proposition du PCP, c’est « défendre un secteur bancaire qui continue à engraisser les profits des actionnaires, des spéculateurs, de quelques familles ».

 

Le PCP cite le cas des scandales financiers récents, dont celui de la Banque Espirito Santo, renflouée à coups de milliards par l’Etat portugais !

 

Une bombe dans l’hémicycle rejetée par la droite et le PS

 

 

Ce projet de résolution a été reçu comme une bombe dans l’hémicycle. Il a rencontré l’hostilité de la majorité de l’Assemblée, alors qu’il bénéficie du soutien de la majorité du peuple portugais.

 

Tel est la mission que le PCP confie à ses parlementaires. Point de « crétinisme parlementaire », d’illusion sur le fait de « pouvoir peser à gauche ». Le Parlement est une tribune pour déclarer la guerre au consensus dominant, l’occasion de révéler la contradiction entre les partis défendant le système et la volonté du peuple.

 

Sans surprise, on a retrouvé un vote unanime de la « troika », donc de la droite représentée par le PSD (Parti social-démocrate), le CDS (Centre démocratique et social), de la « gauche » incarnée par le Parti socialiste. Un vote contre les trois propositions, donc pour le maintien dans l’euro et des banques privées.

 

Le Bloc de gauche refuse de voter la sortie de l’Euro !

 

 

Plus éclairant, le vote du Bloc de gauche – soutenu par le PGE (Parti de la gauche européenne) – qui a voté la proposition du PCP sur la renégociation de la dette et sur le retour des banques dans le giron public.

 

Par contre, le Bloc de gauche a refusé de voter le projet de résolution, pourtant prudent, pour « préparer le Portugal à la sortie de l’Euro ». Le Bloc s’est abstenu.

 

La question européenne est une des questions qui fait le clivage entre le Bloc et le PCP : nom d’une hypothétique « Europe sociale » à inventer. le Bloc de gauche a toujours été un parti pro-européen, défendant l’Euro et l’UE

D’autres questions séparent les deux partis : les alliances avec le PS, fréquentes pour le Bloc au niveau local, possibles au niveau national comme aux dernières présidentielles, où il s’est rallié dès le premier tour derrière le candidat PS !

 

Ou encore la question de classe, secondaire pour le Bloc de gauche qui mise plus sur les questions sociétales, tandis que le PCP – avec le syndicat CGTP, dirigé par un responsable communiste – met la priorité sur la lutte de classes, contre la politique anti-sociale du pouvoir.

 

Les communistes à 13 %, le Bloc à 4 % : la clarté paye !

 

Les Portugais ont fait leur choix. Longtemps au coude-à-coude dans les sondages, les urnes, depuis deux ans, c’est la Grande divergence en pleine crise de l’euro et de l’UE : en 2009 le Bloc et le PCP étaient au même niveau aux européennes, avec 11 % des voix.

 

En 2014, le PCP a réalisé son meilleur score depuis 20 ans, avec 13 % des voix. Le Bloc s’est lui écroulé, victime de ses propres contradictions sur l’euro dont il refuse d’envisager la sortie. Avec 4,5 % des voix, c’est son existence même qui est menacée.

 

Voilà de quoi nous inspirer. Combien de temps encore avant de se rallier à cette position de bon sens, correspondant à notre identité de communiste tout comme aux nécessités du moment ? Le PCP l’a compris, sa ligne paye et elle est utile au peuple portugais dans sa lutte quotidienne.

 

Lundi 17 novembre 2014

Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 12 novembre 2014 3 12 /11 /Nov /2014 07:51

 

SPD_Die_Linke.jpgAllemagne - Die Linke à la tête d’une région en collaboration avec le SPD : une analyse critique

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Trois événements concomitants ont marqué ce week-end en Allemagne : la grève des cheminots qui a irrité Merkel prête à liquider le droit de grève, la commémoration de la chute du mur de Berlin et l’accession attendue d’un dirigeant de Die Linke à la tête d’une région (land) allemande. Des événements liés entre eux.

 

Doit-on se réjouir de l’arrivée à la tête d’un « ancien communiste » dans un land d’Allemagne de l’est, Thuringe, 25 ans après la chute du mur de Berlin ?La réponse semble évidente.

 

Le président et la chancelière dénoncent le spectre du communisme

 

Le président Joachim Gauck, et la chancelière Angela Merkel ont beaucoup pesté ce week-end. Ils ont vu leur commémoration de la fin du communisme en Allemagne gâchée par deux événements.

 

Le président Gauck, ancien pasteur dissident en RDA et anti-communiste viscéral, a critiqué le choix démocratique des électeurs comme la combinaison politicienne entre Die Linke, le SPD social-démocrate et les Verts, 25 ans après le 9 novembre 1989 :

 

« Les gens qui ont connu l’Allemagne de l’est, qui ont mon âge, doivent faire de sacrés efforts pour l’accepter ». Pour lui, Die Linke est l’héritier du SED est-allemand, assimilé à des idées répressives « qui font partie de ce parti, d’où mon manque de confiance ».

 

La présidente de Die Linke, Katja Kipping, a justement condamné ces propos « inacceptables pour un président », et a ajouté qu’elle « récusait le moindre doute sur l’adhésion des membres et électeurs de Linke à l’ordre constitutionnel démocratique allemand ».

 

La chancelière Merkel – autrement plus puissante que Gauck –  a concentré son attaque ailleurs. Sur la grève de quatre jours des cheminots. Elle a relancé l’attaque contre le droit de grève, une restriction au nom de la représentativité syndicale (« tariffeinheit »), qui annihilerait de fait le pouvoir des syndicats de base, réduirait drastiquement le droit de grève.

 

Cela ne l’a pas empêché de lancer sa pique contre l’entrée de « Karl Marx au gouvernement régional » (sic). L’anti-communisme est toujours le pilier fondateur de la RFA.

 

Une normalisation : Die Linke ne fait pas peur à l’ordre établi en RFA

 

Revenons sur les faits, mis dans leur contexte.

 

Le 14 septembre dernier, les électeurs du land est-allemand de Thuringe ont donné la victoire à la droite, la CDU (33, + 2 pts), devant Die Linke en stagnation (28 %, + 0,8 pt). La social-démocratie plonge (12 % , - 6 pts), les Verts glissent (5 %, - 0,5 pt). La droite anti-euro (Alliance pour l’Allemagne) fait une percée remarquée : 10,6 %.

 

Deux combinaisons étaient possibles : une « grande coalition » CDU-SPD ou une coalition « rouge-rouge-verte » menée par Die Linke, et son chef régional, Bodo Ramelow.

 

La nouveauté, c’est que les dirigeants comme les militants régionaux du SPD ont accepté la deuxième option, permettant pour la première fois aux ex-communistes d’accéder à la tête d’un Land – une entité qui a sensiblement plus de pouvoirs qu’une région française.

 

On peut se réjouir de cette normalisation. Elle peut nous questionner aussi.

 

Attaqués, les dirigeants de Linke s’empressent d’assurer de leur pleine adhésion à l’ordre constitutionnel d’un régime qui n’est que l’élargissement de la RFA, non la rencontre des deux modèles ouest et est-allemands, deux conceptions de la démocratie différentes.

 

Suspicieux, les dirigeants du SPD – comme l’ensemble de la classe dominante – acceptent un gouvernement mené par Die Linke, inoffensif pour l’ordre établi en Allemagne, en Europe.

 

Die Linke, une caution de gauche à une Allemagne toujours plus à droite

 

Beaucoup d’est-allemands regrettent – malgré ses défauts, ses excès – un régime socialiste qui offrait un mieux-être réel, des relations humaines plus solidaires, la démocratisation de la culture, l’éducation pour tous ou la garantie d’un emploi.

 

Le PDS (Parti du socialisme démocratique) a incarné la continuité avec cet héritage.

 

Il fut liquidé, transformé en « Die Linke » en 2007, qui a maintenu un courant communiste culturel, fait vivre le folklore est-allemand, tout en annihilant la perspective politique de construction d’un socialisme au XXI ème, reprenant le meilleur, de façon critique, de celui du XX ème.

 

« Die Linke » sert aujourd’hui de caution de gauche, est-allemande, à la résurgence d’une Allemagne de plus en plus conservatrice, anti-sociale, militariste et impérialiste.

 

Collaborer avec la social-démocratie … au moment où elle détruit les acquis sociaux, mène les guerres impérialistes ?

 

Habituel dans les Lander d’Allemagne de l’Est où Die Linke a souvent apporté une caution de gauche – comme à Berlin – à un SPD qui a mené sa politique social-libérale à l’échelon national comme régional, cette coalition « rouge-rouge-vert » est inhabituelle uniquement parce que Die Linke la mène.

 

Le hic, c’est que la politique menée par le SPD au niveau régional ne peut être dissociée de celle qui mène au niveau national. Elle est même complémentaire.

 

En novembre 2014, le SPD est le partenaire de la « grande coalition » CDU-SPD menée par Merkel. Cette coalition mène une série de gravissimes attaques, où le SPD joue un rôle de premier plan, dont deux en particulier

 

-          La remise en cause du droit de grève. Le projet de loi proposé au Bundestag privant les syndicats de base de toute représentativité, de tout droit à la grève, est portée par la Ministre du Travail, la social-démocrate (SPD) Andrea Nahles.

 

 

-          Le soutien aux guerres impérialistes. L’Allemagne est sur le terrain au Mali, en Centrafrique. Elle est en première ligne en Ukraine, en Irak. Le fer de lance de cette politique est le Ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, un social-démocrate (SPD) ;

 

 

 

On pourrait ajouter l’ensemble des lois votées sous l’ère Schroder (1998-2005), dont les cadeaux fiscaux aux entreprises, la génération « Hartz IV » des chômeurs déguisés rémunérés 400 € par mois, la casse des monopoles publics. Aucune de ces mesures, parmi tant d’autres, n’ont été remises en cause depuis par le SPD.

 

C’est dans ces conditions que la classe dirigeante allemande a pu laisser des « ex-communistes », qui ne croient plus au communisme en 2007, peut-être déjà en 1989, accéder à un poste aussi important que celui de président de Land.

 

Il s’agit, de façon plus subtile, à la RFA de montrer sa capacité de rassemblement, d’intégration – non sans contradiction – des anciens communistes, héritiers de la RDA. Une réunification, mais uniquement au prix du reniement du passé est-allemand, communiste.

 

Communistes français, poursuivons cette analyse critique. Ne nous réjouissons pas de ce qui légitime un régime menant le combat en Allemagne contre les travailleurs, le droit à la grève, en Europe, dans le monde, contre l’indépendance des peuples.

 

Mercredi 12 novembre 2014

Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 10 novembre 2014 1 10 /11 /Nov /2014 09:03

irishwater.jpgFin de la gratuité de l'eau en Irlande : 200 000 Irlandais dans la rue, une vague de résistance à payer les charges scélérates

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Si même les Irlandais descendent dans la rue. Dans un pays où tous les travailleurs sont incités à faire des sacrifices permanents pour une poignée de super-riches, la « taxe sur l'eau » a été la goutte qui a fait déborder le vase.

 

Ils étaient 100 000 dans les rues de Dublin le 11 octobre dernier. Cette fois, le 1er novembre, ce sont plus de 200 000 Irlandais qui se sont mobilisés localement pour exprimer leur opposition aux plans iniques du gouvernement de marchandisation de l'eau.

 

Faire payer les Irlandais, privatiser l'eau … au nom de l'écologie !

 

Le projet du gouvernement est à triple détente. D'abord, faire payer les Irlandais encore plus, une charge forfaitaire sur l'eau qu'il consomme : 176 € par an pour un adulte, et 102 € par adulte supplémentaire. Cela fait déjà 278 € pour un couple, soit 25 € de plus par mois.

 

Cette charge serait payée non pas à l'Etat mais à une entreprise publique, Irish Water, qui fournit l'eau aux Irlandais. Jusque-là, au vu de l'abondance des ressources en eau, ce service était gratuit depuis 1997.

 

Ensuite, utiliser comme prétexte l'argument écologique : celui de la préservation de la ressource. On voit mal comment une taxe forfataire atteindrait cet objectif, et on voit trop bien l'hypocrisie des dites « taxes carbone », qui touchent proportionnellement plus les pauvres.

 

Enfin, préparer le champ à la privatisation d'Irish Water. Un marché captif, des ressources abondantes et peu chères. Le seul hic, c'était la marchandisation de l'eau, l'installation également de compteurs pouvant mesurer la consommation. C'est fait avec cette loi.

 

Même : baisse de 10 % du salaire minimum, de 20 % du salaire des fonctionnaires, hauss si le gouvernement s'en défend, les Verts, les communistes y voient le véritable objectif derrière les manœuvres de « taxe sur l'eau ».

 

Après le hold-up des banques, les baisses de salaires, la coupe est pleine

 

Le gouvernement misait sur la passivité des Irlandais accablés par le hold-up des banques, des multi-nationales. Les banques ont récupéré 64 milliards d'€ d'aides publiques en 2008 (30 % du PIB, 15 000 € par Irlandais!), de quoi faire bondir la dette de 25 à 125 % du PIB !

 

Ce renflouement scandaleux a justifié les pires mesures d'austéritée de la TVA et des taxes indirectes (alcool, tabac, eau, électricité), coupes de 25 % des budgets des services publics, hausse du temps de travail de 35 à 37,5 heures dans le public.

 

Une seule donnée n'a pas été touchée, sanctuarisée : l'impôt sur les sociétés reste toujours un des plus bas d'Europe, à 12,5 %.

 

Mais cette fois, pour les Irlandais, la coupe est pleine. Les Irlandais sont à genoux. Ils ne veulent plus payer, ils ne peuvent plus payer. La résistance passive, la désobéissance civile deviennent une nécessité.

 

Désobéissance civile et manifestations monstres : la résistance s'organise

 

La campagne « Right 2 water » (Droit à l'eau) – soutenue par les syndicats comme Unite, le syndicat des communications, celui des services publics, ainsi que des partis comme le Sinn Fein, l'Alliance anti-austérité et le Parti communiste – rencontre un vaste écho dans la population.

 

Cette campagne appelle à l'abrogation des charges sur l'eau, au refus de sa marchandisation et à la défense d'un service public de l'eau.

 

Ils appellent également à refuser de s'inscrire auprès d'Irish Water. La campagne a pris. Alors que l'enregistrement devait être achevé au 30 octobre, il a été repoussé au 30 novembre. En effet, seuls 500 000 ménages (sur 2 millions) s'étaient signalés, et avaient installé des compteurs d'eau.

 

Ce 1er novembre, 200 000 Irlandais sont descendus protester dans 80 localtés pour exprimer leur opposition au projet. Du jamais vu depuis des années en terre irlandaise.

 

76 % des Irlandais opposés au projet

 

Un sondage de Sunday Independent en octobre indiquait que 76 % des Irlandais étaient opposés à ces charges sur l'eau. 54 %, selon un autre sondage de The Journal, étaient prêts à ne pas payer cette taxe, donc à rentrer en résistance.

 

La pilule est très amère pour le peuple irlandais. Conscient, lucide, il avait voté « Non » à la Constitution européenne en 2008 à 53 %. Le pistolet sur la tempe, soumis au chantage européen, et à la capitulation de leurs dirigeants, les Irlandais ont été obligés de voter Oui à 67% en 2009.

 

Les dirigeants européens avaient dit aux Irlandais qu'il devait Oui sous peine de connaître la récession, la misère, les impôts. Entre le « déshonneur et la guerre », on leur a fait choisi le déshonneur, le désaveu. Et ils ont eu la guerre du capital européen contre eux !

 

Les dirigeants irlandais ont très peur de la mobilisation qui monte, qui politise au quotidien des centaines de milliers d'Irlandais qui refusent de payer leurs factures, de payer pour les riches, de baisser la tête encore. Leur campagne est source d'inspiration pour tous ceux qui luttent contre la privatisation de l'eau.

 

 

Lundi 10novembre 2014

Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 8 novembre 2014 6 08 /11 /Nov /2014 22:42

Italie: des fonctionnaires descendent dans la rue

Italie: des fonctionnaires descendent dans la rue
20:06 08/11/2014
ROME, 8 novembre - RIA Novosti

Une manifestation a rassemblé samedi à Rome des milliers d'agents de l'Etat mécontents de la politique économique du gouvernement italien.

Les manifestants menacent d'organiser en décembre une grève générale de fonctionnaires si les autorités refusent de satisfaire leurs revendications.

"Si nous ne recevons pas de réponses à nos revendications, nous poursuivrons notre lutte en lançant une grève générale", a déclaré Susanna Camusso, secrétaire générale de la Confédération générale italienne du travail (CGIL).

La manifestation de Rome s'est déroulée à l'initiative de syndicats sectoriels de fonctionnaires chargés d'assurer la plupart des droits sociaux en Italie, y compris en matière de santé public, d'éducation et de sécurité sociale.

"Il est très important que nous sommes tous descendus aujourd'hui dans les rues pour soutenir cette catégorie d'employés dont le contrat de travail n'est pas révisé depuis sept ans", a affirmé Mme Camusso.

Outre des banderoles et des drapeaux syndicaux, les manifestants tenaient des milliers de ballons représentant le premier ministre italien Matteo Renzi sous les traits du menteur Pinocchio.

 

Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 30 octobre 2014 4 30 /10 /Oct /2014 20:27

Norman Finkelstein : «L’Europe en a marre de payer les factures des destructions israéliennes à Gaza»

Article | 30. octobre 2014 - 17:35
Norman Finkelstein. D. R.
Norman Finkelstein. D. R.
La Suède vient de franchir le pas, en reconnaissant aujourd’hui officiellement l'Etat de Palestine. «C'est un pas important qui confirme le droit des Palestiniens à l'autodétermination», assure la ministre des Affaires étrangères, Margot Wallström. Le politologue américain et spécialiste du Moyen-Orient, Norman Finkelstein, explique les raisons de cette reconnaissance qui a surpris plus d’un. Dans une intervention diffusée sur la chaîne russe Russia Today, face au journaliste israélien Amir Oren, il pense qu’il y a deux raisons principales à cela. La première est le dernier massacre perpétré par Israël à Gaza. «Les Européens en particulier, affirme-t-il, sont maintenant las de ces massacres qui se produisent régulièrement : l’un en 2008-2009, l’opération «Plomb durci», l’autre en 2012, l’opération «Pilier de défense», et maintenant cette dernière explosion de furie israélienne, l’opération «Bordure protectrice». Ils en ont également assez, car tandis qu’Israël détruit, ravage et saccage, c’est l’Europe qui est censée prendre en charge les factures et payer la note régulièrement», explique-t-il. Et d’enchaîner : «Israël a cette étrange conception selon laquelle les seules personnes au monde qui méritent des réparations pour les crimes qu’ils ont subis sont les Israéliens ou les juifs, alors que pour les crimes qu’ils infligent régulièrement aux Palestiniens, ceux de Gaza en particulier, les factures doivent être payées par d’autres pays, notamment européens». La seconde raison est, selon Finkelstein, l’effondrement de l’initiative de paix de John Kerry. Sur ce point, il dira : «Bien que Kerry ait offert à Israël tout ce qu’il souhaitait officiellement, à savoir l’annexion des principaux blocs de colonies et la liquidation de la question des réfugiés palestiniens, Israël refusa l’offre dont les termes lui étaient si favorables.» Répondant aux doutes émis par son interlocuteur, Amir Oren, sur la capacité des Palestiniens à ériger un Etat fort et à garantir la sécurité d’Israël, le politologue américain estime que «les termes qui doivent résoudre le conflit ne sont pas ce que les Israéliens veulent, pas plus d’ailleurs que ce que les Palestiniens veulent, mais bien ce que dit le droit international». «Israël, explique-t-il, n’a droit qu’à ses frontières basées sur celles d’avant la guerre de juin 1967. Les colonies qu’Israël a implantées dans les territoires occupés, y compris les principaux blocs de colonies, sont illégales d’après le droit international. Plus encore, d’après le Statut de Rome, elles constituent un crime de guerre», assène-t-il. Sur la récente prise de conscience de la communauté internationale sur la question du Proche-Orient, Finkelstein s’en réfère aux débats de la Chambre des communes britannique, où tous les députés parlent des colonies israéliennes que Tel-Aviv persiste à étendre. «Les actions montrent que jour après jour, Israël persiste à étendre les colonies et à commettre, d’après les termes du droit international, des crimes de guerre», insiste-t-il encore une fois. Il rappelle qu’Israël «n’a jamais accepté un Etat Palestinien dans toute la Cisjordanie incluant Jérusalem-Est et Gaza, ce que le droit international détermine comme le territoire réservé à l’autodétermination des Palestiniens». Remettant en cause l’idée reçue selon laquelle Israël se serait retiré de Gaza, Norman Finkelstein juge que si tel était le cas, il n’y aurait pas eu de blocus sur la bande. C’est pour toutes ces raisons que les Suédois, les Français, la Chambre des communes britannique «agissent de cette manière». «Il est absolument évident, dira-t-il, que cet Etat n’a pas la moindre intention, alors que nous approchons de la date anniversaire d’un demi-siècle, d’accorder aux Palestiniens leur droit à l’autodétermination». Il accuse l’actuel gouvernement israélien d’avoir déclenché les hostilités en mai dernier, rien que pour saborder l’accord de réconciliation entre le Hamas et l’Autorité palestinienne à Ramallah ; la même tactique utilisée contre le Fatah dans le passé. «Ce sont les offensives de paix palestiniennes, et non l’extrémisme, qu’Israël exècre le plus», résume-t-il. Finkelstein conclut son intervention en appelant à déclarer l’occupation des territoires palestiniens «illégale selon le droit international» et à mettre en demeure Israël «du fait que s’il continue à violer le droit international, des sanctions vont être imposées».
R. Mahmoudi

Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 28 octobre 2014 2 28 /10 /Oct /2014 09:33

 

Transmis par Marie-Ange Patrizio

 

 

 

L’art de la guerre

 

La puissance de Rome sur les mers

 

Manlio Dinucci

 

Le porte-avion Garibaldi, remis à neuf dans l’Arsenal de Tarente, restera en service pendant au moins 7/8 autres années. Les travaux de modernisation, qui ont concerné la quasi totalité des postes et des structures du navire, ont coûté plus de 10 millions d’euros. Il semble donc que soit renvoyée la vente du navire à l’Angola, dont le gouvernement, dans un pays où environ la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, aspire à devenir le premier en Afrique à posséder un porte-avions. Le vrai business, dans la vente du Garibaldi, consisterait dans les contrats que l’acquéreur stipulerait avec des entreprises italiennes pour gérer ses systèmes sophistiqués.

Le Garibaldi, long de 180 mètres et avec un équipage de 600 militaires, réalisé dans les années 1980 comme porte-hélicoptères, est devenu porte-avions dix ans après avec l’embarquement de chasseurs Harrier, destinés à être remplacés par les futurs F-35B du nouveau porte-avions Cavour. Le Garibaldi -indique la Marine militaire- a joué un rôle fondamental, comme navire amiral de la flotte, dans toutes les principales « missions internationales », de la Somalie à la Yougoslavie, de l’Afghanistan au Liban, jusqu’à l’ « Opération Unified Protector » en Libye en 2011. Il a ainsi contribué à « élever l’Italie à un rang et à un prestige international qui auparavant avaient été l’apanage exclusif de quelques rares autres pays ».

Le Garibaldi, aujourd’hui modernisé, continue à être « un précieux instrument stratégique de capacités opérationnelles élevées, en mesure de se mobiliser avec un préavis minimal ». Pour certaines opérations il est préférable au Cavour, le nouveau porte-avions avec un pont d’envol de 220x34mètres et un grand hangar pour accueillir aussi bien des bombardiers que des véhicules d’assaut terrestres.

Le Cavour, dont le coût (futurs F-35 compris) se monte à 3,5 milliards d’euros, coûte 200mille euros par jour en navigation et 100mille quand il est à quai. C’est pour cela aussi que pour les bombardements en Libye, en 2011, fut utilisé le Garibaldi dont le coût journalier en navigation est de 130mille euros, à quoi s’ajoute celui des chasseurs embarqués qui coûtent environ 10mille euros par heure de vol. A la guerre contre la Libye participèrent aussi le lance-torpilles Andrea Doria, le navire ravitailleur Etna, les navires amphibies San Giusto, San Giorgio et San Marco ; plus 2 submersibles, 3 frégates, 5 corvettes et 7 patrouilleurs. Certaines de ces unités ont été ensuite utilisées dans l’opération Mare Nostrum, que l’amiral De Giorgi, s’adressant aux équipages, a défini comme « une guerre que nous sommes en train de mener contre la mort en mer, contre les malheurs qui se sont abattus sur les peuples et les gens que vous sauvez ». Malheurs qu’on aurait en grande partie évités si l’Italie n’avait pas participé à la démolition de l’Etat libyen par la guerre.

Pour d’autres guerres on est en train d’outiller la Marine militaire, qui « contribue à la défense des intérêts vitaux du pays » dans la « Méditerranée élargie » qui, dans le cadre de la stratégie USA/Otan s’étend de l’Atlantique à la Mer Noire et, au sud, jusqu’au Golfe persique et à l’Océan Indien. La nouvelle flotte, qu’on est en train de planifier grâce aux 6 milliards d’euros garantis par la Loi de stabilité et à d’autres financements, aura comme structure portante le porte-avions Cavour, ainsi qu’un nouveau grand navire d’assaut amphibie porte-hélicoptères qui remplacera le Garibaldi, 10 frégates lance-missiles Fremm réalisées avec les fonds du Ministère du développement économique (8 déjà financées), plus une vingtaine de nouvelles unités réalisées avec des financements ad hoc.

Même si pour les travailleurs « le poste fixe n’existe plus », comme l’a annoncé Renzi, les préposés à la machine de guerre peuvent être tranquilles. Leur avenir est garanti par d’autres guerres.

 

Edition de mardi 28 octobre 2014 de il manifesto

http://ilmanifesto.info/la-potenza-di-roma-sui-mari/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 25 octobre 2014 6 25 /10 /Oct /2014 22:51

Samedi 25 octobre 2014     

Europe et lobbiesRenato Soru a fondé Tiscali, le fournisseur d’accès à Internet basé en Sardaigne, région qu’il a présidée de 2004 à 2009. L’homme d’affaires italien est depuis mai 2014 eurodéputé et perçoit à ce titre les émoluments que prévoit une telle fonction : une rémunération mensuelle (avant imposition) de 8.020,53 euros qui, après déduction de l’impôt européen et de la cotisation d’assurance accidents, s’établit à 6.250,37 euros. À l’instar de nos députés nationaux, les députés européens perçoivent différentes indemnités. Ces dernières visent à couvrir les frais qu’ils encourent dans l’exercice de leurs fonctions parlementaires. Ils touchent ainsi une indemnité de frais généraux de 4.299 euros par mois ; cette indemnité vise à couvrir les frais encourus dans l’État membre électeur (comme les frais de gestion du bureau de député, les frais de téléphone et postaux ainsi que l’achat, l’utilisation et la maintenance d’équipements informatiques et télématiques).

Ce n’est pas tout. Les députés doivent souvent voyager à l’extérieur ou à l’intérieur de leur État membre d’élection dans l’exercice de leurs fonctions, mais à d’autres fins que des réunions officielles (par exemple, pour assister à une conférence ou à une visite de travail). À cet effet, pour les activités en dehors de leur État membre d’élection, les députés peuvent bénéficier du remboursement des frais de voyage, de leur hébergement et des dépenses jusqu’à un maximum annuel de 4.243 euros.

Enfin, le Parlement verse une indemnité forfaitaire de 304 euros par jour pour couvrir l’ensemble des autres frais auxquels font face les députés lors des périodes d’activités parlementaires… à la seule condition qu’ils attestent de leur présence en signant un des registres officiels ouverts à cet effet.

Renato Soru est d’autant plus un eurodéputé comblé qu’il rentre en 2000 dans le classement des milliardaires établi chaque année par le magazine Forbes grâce au boom que connaît Internet. Ses indemnités parlementaires font figure d’argent de poche à côté des bénéfices engendrés par Tiscali. Il n’est pourtant pas le seul dans ce cas-là. Et comme lui, près de la moitié des eurodéputés ont en dehors de leurs activités parlementaires des activités qui pourraient influer sur le cours de leur mandat ce qui, bien que n’étant pas illégal, soulèvent des questions sur d’éventuels conflits d’intérêt. C’est d’ailleurs ce qu’a révélé le 13 octobre Transparency International, une organisation qui se consacre à la transparence et à l’intégrité de la vie publique et économique. Pour l’occasion, l’ONG s’est appuyé sur les déclarations d’intérêts financiers que tout eurodéputé doit déposer.

Les nouvelles règles d’éthique imposent ainsi de déclarer leurs activités professionnelles
durant les trois années ayant précédé leur entrée en fonction au Parlement, ainsi que leur participation pendant cette même période aux comités ou conseils d’administration d’entreprises, d’organisations non gouvernementales, d’associations ou de tout autre organisme ayant une existence juridique.

Les cas comme celui de Renato Soru ne manquent pas. Le député européen Guy Verhofstadt est simultanément administrateur indépendant du holding Sofina, administrateur du fonds de pension néerlandais APG et administrateur de l’armateur APX. Ces trois mandats lui ont rapporté en 2013 des revenus bruts respectifs de 130.000, 42.840 et 60.000 euros. Saluons la situation particulière de Nathalie Griesbeck qui gagnerait quelque 33.000 euros par mois dans le cadre des soixante-huit mandats qu’elle exerce. Son assistante parlementaire a rapidement déclaré que Mme Griesbeck avait été désignée par le conseil général de Moselle dans cinquante-cinq organismes en tant que titulaire pour le remplacer, et dans treize organismes en tant que suppléante. « Toutes ces activités sont en outre strictement non rémunérées et exercées au titre du conseil général de Moselle », a souligné l’assistante parlementaire de l’eurodéputée. On est rassurés.

Sur les 751 membres du Parlement européen, 398 (53 %) disposent de revenus en plus de leur traitement de député. Ils gonflent leur salaire annuel d’un montant qui varie entre 5,8 et 18,3 millions d’euros. Transparency International a également constaté des violations au code de conduite des députés en matière d’intérêts financiers et de conflits d’intérêts
 : sept déclarations sont restées entièrement vierges, un eurodéputé a fourni sa déclaration trois mois après l’échéance et quarante-six déclarations indiquent un revenu durant les trois dernières années inférieur à 1.000 euros par mois.

Cet été, la Britannique Sharon Bowles était embauchée par le London Stock Exchange quelques jours à peine après avoir quitté la présidence de la commission parlementaire des affaires économiques et financières. « Elle avait su tisser pendant ses cinq dernières années un réseau impressionnant parmi les dirigeants des grandes institutions financières, et elle ne cachait pas vouloir le faire fructifier par la suite », persifle un ancien collègue de Parlement.

Depuis le début de la crise, les citoyens sont toujours plus attentifs aux scandales liés à la corruption et aux relations entre politiciens et entreprises privées, dans lesquelles ceux-ci occupent souvent des postes importants. On nous assure que la recommandation d’interdire pendant trois ans toute reconversion d’anciens commissaires dans le lobbying figurait dans une étude diligentée par le Parlement européen en 2008. C’était d’ailleurs l’un des engagements de José Manuel Barroso au début de son second mandat.  « Le Président et l’ensemble de la Commission sont parfaitement conscients de leurs responsabilités et promeuvent l’intérêt général au sein de l’Union européenne sans n’autoriser aucune pression extérieure ou intérêt personnel afin d’exercer une influence indue sur le principe de décision », assurait la Commission en février 2010. Force est de constater que ces déclarations n’ont pas beaucoup fait bouger les lignes. Honnêtement, l’Europe sociale, vous y croyez toujours ?

Capitaine Martin

 

 

Par Tourtaux - Publié dans : Europe - Communauté : Syndicalisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Novembre 2014
L M M J V S D
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
             
<< < > >>

Liens

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés